Pétrole : vers l'apocalypse


Édition du 17 Octobre 2015

Pétrole : vers l'apocalypse


Édition du 17 Octobre 2015

Le prix du pétrole se porte mal, dit-on. On pourrait bien n'avoir encore rien vu. Un nouveau point de rupture semble se dessiner, qui devrait cependant être suivi dans quelques mois de grandes réjouissances plus permanentes.

«Serions-nous sur le point de connaître le passage apocalyptique qui mène à la résurrection ?» C'est l'interrogation qui nous est venue après la lecture d'un intéressant commentaire de l'analyste Josef Schachter, de Maison Placements Canada. On ne connaît pas personnellement M. Schachter, mais c'est notre préféré quand il est question du marché pétrolier.

Sa théorie : le cours de l'or noir est sur le point de fortement reculer, mais pour mieux revenir et tenir plus solidement par la suite. Voyons ce qu'il en est.

La stratégie de l'OPEP fonctionne...

D'abord un coup d'oeil sur l'état des lieux.

La stratégie de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de laisser tomber le prix du baril en n'abaissant pas ses quotas de production fonctionne.

L'organisation est en train de gagner la guerre qui l'oppose aux producteurs non membres, et particulièrement à ceux des États-Unis. La production américaine commence en effet à sérieusement décroître. À 9,7 millions de barils/jour en avril (Mb/j), elle se situe aujourd'hui à 9,1 Mb/j.

La vitesse de la retraite a même surpris l'Energy Information Administration (EIA) qui voyait la croissance de production du schiste pétrolier se poursuivre en 2015 et en 2016.

Il est probable que la tendance se poursuive. Plus de 1 600 foreuses étaient actives aux États-Unis il y a un an. On n'en compte plus que 640.

... mais elle est à la source d'un problème

La recette fonctionne, mais il existe toujours un important problème d'offre, notamment en raison de l'OPEP elle-même.

En septembre, l'organisation a produit 31,5 Mb/j. Pour garder le marché en équilibre, et respecter sa production cible annuelle pendant cette période, elle aurait plutôt dû produire de 28 à 29 Mb/j.

Quelques pays ont de la difficulté en raison des faibles prix et pompent davantage que ce qu'ils devraient pour tenter de compenser avec de plus importants volumes.

Ce n'est pas le seul motif.

Le cartel souhaite apparemment aussi profiter de l'opération «maintien des quotas» pour récupérer ses parts de marché historiques. Celles-ci se sont en moyenne situées à 35-36 % et sont aujourd'hui inférieures à 32 %.

Il faut en même temps faire de la place pour le retour éventuel du pétrole iranien (potentiel de 1 Mb/j) et de celui de la Libye (potentiel de 750 000 barils par jour).

À propos de ce blogue

Diplômé en droit de l'Université Laval, François Pouliot est avocat et commente depuis plusieurs années l'actualité économique et financière. Il a été chroniqueur au Journal Le Soleil, a collaboré au Globe and Mail et dirigé les sections économiques des différentes unités de Quebecor Media, notamment la chaîne Argent. Au cours de sa carrière, il a aussi fait du journalisme d'enquête ce qui lui a valu quelques distinctions, dont le prix Judith Jasmin. La Bourse Southam lui a notamment permis de parfaire son savoir économique à l'Université de Toronto. François a de même été administrateur de quelques organismes et fondation. Il est un mordu des marchés financiers et nous livre son analyse et son point de vue sur diverses sociétés cotées en bourse. Québec inc. sera particulièrement dans sa mire.

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