La grande séduction des cerveaux


Édition du 30 Mai 2015

La grande séduction des cerveaux


Édition du 30 Mai 2015

Cela dit, je pense que l'acquisition et la rétention du talent constituent un enjeu transversal et potentiellement transcendant par rapport aux problèmes spécifiques de ces domaines particuliers. La raison est simple, selon moi : si nous réussissons à attirer et à retenir les meilleurs à Montréal, je pense que la majorité de ces situations aura tendance à se régler à un rythme beaucoup plus rapide.

Alors que faut-il pour que le Québec devienne véritablement un aimant pour le talent ? Certaines révisions aux politiques de visa et d'immigration pourraient y contribuer. On peut aussi encourager certains expatriés talentueux à retrouver le Québec. Cependant, selon moi, il faut commencer par regarder du côté de l'éducation.

Le rôle clé des universités

On le répète souvent : avec environ 220 000 étudiants, Montréal est la deuxième ville en Amérique du Nord en matière de densité d'étudiants universitaires après Boston. Nous avons là un avantage absolu que nous devons exploiter.

Ainsi, au-delà de la qualité de vie exceptionnelle au Québec (y compris notamment un coût de la vie relativement bas et une panoplie de services sociaux), avons-nous les bonnes occasions pour attirer et garder les meilleurs jeunes diplômés à Montréal, autant dans nos grandes entreprises québécoises que dans nos start-up en forte croissance ? Les postes sont-ils rémunérés de manière concurrentielle par rapport à ceux de l'Ontario ou des États-Unis ? Y a-t-il autant de projets scientifiques porteurs qui encouragent les diplômés à rester pour quelques années ? L'ensemble des occasions d'avancement offertes est-il d'envergure internationale ?Avant le diplôme, comment nos universités peuvent-elles s'afficher encore davantage à l'échelle mondiale pour attirer les meilleurs ?

Dans un article où il décortique les ingrédients clés de Silicon Valley, l'investisseur américain Paul Graham avance qu'avoir une université d'envergure mondiale (pouvant rivaliser avec MIT, Stanford ou Harvard) est un facteur indispensable pour amorcer la «réaction en chaîne» nécessaire afin de créer une plaque tournante technologique telle que Silicon Valley. Dans un article classique de 2006, Graham y va même d'une proposition assez intéressante : il suggère d'offrir un bonus de signature de trois millions de dollars aux 200 professeurs les plus doués du monde pour les inciter à déménager dans une université, attirant par la suite indirectement leurs assistants de recherche et les meilleurs étudiants. Pour 600 M$, on aurait une des universités les plus réputées du monde et un véritable aimant à talent qui se régénérerait au fil des années. Il s'agit d'une idée assez extrême, mais nous en aurons besoin pour nous démarquer sur la scène mondiale.

Nous voulons être une métropole vibrante à l'échelle mondiale ? Nous voulons débloquer nos problèmes de société ? Selon moi, ça commence tout d'abord par une stratégie de séduction du talent qui soit créative, ambitieuse et surtout d'envergure internationale.

Biographie

LP Maurice est le pdg et cofondateur de Busbud, une entreprise de commerce électronique spécialisée dans le voyage en autobus interurbain partout dans le monde. Il a été le lauréat du prix Arista « Entrepreneur de l’année » (démarrage) en 2014. Précédemment, M. Maurice a travaillé à Silicon Valley chez Yahoo et LinkedIn, et possède un MBA de l’université Harvard. LP Maurice est un ange investisseur et un mentor actif dans la communauté start-up montréalaise. Il est aussi associé de Credo, un accélérateur de projets, ainsi qu’un des instigateurs de La Gare, un espace collaboratif dans le Mile-End, à Montréal. Pour le suivre sur Twitter: @lpmo

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