Ralenties par leur conjoint et non leurs enfants

Publié le 26/11/2014 à 12:34

Ralenties par leur conjoint et non leurs enfants

Publié le 26/11/2014 à 12:34

Flickr/TheLaneTeam

Ralenties par leur conjoint et non leurs enfants

Soupir. Une nouvelle étude dans le Harvard Business Review prouverait que les femmes sont plus enclines à sacrifier leur carrière, laissant ainsi leur mari réaliser leurs ambitions professionnelles avant elles, ce qui devient une source d'insatisfaction.

Ce constat est le résultat du travail de trois chercheuses en affaires et sociologie, Robin Ely, Pamela Stone et Colleen Ammerman, qui lors du sondage, ont interrogé plus de 25.000 diplômés de la Harvard Business School. Des femmes et hommes ont été interrogés, issus de trois générations différentes: les baby-boomers (49-67 ans), la génération X (32-48 ans) et la génération Y, 26-31 ans). Alors qu’elles s’attendaient à ce que leur étude explique le ralentissement dans la carrière des femmes par le fait d’avoir des enfants, elles ont plutôt découvert que, c’est un mari qui fait passer son ambition en premier qui est en cause.

Les chercheuses ont par ailleurs trouvé que les hommes étaient plus nombreux à avoir atteint des positions de haute responsabilité, et qu'ils étaient en moyenne plus satisfaits au travail. L'insatisfaction professionnelle chez les femmes n’est donc pas (seulement) corrélée au fait d'avoir des enfants...mais un mari peu coopérant!

Surprise également du côté des femmes interrogées qui pensaient se retrouver dans un couple où la carrière de chacun serait également prise au sérieux. Un peu trop optimistes, on dirait! Déception dans le couple + ambition bafouée + carrière peu épanouissante + responsabilité des enfants et de la famille, les femmes doivent composer maintenant avec un plafond de verre…au sein du couple.

Quelques faits saillants de cette étude :

 

  • Plus de 70% des hommes s'attendaient à ce que leur carrière soit prioritaire sur celle de leur femme : contrairement à une moyenne entre 3 et 7 % de femmes, qui s'attendaient à ce que leur carrière passe en premier.
  • Pour 40% des femmes interrogées, c'est le travail de leur époux qui a en fait été considéré comme prioritaire.
  • 40 à 50% des femmes interrogées se disent satisfaites de leur vie professionnelle et de leur capacité à mener de front leur carrière et leur vie de famille.
  • 50 à 60% des hommes des trois générations se disent « satisfaits » ou « très satisfaits » de leur expérience au travail, ainsi que de leurs possibilités d'avancement de carrière et de leur capacité à concilier leur vie pro et leur vie familiale.
  • 50% des hommes issus de la génération Y estiment que leur carrière passe avant celle de leur conjointe. (!)
  • Ils sont également 66% (contre 42% des femmes) à espérer que cette dernière prendra en charge l'éducation des enfants. (!) 

 

Les questions que je me demande et que j’aimerais également vous poser :

 

  1. Combien d'hommes seraient aujourd'hui prêts à renoncer à leur carrière pour suivre l’ambition de leur épouse ?
  2. Retournons-nous au schéma familial où l'homme fait carrière, la femme élève les enfants? Car à la lumière de ce sondage (pour lequel ce sont quand même des diplômés de Harvard qui ont été interrogés!), la carrière d'une femme est encore perçue moins importante.
  3. Les femmes peuvent-elles tout mener de front? (Carrière et maternité, puis vie de famille)
  4. Les femmes doivent-elles "marry down"? i-e épousé un homme qui a moins de potentiel et gagne moins qu’elles, ou encore de 20 ans son aîné ayant donc sa carrière derrière lui.
Déborah Cherenfant est fondatrice et éditrice du blogue de ressources pour femmes d'affaires, Mots d'Elles. Elle est créatrice des accessoires de mode uniques et branchés Coloré Design.

 

À propos de ce blogue

«Ceteris paribus» est un blogue de Déborah Cherenfant, qui est la présidente et porte-parole de la Jeune Chambre de commerce de Montréal ainsi que la directrice régionale, Femmes entrepreneures, au Groupe Banque TD. Elle souhaite que ses réflexions amènent à prendre conscience que non, toutes les choses ne sont pas toujours égales par ailleurs, comme semble le vouloir ce bon vieux principe économique.

Déborah Cherenfant

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