Les 10 risques technologiques du premier FNB de bitcoins

Publié le 16/02/2021 à 12:02

Les 10 risques technologiques du premier FNB de bitcoins

Publié le 16/02/2021 à 12:02

Par François Remy
Un bitcoin

Est-ce aussi évident d’investir dans la monnaie numérique que d’acheter des actions? (Photo: 123RF)

Le «premier FNB de bitcoins au monde» est torontois, peut se féliciter Purpose Investments, le gestionnaire d’actifs récemment autorisé à faciliter l’exposition financière à la célèbre cryptomonnaie. Ce qui ne protège pas l’investisseur de tous les dangers numériques.

«Investissez dans le bitcoin sans les tracas associés aux portefeuilles numériques», promet Purpose Investments, la société de Toronto disposant de quelques 10 milliards de dollars d’actifs sous gestion, dont le fonds négocié en Bourse adossé à des bitcoins a été approuvé par la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario.

«Du solide», assure le gestionnaire, admissible au CELI et aux REER. Et chaque fois qu’un investisseur achètera des parts de ce FNB, il détiendra «de vrais bitcoins». Mais est-ce aussi évident d’investir dans la monnaie numérique que d’acheter des actions?

Pour objectiver la situation, il est intéressant de se pencher sur les risques technologiques énumérés dans le prospectus par le chef de la direction, Som Seif, et le chef des finances, Jeff Bouganim. Voici les 10 principaux:

 

• Diminution de l’utilisation

Même s’il a été inventé pour servir de système de paiement électronique de pair à pair, rien ne saurait encore garantir que l’acceptation des bitcoins en tant que méthode de paiement par les principaux commerçants et entreprises commerciales atteigne une masse critique.

 

• Cryptomonnaie concurrente

«Dans la mesure où un concurrent de Bitcoin gagne en popularité et gagne des parts de marché, l’utilisation et le prix du bitcoin pourraient subir des répercussions défavorables, ce qui pourrait avoir une incidence négative sur un investissement dans le fonds», note la direction.

 

• Cyberattaques

Le réseau Bitcoin fait périodiquement l’objet d’attaques (de refus de service distribués) visant à bloquer la liste d’opérations étant traitées par les mineurs. C’est la création de blocs et l’ensemble des opérations qui sont théoriquement menacés.

 

• Cryptographie dépassée

Les progrès technologiques, prenons l’exemple de l’informatique quantique, pourraient un jour rendre les protocoles cryptographiques et algorithmiques du réseau Bitcoin obsolètes.

 

• Mésentente

La technologie de Bitcoin pourrait être fragilisée au niveau… humain. «Les contributeurs, comme les développeurs de logiciels et les mineurs, peuvent ne pas s’entendre sur la manière la plus adéquate de maintenir et de développer le programme», évoque la direction de Purpose Investments. Ces différends malmèneraient l’approvisionnement en bitcoins et leur prix.

 

• Séparation

Bitcoin reste un code source ouvert. Les membres du réseau pourraient bâtir un «embranchement divergent». L’exécution des programmes en parallèle construirait des chaînes de blocs indépendantes, avec des actifs indépendants. Ce qui pourrait jouer en défaveur de la valeur du bitcoin.

 

• Dépendance

Purpose Investments s’inquiète par ailleurs de plusieurs formes de dépendance de Bitcoin: «Le système entier est tributaire du fonctionnement continu de l’Internet. Environ 20% des bitcoins actuellement en circulation sont détenus par 115 adresses bitcoins. En raison des rabais préférentiels sur l’électricité, il y a d’importants groupes de minage en Chine qui ont une influence importante sur le réseau.»

 

• Énergie

C’est un enjeu qu’on surveille chez Hydro-Québec à l’heure où le cours du bitcoin évolue à plus de 61 000 dollars canadiens. En raison de la puissance de calcul importante requise pour le minage, la consommation d’énergie du réseau dans son ensemble pourrait, prévient le gestionnaire du FNB, être «ultimement» considérée comme «non viable ou même devenir non viable.»

 

• Erreur

Le gestionnaire du premier FNB de bitcoins prend également soin de prévoir une erreur de sa part. Il rappelle que les transferts de bitcoins sont irréversibles. Un transfert inapproprié, c’est-à-dire un envoi accidentel à un mauvais destinataire, ne peut être annulé que par le destinataire qui accepterait alors de renvoyer le bitcoin à l’expéditeur initial lors d’une nouvelle transaction.

 

• Clés perdues

Enfin, ce n’est pas un défaut technologique mais une caractéristique de Bitcoin: la perte ou la destruction des clés privées, ces codes numériques requis pour accéder à ses bitcoins, pourrait entraîner la perte de la totalité des actifs. Un scénario «d’escroquerie de sortie» malheureusement déjà vu sur certaines plateformes crypto frauduleuses.

 

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