Gaz Métro pourrait fermer son capital

Publié le 04/04/2009 à 00:00

Gaz Métro pourrait fermer son capital

Publié le 04/04/2009 à 00:00

Par François Normand

D'ici l'automne, la Société en commandite Gaz Métro devra décider si elle se convertit en société par actions. Mais un autre scénario est étudié : la fermeture du capital du distributeur gazier, qui se retirerait ainsi de la cote de la Bourse.

"C'est un scénario possible", dit Alain Chung, gestionnaire de portefeuilles chez Claret, à Montréal.

Pierre Lacroix, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins, croit aussi ce scénario possible. "Ça se discute dans le marché; toutes les options sont sur la table", dit-il.

Même Gaz Métro ne ferme pas la porte à une éventuelle fermeture de son capital. "Ça fait partie des possibilités de toutes les sociétés en commandite qui doivent s'adapter à la réforme de Jim Flaherty", dit la porte-parole Marie-Noël Cano. Elle précise toutefois qu'aucune décision n'a été prise quant à la structure de capital de Gaz Métro.

En 2006, le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, annonçait qu'à compter de 2011, les fiducies de revenu seraient imposées au même titre que les sociétés par action. Sur le plan fiscal, Gaz Métro est actuellement traitée comme une fiducie. Les fiducies ont jusqu'au 1er octobre 2010 pour s'adapter (statut quo ou changement de structure) à ce nouvel environnement fiscal.

Peu d'avantages à la fermeture du capital

Alain Chung note que le principal avantage de Gaz Métro de fermer son capital serait de conserver les bénéfices qu'elle distribue actuellement à ses porteurs de parts.

Dans une moindre mesure, Gaz Métro réaliserait des économies sur les coûts d'inscription à la cote de la Bourse de Toronto. "Une société inscrite en Bourse doit produire des rapports annuels et maintenir des relations avec les investisseurs", dit M. Chung.

En revanche, en fermant son capital, Gaz Métro se priverait d'une importante source de financement pour ses activités, souligne Pierre Lacroix.

Advenant une privatisation, les détenteurs de parts pourraient toucher une prime lors de la vente des titres de Gaz Métro. Par contre, ils se priveraient alors de généreuses distributions (elles s'établissaient à 1,24 $ par part en 2008, ce qui procure un rendement actuel de 8,6 %).

MM. Chung et Lacroix doutent qu'ils y aient des sociétés intéressées à faire l'acquisition de la totalité de Gaz Métro. Ils ne voient que les caisses de retraite (qui ne paient pas d'impôt) comme Teachers' ou des fonds d'investissement privés comme KKR et Cerberus.

M. Chung croit par ailleurs qu'une transformation en société par actions apporterait peu d'avantages à l'entreprise. "Il faudrait refaire toutes les incorporations. C'est un coût pour une nouvelle structure qui ne changerait pas grand-chose."

Les investisseurs y gagneraient peu aussi, dit M. Lacroix. "En devenant une société par actions, Gaz Métro verserait un dividende moins élevé que la distribution, et il serait imposable", dit-il. Or, c'est ce qui risque de se produire si Gaz Métro décide de rester une société en commandite : en bout de ligne, les détenteurs de parts auront de plus petites distributions, car celles-ci seront imposées.

francois.normand@transcontinental.ca

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