Lorsque les marchés s'effondrent, vous devriez paniquer?

Publié le 27/03/2016 à 20:58

Lorsque les marchés s'effondrent, vous devriez paniquer?

Publié le 27/03/2016 à 20:58

Depuis des lunes, un grand nombre de personnes jouissant d’un grand bagage de connaissances académiques tentent de dénicher une façon infaillible de maximiser les bénéfices en Bourse à l’aide de formules mathématiques.

Deux professeurs de l’Université de Yale, Tyler Muir et Alan Moreira, ont effectué des recherches opposant les rendements boursiers à la volatilité, et ont conclu qu’il valait mieux pour les investisseurs de vendre lorsque les marchés s’emportent. Voilà une découverte qui va totalement à l’opposé de ce que nous avons l’habitude d’entendre, c’est-à-dire, garder son calme lors la tempête survient.

Pour en arriver à cette conclusion, ces chercheurs ont scruté les données des marchés américains depuis 1926, ainsi que des données disponibles d’une vingtaine de pays, en incluant l’effet des différentes devises. Soulignons que vous pouvez accéder à leur travail gratuitement en le téléchargeant sur ce site (cliquer ici). L’une de leur formule mathématique, à la page 26, s’avère particulièrement ambitieuse. Nous l’avons reproduite ici :

0 = supw,C ƒ(Ct , Jt) + [wtxtWt + rWt − Ct ]JW + ½ wt2 Wt2 Jww (ytD’D + F’F)

+ κyy − yt)Jy + ½ YtJyyL’L + κxx − xt)Jx + ½ Jxx(ytG’G + H’H)

+ ytJxyG’L + wtWtJxW(G’Dyt + F’H) + wtWtJyW L’DYt

Les marchés s'emportent? Vaut mieux vendre...

La logique veut que lorsque les marchés deviennent plus volatiles, les actionnaires devraient être compensés pour les risques additionnels qu’ils assument. Selon le professeur Muir, les données indiqueraient que les rendements futurs obtenus lors des achats effectués en temps de volatilité ne récompensent pas les investisseurs de façon appropriée. Dans ce cas, vaudrait mieux pour eux d’agir à l’inverse, c’est-à-dire, vendre.

Tout d’abord, toutes les données utilisées pour la recherche de ces deux professeurs proviennent de transactions passées. Plusieurs investisseurs se dont déjà adonnés au «backtesting» (essais à rebours ou tests de validité rétroactifs) afin de déceler une recette efficace pour trouver régulièrement les futurs titres gagnants en Bourse.

Étant donné le grand nombre de données à leur disposition, ils peuvent tenter des essais jusqu’à ce qu’ils obtiennent enfin le résultat souhaité. Or, le hasard peut faire en sorte qu’une certaine combinaison fonctionne, sans nécessairement donner une quelconque indication quant à son efficacité dans le futur.

Deuxièmement, on oublie trop facilement l’effet que produirait l’application d’une telle théorie par un grand nombre d’investisseurs sur les marchés. Si la plupart des gens en venaient à accepter cette nouvelle découverte comme étant une réalité, le simple fait de tenter de l’utiliser anéantirait presque à coup sûr ses chances de fonctionner.

Si, sur les conseils de ces professeurs, tout le monde paniquait comme il se doit, le prix des actifs fondrait plus rapidement, laissant peu de temps à certains de compléter leurs transactions à des cours raisonnables. Les pertes encaissées augmenteraient, et le même phénomène se répéterait lors du retour en Bourse: on achèterait à un prix plus élevé. Les personnes qui tireraient le plus profit de la situation constitueraient plutôt celles qui ne respecteraient pas cette théorie.

Une formule éprouvée

Nous prônons davantage la «formule» qui a été éprouvée à maintes reprises par des investisseurs qui se sont enrichis considérablement dans le passé. Elle réfère très peu aux mathématiques et décevra donc les amateurs d’algèbre.

Cependant, cette formule requiert beaucoup de temps, de connaissances sur les entreprises et de patience. C’est pourquoi elle peut difficilement être répliquée par un grand nombre de personnes, et assure ainsi toutes les chances de succès à ceux qui l’appliquent.

Nous faisons bien sûr référence à l’investissement valeur, qui dicte que l’on doit d’abord considérer les titres boursiers comme étant des parts d’entreprise. Ce n’est pas magique comme formule, mais les rendements composés que l’on peut en dégager à long terme le sont presque!

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