L'Assomption: un parc industriel vert pour remplacer Electrolux

Publié le 18/10/2018 à 06:45

L'Assomption: un parc industriel vert pour remplacer Electrolux

Publié le 18/10/2018 à 06:45

En 2014, Electrolux a déplacé sa production de L'Assomption à Memphis. Le maire souhaite transformer ce terrain de 1,6M pieds carrés en un parc industriel écoresponsable.

Aujourd’hui (18 octobre) se tient la 3e édition de l’Agora métropolitaine à la Tohu. On y discutera d’aménagement et développement du territoire. Le maire de L’Assomption, Sébastien Nadeau, présentera son plan pour redéployer l’usine d’Electrolux, vacante depuis 2014. Voici ce plan.

Après avoir franchi la ceinture verte qui entoure la ville de L’Assomption, dans Lanaudière, vous voilà face à une usine désaffectée de 700000 pieds carrés, posée sur un terrain de la taille de 22 terrains de football. Le stationnement a déjà accueilli les véhicules d’employés gagnant entre 20$ et 25$ l’heure. Aujourd’hui, il est envahi de mauvaises herbes. En 2014, la multinationale suédoise Elextrolux a cédé au charme fiscal de Memphis et déménagé ses opérations là-bas.

Pendant les mois qui suivent la fermeture, le dialogue se poursuit entre Electrolux, la MRC et Montréal International. Mais la communication s’essouffle pour cesser complètement.

Puis, la multinationale exprime son intention de démolir l’édifice, en partie. Elle souhaite faire tomber les murs, mais laisser les solages. La municipalité n’est pas d’accord. Du coup, le montant des taxes annuelles passerait de 300000$ à 114000$. Sans compter, que la municipalité soupçonne une possible contamination des sols sous l’usine.

Le 11 septembre dernier, l’honorable juge Stephen W. Hamilton, de la Cour Supérieure du Québec à Joliette, a tranché: la municipalité est souveraine, elle peut refuser la démolition.

Cette décision a débloqué le processus. Cette semaine (semaine du 15 octobre), le dialogue reprend, après deux ans et demi de silence. Le maire Sébastien Nadeau et le directeur général de la municipalité rencontrent le responsable des bâtiments pour Electrolux Amérique du Nord et un de ses collègues. Cette semaine aussi Sébastien Nadeau sera panéliste à la troisième édition de L’Agora métropolitaine. Il participera à l’atelier «Requalification urbaine».

L’après-Electrolux, de quoi rêve le maire de L’Assomption

«Ce ne sont pas des revenus de taxes que je cherche, ce sont des emplois, explique le maire. Electrolux paie ses taxes. Mais une usine vide ne sert pas les citoyens ni la vie municipale. Les habitants de l’Assomption doivent quitter la ville pour travailler, cela crée de la congestion matin et soir. Sans compter la fuite des revenus pour les détaillants locaux. Les travailleurs effectuent une grande partie de leurs achats à proximité de leur lieu de travail.»

Il poursuit, «Je rêve de remplacer Electrolux par un parc industriel d’une vingtaine d’entreprises unies par la même vision des affaires, une vision écoresponsable». Son concept embrasse large. Il inclut à la fois des organisations dont les pratiques favorisent un développement durable, comme une gestion de l’énergie responsable et l’écoconception, et celles dont le produit ou le service contribue lui-même à un développement durable, comme les vélos électriques. «En fait, nous évaluerons tout projet manifestant une conscience environnementale», résume-t-il.

Le maire évoque la symbiose industrielle, un des piliers de l’économie circulaire, qui consiste en un réseau d’échange de main-d’œuvre, d’espace, de machinerie et de matières premières entre des entreprises d’un même territoire.

Un garde-manger sur les toits du parc industriel

Le futur parc industriel vert de L’Assomption aura aussi un énorme garde-manger. On ambitionne de construire une serre sur le toit de chacune des entreprises. Du coup, la municipalité doublera le nombre d’entreprises pouvant être accueillies au pied carré. «Et, grâce aux serres, nous pourrons attirer des entreprises de transformation de fruits et de légumes», estime le maire. L’Assomption a déjà une vocation agricole, rappelle-t-il, 90% de son territoire est consacré à cette activité. Les serres permettraient de la pratiquer 12 mois par année.

Depuis qu’Electrolux a déserté l’Assomption, son joyau industriel c’est Stageline. Une société de 180 employés qui conçoit et fabrique des scènes mobiles vendues partout dans le monde. «Stageline est le modèle pour notre futur parc industriel écoresponsable, conclut le maire. C’est une entreprise hyperconsciente dont les décisions prennent en considération les aspects sociaux, environnementaux et économiques.» En outre, au moment de son inauguration, le bâtiment offrait la meilleure efficacité énergétique au Québec et il occupait la deuxième place au Canada.

Il reste toutefois un obstacle entre le parc industriel vert dont rêve le maire Nadeau et sa concrétisation: le sol. Des forages latéraux du terrain autour de l’usine ont révélé la présence de contaminants dans 80% des puits forés. La ville n’a pas procédé à des forages sur le terrain d’Electrolux puisqu’il est privé. Il faudra donc vérifier l’état des sols avant d’entamer la vente du terrain à des tiers.

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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