Légèreté 55


Édition de Juin 2015

Légèreté 55


Édition de Juin 2015

(Photo: Bloomberg)

Vous vous souvenez de la « Liberté 55 » il y a 20 ans. Cette publicité d’une compagnie d’assurance est devenue avec le temps un cliché un peu grotesque: la retraite totale dans la force de l’âge, les balades sur la plage au coucher du soleil... il ne manquait plus que le Viagra (qui n’existait pas à l’époque) et tout aurait été parfait.

Le sujet vous intéresse? Découvrez notre dossier complet dans Les Affaires Plus (édition abonnés, également disponible en kiosque)

Lorsqu’on évoque la Liberté 55 aujourd’hui, c’est pour souligner l’échec d’un modèle utopique qui faisait miroiter 35 ans de vie aussi oisive que vide de sens. C’est tellement gros qu’on n’y croit pas. Et maintenant, c’est l’idée même de la retraite qui laisse dubitatif.

Les jeunes adultes n’adhèrent pas au discours qui cherche à les sensibiliser à l’importance d’épargner en vue de leurs vieux jours. Cet objectif lointain ne séduit plus. Même les personnes qui sont pourtant près du but ne sont plus excitées à l’idée de sortir de la vie active. Alors, quand on pense que tout le discours de la planification financière repose sur la retraite, il y a de gros problèmes en vue.

Mais, bonne nouvelle, une autre idée plus attrayante semble vouloir prendre sa place: celle de l’indépendance financière. Contrairement au concept de la retraite, qui trace une frontière nette entre la période où on travaille et celle où on profite de la vie, l’indépendance financière conjugue les deux.

Atteindre l’indépendance, c’est se donner la possibilité de cesser de travailler, mais c’est surtout se donner la marge de manœuvre pour faire des projets qui nous tiennent à coeur, occuper l’emploi qui nous plaît, prendre le temps de réfléchir sans se préoccuper du paiement des factures. La vraie liberté, quoi!

L’indépendance financière évoque une sorte de légèreté, et ce, sous deux angles. D’abord celui que je viens d’évoquer : aucune nécessité de s’accrocher à un emploi pour faire face à ses obligations. L’autre angle : une saine imperméabilité à tout ce discours ambiant qui nous incite à combler de faux besoins, à consommer.

La frugalité et la simplicité sont des conditions essentielles à l’atteinte de l’indépendance financière. Elles permettent d’accumuler plus rapidement ce qu’il faut, mais surtout, elles réduisent ce qu’il est nécessaire d’amasser pour devenir indépendant. Autrement dit, l’indépendance financière pourrait bien être une voie réaliste pour atteindre la liberté à 55 ans. Et même avant.

À propos de ce blogue

Les finances personnelles, ça consiste à gérer son argent au jour le jour en fonction d’objectifs plus ou moins éloignés. En regardant du bon angle, on constate qu’il s’agit d’un instrument pour réaliser ses ambitions et ses rêves. C’est avec humanité et une pointe d’humour que Daniel Germain compte aborder les finances personnelles dans ce blogue, dont l’objectif est de vous informer et de vous faire réagir. Daniel Germain assume la direction du magazine de finances personnelles Les Affaires Plus depuis 2002 et a développé de vastes connaissances sur le sujet.

Daniel Germain