Pourquoi je n'utilise pas les médias sociaux

Publié le 29/04/2015 à 09:29, mis à jour le 29/04/2015 à 17:05

Pourquoi je n'utilise pas les médias sociaux

Publié le 29/04/2015 à 09:29, mis à jour le 29/04/2015 à 17:05

(Photo: Bloomberg)

Les sites des médiaux sociaux sont de plus en plus utilisés pour suivre la Bourse et obtenir des recommandations et des conseils. Attention!

La semaine dernière, le Wall Street Journal a publié un reportage intéressant sur le nombre de plus en plus grand d’investisseurs qui utilisent de plus en plus des sites comme Twitter et Facebook pour suivre les marchés et prendre des décisions de placement. Plusieurs intervenants sont ainsi devenus des «vedettes» sur le Web, vendant leur service sous la forme d’un abonnement mensuel, qui permet entre autres l’accès aux recommandations, voire aux transactions pratiquement en temps réel.

Le quotidien américain cite des experts qui considèrent que la montée des sites des médias sociaux est en train de transformer le placement. Ouais, permettez-moi d’être un brin sceptique.

D’abord, il est normal que ces sites soient de plus en plus utilisés pour investir de par leur omniprésence grandissante. Si vous vous promenez un peu, vous êtes frappés par ces gens, si nombreux, et de tous les âges, collés bien serrés sur leur cellulaire ou leur tablette. Ils sont connectés pratiquement 24 heures sur 24 par le biais, surtout, de sites comme Facebook et Twitter.

Si on échange des recettes sur Facebook, quoi de plus de normal que d’échanger aussi des informations, des «scoops» sur la Bourse et le placement.

De plus, le marché haussier des dernières années contribue à sa façon à cette tendance, plusieurs personnes ayant réalisé de bons rendements. L’enthousiasme pour la Bourse a grimpé et plusieurs investisseurs s’affichent comme des nouveaux Warren Buffett.

Et comme la nature humaine fait en sorte qu’on est toujours à la recherche de recettes pour s’enrichir vite et aussi de confirmation, l’attrait des médias sociaux s’explique vite.

La question qui tue, c’est de savoir si cet outil s’avérera précieux ou non. Je parle au futur parce qu’il est trop tôt pour juger. Il faudra au moins un cycle complet, plus de 10 ans à mon avis, avant de bien évaluer sa valeur.

Quant à moi, je suis porté à ne pas utiliser ces médias sociaux, pour plusieurs raisons. La première est que je suis d’une génération plus vieille qui n’a pas le réflexe de les consulter spontanément. Lorsqu’on le fait, c’est pas mal moins intuitif!

L’autre raison est encore plus importante. Il est pratiquement impossible de distinguer les bons investisseurs des moins bons ou des pires. Certains vous montreront des recommandations ou des transactions alléchantes pour appuyer leur compétence. Et c’est correct.

Par contre, comment savoir s’il n’y a là que l’oeuvre du hasard et de la chance? C’est pour cela que je crois qu’il faut 10 ans pour vraiment savoir si un investisseur est solide ou non. Ce n’est surtout pas en plein milieu d’un marché haussier qu'il faut sauter aux conclusions.

Enfin, la culture du Web, et des médias sociaux en particulier, me paraît complètement en opposition avec le placement intelligent. Elle encourage la frénésie dans les transactions.

Si vous ne me croyez pas, le Wall Street Journal rapporte dans son article que le courtier en ligne TradeKing, fondé en 2005, a observé que les clients qui mettaient des commentaires boursiers en ligne sur son site de média social effectuaient quatre fois plus de transactions que ceux qui ne le faisaient pas!

Je suis convaincu que bien investir est une activité de solitaire, tout le contraire de l’adn des médias sociaux.

Faites attention.

Bernard Mooney

 

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