Il lance et compte, mais encore faut-il bien compter

Publié le 24/10/2009 à 00:00

Il lance et compte, mais encore faut-il bien compter

Publié le 24/10/2009 à 00:00

Dans toute entreprise, il faut un plan d'affaires.

Imaginez que vous ayez besoin de 400 millions de dollars (M$) pour construire une usine de sans avoir la moindre commande en poche. Devant l'ahurissement général, vous répondez : " Pas grave, elles finiront bien par entrer. Faites-nous confiance. "

Surprenant ? C'est pourtant l'exercice auquel vient de se livrer le maire de Québec, Régis Labeaume, en annonçant le projet d'un nouveau Colisée d'une valeur de 400 M$, dont l'essentiel du financement (350 M $) viendrait à parts égales des gouvernements de Québec et d'Ottawa.

Si ce n'était de la personnalité du maire Labeaume, tout le monde aurait haussé les épaules. Consacrer un tiers de milliard de dollars à un amphithéâtre sans savoir à quoi il va servir est, convenons-en, une proposition téméraire. Sauf que le maire de Québec est un fonceur qui n'a pas peur d'élever le ton, ce qui lui permet déjà d'être entendu. Mais pourra-t-il convaincre les gouvernements ?

Aussi passionné soit-il, M. Labeaume fait fi de ce qui n'est pas un mince détail : il n'a pas présenté de plan d'affaires, de business case, comme diraient les Anglais. C'est le premier écueil sur lequel vient buter son projet.

Qui occupera l'amphithéâtre ? D'où viendront les revenus ? Tout au plus évoque-t-on le retour éventuel des Nordiques dans la Ligue nationale de hockey, une nouvelle candidature de Québec pour les Jeux olympiques d'hiver - de 2026 ! - et la présentation de spectacles rendue possible grâce à une infrastructure moderne.

Si ça fonctionne... mais nous en sommes encore aux " si ".

D'autant plus que le maire n'a pas encore d'allié privé formel. Si le hockey professionnel doit revivre à Québec, il faudra quelqu'un pour mener l'attaque. Le nom de Quebecor est souvent évoqué. Il est vrai qu'une équipe sportive cadrerait bien dans son déploiement médiatique. Pierre-Karl Péladeau y croit assez pour avoir voulu mettre la main sur le Canadien, avant de perdre la mise aux mains des Molson. Est-il vraiment prêt à rebondir avec de nouveaux Nordiques ? Pourrait-on savoir ce que le promoteur d'une équipe de hockey - que ce soit Quebecor ou un autre - serait disposé à investir avant d'aller puiser profondément dans les fonds publics ?

C'est là l'autre problème. Québec et Ottawa se sont enfoncés dans les déficits pour amenuiser le choc de la récession. Leur grand objectif maintenant est de revenir au point d'équilibre d'ici cinq ans. Le moment est mal choisi pour demander des centaines de millions de dollars. On pourrait toujours, comme l'ont fait les nouveaux propriétaires du Canadien, se rabattre sur un prêt gouvernemental avec intérêts. Ou se prévaloir de programmes existants. C'est la direction que prend Régis Labeaume en évoquant le programme d'infrastructures. Mais les pouvoirs publics ont toujours été réticents à subventionner des équipements sportifs, à moins que leur construction ne soit la condition de la tenue d'événements précis... comme les Jeux olympiques. Bâtir aujourd'hui en fonction de (peut-être) 2026 ?

Quel que soit l'angle sous lequel on considère ce projet, il ne tient pas la route. Pour l'instant. Régis Labeaume a trop le sens de la stratégie pour ne pas s'en rendre compte. J'ai l'impression qu'il cherche d'abord, comme aux cartes, à voir ce que ses vis-à-vis sont prêts à mettre sur la table, quitte à poursuivre le jeu selon les atouts qu'il aura. La partie ne fait que commencer.

Et pour qu'on sache bien dans quel camp je me range, malgré les réserves que je viens d'exprimer : il était bon, le but d'Alain Côté !

Pour aider les victimes de fraude

On parle beaucoup de la création d'un organisme pancanadien de supervision des marchés financiers. Ce projet suscite de fortes résistances, notamment au Québec. Peu importe l'issue des discussions, un fait demeure : les épargnants sont mal protégés contre les fraudeurs et surtout, ils sont peu indemnisés.

La Fondation pour l'avancement des droits des investisseurs (FAIR), établie à Toronto, a recensé 16 cas de fraude importante survenue au pays depuis 10 ans. Les victimes n'ont eu droit à une compensation que dans 3 de ces 16 cas, et encore, dans l'un d'entre eux (Norbourg), seulement une petite partie des victimes ont été indemnisées.

En attendant que les politiciens se branchent, pourrait-on au moins penser à offrir un meilleur soutien aux gens touchés ?

De mon blogue

www.lesaffaires.com/rene-vezina

La pire donnée de l'immobilier américain

Plusieurs données montrent l'ampleur de la débâcle que vivent les familles américaines, mais celle qui suit est la pire que j'aie vue : on compte pas moins de 2,8 millions de ménages qui ont contracté une hypothèque " intérêts seulement " (sans remboursement de capital).

Vos réactions

"Au départ, cette crise, avec sa pléthore de saisies, ne touchait que les propriétaires qui avaient contracté des prêts subprime. Aujourd'hui, même les propriétaires qui remboursaient bien leur hypothèque sont pénalisés. "

- Olivier M.

" Au Canada, la bulle immobilière actuelle va prendre fin aussitôt que les taux d'intérêt vont commencer à monter : attachez vos tuques ! "

- Dencour

" En ce qui concerne les États-Unis, le calcul est assez simple ; ils doivent retomber à leur taux historique de propriétaires, de 62 à 64 %. Ce taux avait augmenté à 71 % depuis 2000. "

- F.T.

rene.vezina@transcontinental.ca

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