Comment aller de victoire en victoire au travail?

Publié le 10/11/2016 à 06:06, mis à jour le 10/11/2016 à 06:20

Comment aller de victoire en victoire au travail?

Publié le 10/11/2016 à 06:06, mis à jour le 10/11/2016 à 06:20

Le samouraï d'aujourd'hui sait manier l'art du développement personnel... Photo: DR

Comment réussir dans le monde du travail d'aujourd'hui? C'est en voulant répondre à cette interrogation que Joris Merks, directeur, transformation numérique, de Google Europe du Nord, en est venu à se dire que le mieux était peut-être de s'inspirer de son savoir en matière... d'arts martiaux!

Résultat? Un livre exceptionnel – je le souligne – qui vient de sortir en français intitulé Le Code du samouraï appliqué au monde du travail – La Voie du guerrier dans le monde numérique de l'entreprise du XXIe siècle (Éditions Contre-Dires, 2016). Y sont présentées les vertus du samouraï – exigence, stratégie, persévérance, force et humilité –, celles qui permettent d'aller de victoire en victoire, tant hier qu'aujourd'hui. Et surtout, la meilleure manière de les cultiver dans notre quotidien au travail, l'idée étant de nous en servir le plus souvent possible à notre profit comme à celui de nos proches.

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En s'inspirant de ces vertus-là, on se lance dès lors dans une fantastique quête intérieure, et non pas dans une série de combats mortels. Car celles-ci visent avant tout à permettre à chacun de centrer son attention sur son épanouissement personnel au bénéfice de son environnement immédiat, tout en étant récompensé pour ses efforts. C'est que l'intégrité n'a rien à voir avec la naïveté, ni l'amabilité avec la faiblesse, par exemple.

Bref, cet ouvrage peut permettre à chacun de nous de réveiller le samouraï qui sommeille en lui. Et ce, en faisant notamment siennes les 5 règles du développement personnel concoctées par Joris Merks :

1ère règle : soyez responsable

«Quand on perd en compétition ou à l'entraînement, on a parfois tendance à dire que c'était «la faute de l'arbitre», que l'adversaire était «trop fort» ou ne jouait pas «fair-play». Il est possible que l'une ou l'autre de ces remarques soit vraie, mais ce faisant, le pratiquant impute le poids de la défaite sur quelqu'un ou quelque chose qui se situe à l'extérieur de lui-même. Or, il est plus difficile d'avoir une influence sur une cause externe.

«Quel que soit le secteur d'activités où vous évoluez, vous devez vous rendre compte que celui qui crée les opportunités, les bonnes et les moins bonnes, c'est toujours vous. Au lieu de blâmer quelqu'un ou quelque chose d'autre, il est préférable d'envisager ce que vous pouvez faire pour modifier vos façons de faire ou vos stratégies, de telle sorte que vous puissiez mieux gérer les problèmes à l'avenir.

«Certes, tout le monde n'a pas le talent qu'il faut pour devenir champion du monde ou PDG, et toutes les entreprises ne sont pas vouées à devenir des multinationales, mais il ne s'agit pas ici de remporter le titre suprême. Il est plutôt question de développer ses capacités aux mieux de son potentiel, et ce faisant, de remporter la victoire sur soi-même. Nous possédons tous des talents singuliers et vous ne découvrirez votre potentiel que si vous avez constamment la volonté de réfléchir à ce que vous pouvez améliorer la prochaine fois.»

2e règle : soyez proactif

«Quand vous menez votre vie en accord avec le concept de responsabilité, vous cherchez toujours à ce que vous pouvez faire pour améliorer les choses lorsque celles-ci vont mal. Être proactif, c'est le faire même lorsque tout va bien.

«Même si vous gagnez un match ou si vous venez d'obtenir une promotion, vous devriez toujours analyser votre performance avec un oeil critique et chercher les points que vous pourriez améliorer. N'attendez pas de vous trouver face à un adversaire ou à un concurrent qui mette le doigt sr l'une de vos failles, débusquez-les vous-même. Efforcez-vous de trouver le moyen de vous améliorer sans cesse, peu importe que vous soyez en train de gagner ou de perdre. (...)

«Si vous voulez travailler sur certains types de projets ou acquérir des compétences spécifiques, n'attendez pas que l'on vienne à vous pour vous aider. Cherchez par vous-même. Trouvez l'expert qui convient sur un sujet donné et observez son travail. Voyez si vous pouvez vous impliquer d'une manière ou d'une autre dans ce qu'il fait. Nombreuses sont les entreprises où vous n'obtiendrez une promotion que si vous êtes déjà opérationnel à un échelon supérieur au vôtre. De même, les projets intéressants sont souvent confiés à ceux qui y participent déjà au moins partiellement, avant même d'avoir été officiellement désignés pour ce faire. Il est même parfois possible de créer sa propre fiche de poste, en initiant des projets qui ne sont pas encore à l'ordre du jour ou simplement parce que vous avez trouvé le moyen de mieux faire les choses.

