«Il y aura un '' effet SNC '' comme il y a eu un effet BP» - Richard Leblanc, professeur agrégé à l'Université York

Publié le 31/03/2012 à 00:00

«Il y aura un '' effet SNC '' comme il y a eu un effet BP» - Richard Leblanc, professeur agrégé à l'Université York

Publié le 31/03/2012 à 00:00

Le dérapage qui a conduit à la démission du pdg de SNC-Lavalin aura-t-il des conséquences plus importantes ?

Oui. Dans quelques années, on parlera de «l'effet SNC» comme on a parlé de «l'effet BP» à la suite du déversement dans le golfe du Mexique. Un nombre croissant d'entreprises, et leurs conseils, seront exposées aux mêmes risques que SNC. Les affaires se déroulent de plus en plus dans les pays émergents, là où se trouve la croissance. Or, ces pays n'ont pas la même culture ni les mêmes pratiques d'affaires que le Canada. Mais les organismes réglementaires américains et britanniques, eux, s'en fichent. «Ne nous dites pas que c'est comme ça que les choses se passent et que vous n'avez d'autre choix que d'agir ainsi, disent ces organismes. Nous n'admettons pas cet argument et nous allons sévir.» Les conseils réalisent ce qu'ils savaient instinctivement : le rendement est à la hauteur du risque qui y est associé. Et le risque, c'est sur les épaules des administrateurs qu'il repose. C'est ça, «l'effet SNC».

On ne sait pas qui savait ou ignorait quoi dans ce dossier. Qu'en pensez-vous ?

Nous avons déjà entendu pareille défense dans le dossier de Nortel. L'ignorance n'est pas une défense. Le conseil a la responsabilité de savoir et l'autorité requise pour y arriver. Mais il a besoin d'aide et pas uniquement de celle de la direction. Le cas SNC rappelle la nécessité pour les administrateurs de diversifier leurs sources d'information, dans l'organisation et à l'extérieur. Le conseil doit utiliser son pouvoir pour recourir à des experts externes pour l'éclairer. À mon avis, il le fera de plus en plus.

Comment les conseils peuvent-ils et vont-ils se protéger ?

Ils chercheront davantage à valider les informations qu'on leur communique lorsque l'éthique est en jeu. Et l'éthique sera de plus en plus en jeu. On verra aussi de plus en plus les administrateurs vérifier l'intégrité des individus qui gèrent l'entreprise et qui gravitent autour. Et puis, les entreprises vont internationaliser leur conseil. SNC est une société mondiale, mais son conseil ne le reflète pas. Comme la majorité des sociétés mondiales canadiennes d'ailleurs. Lorsque vous faites des affaires à l'international, vous avez besoin d'administrateurs qui peuvent vous aider à naviguer en eau trouble, qui savent ce qu'il faut surveiller. La preuve est faite que, même si une société est internationale, cela ne signifie pas que son conseil a développé des réflexes internationaux.

CV

Nom : Richard Leblanc

Titre : Professeur agrégé

Richard Leblanc enseigne le droit, la gouvernance et l'éthique à l'Université York, en Ontario. M. Leblanc, qui figure sur la liste «Top 40 Under 40», donnera un cours de gouvernance à l'Université Harvard à l'été 2012. Il tient un blogue sur le site Canadian Business et il a fondé le groupe de discussion Boards & Advisors sur LinkedIn.

56 M$

C'est la somme qui a coûté son poste de pdg à Pierre Duhaime. Il s'agit de deux paiements (33,5 M$ et 22,5 M$) que l'ex-pdg de SNC-Lavalin a autorisés et dont on n'arrive pas à retracer ni le destinataire ni à quoi ils doivent être imputés.

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