«Bien entendu, cela ne fonctionne que si vous avancez les bons arguments en faveur de l'entreprise. La proactivité vous aidera à créer des opportunités qui ne se seraient pas produites autrement. C'est une qualité qui permet de manoeuvrer les choses en douceur, quand, avec un autre état d'esprit, vous vous seriez probablement heurté à quantité de problèmes inextricables.»

3e règle : réfléchissez et ne portez pas de jugement

«Vouloir toujours s'améliorer implique que vous soyez conscient de toutes vos actions, du comment vous les mettez en oeuvre et du pourquoi vous les posez de telle ou telle façon. Vous devez également prendre conscience de vos émotions, car sinon elles auront un impact négatif sur vos actions.

«Par exemple, si vous n'arrêtez pas de critiquer tout ce que vous faites, vous risquez d'être en colère contre vous-même, ce qui va nuire à votre performance puisque vous allez perdre en en temps et en énergie. Tâchez plutôt de comprendre pourquoi vous êtes en colère contre vous-même. Apprenez à repérer les points que vous pouvez améliorer, sans porter de jugement sur vos imperfections. (...)

«Au judo, l'apprentissage consiste principalement à savoir tomber et se relever de nombreuses fois de suite; c'est la même chose au travail. Plus vous êtes dur avec vous-même lorsque vous tombez, plus il vous faudra de temps pour comprendre ce qui s'est produit et plus vous aurez de difficultés à réagir adéquatement. (...)

«Nous avons tous une charge de travail qui fluctue dans le temps, et chacun de nous a une capacité de travail limitée. Parfois, les choses tournent mal et il n'est rien que nous puissions faire pour y changer quoi que ce soit. Quand cela vous arrive, veillez à signaler les problèmes le plus tôt possible et assurez-vous que ce qui est en train d'arriver est porté à la connaissance des bonnes personnes, celles qui savent bien que toutes les entreprises ont à faire face à des déconvenues ponctuelles. Veillez à ne pas porter le chapeau pour le préjudice causé, et surtout, efforcez-vous de tirer les leçons de ce qui s'est passé.»

4e règle : exprimez vos objectifs à long terme de manière explicite

«Être conscient, c'est aussi savoir ce que vous voulez accomplir au travers de votre activité professionnelle, de votre carrière et de votre vie. Beaucoup de gens nourrissent en secret le désir de devenir champion dans tel ou tel domaine, ou ont simplement envie d'apporter leur pierre à l'édifice. Si tel est votre cas, exprimez-le de manière explicite.

«Ce n'est qu'en exprimant vos buts de cette façon que vous trouverez le meilleur moyen de les réaliser. Dans les arts martiaux, le fait de s'entraîner pour devenir un champion n'a rien à voir avec une pratique destinée à rester en forme. Si vous aspirez à oeuvrer un jour dans l'équipe de direction. vous aurez à envisager, par exemple, de partir à l'étranger pour multiplier vos chances de réussite. Réfléchissez bien à l'investissement que cela vous demandera. Peut-être vous rendrez-vous compte que vous n'êtes pas prêt à faire certains sacrifices...»

5e règle : établissez la liste de vos priorités en fonction de vos objectifs à long terme

«Il vous sera d'autant plus facile d'opérer des choix au quotidien si vos objectifs à long terme ont été exprimés de manière explicite. Si vous voulez, par exemple, poursuivre des études en parallèle à votre travail, vous devez vous attendre à passer un bon nombre de vos soirées et de vos week-ends à l'extérieur de chez vous, et cela pendant un laps de temps assez long. Et si l'un de vos partenaires d'affaires vous invite à dîner, ce sera une soirée de plus passée dehors; ce qui pourrait finir par faire déborder la coupe, vaciller le fragile équilibre entre vos vies professionnelle et personnelle. (...)

«Le samouraï Musashi a écrit la chose suivante : «Ne faites rien qui ne vaille la peine d'être fait». Or, il est plus facile d'évaluer l'utilité de quelque chose lorsqu'on réfléchit à la lumière d'objectifs à long terme. Et n'oubliez pas : la plaisir, l'inspiration et le relâchement restent des priorités utiles pour presque tous les objectifs à long terme.

«Si je regardais en arrière et considère ma vie de judoka en compétition, je suis quasiment certain que j'aurais mieux réussi si je m'étais moins entraîné et si j'avais accordé plus de place à la détente. À cette époque, je prenais la phrase de Musashi un peu trop au pied de la lettre, et c'est pourquoi je ne cessais jamais de m'entraîner. L'idéal aurait été de trouver l'équilibre optimal entre mes différentes activités, sans jamais perdre de vue ce qu'étaient mes objectifs à long terme.»

Voilà. Vous disposez à présent des 5 règles du développement personnel, version samouraï. À vous de vos inspirer pour voler de succès en succès!

En passant, Miyamoto Musashi a aussi dit dans son Traité des cinq roues : «L'essentiel dans la tactique est de voir ce qui est éloigné comme si c'était proche, et de voir ce qui est proche comme si c'était éloigné».

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À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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