Faut-il être fou pour réussir en affaires?


Édition du 23 Mai 2015

Faut-il être fou pour réussir en affaires?


Édition du 23 Mai 2015

Par Olivier Schmouker

À leur époque, Joseph-Armand Bombardier et Guy Laliberté étaient des «cinglés». Oui, des cinglés, parce que leur idée de moto qui irait sur la neige (BRP) et de cirque sans animal (Cirque du Soleil) étaient a priori farfelues. Pourtant, chacun d'eux a remporté le succès qu'on sait.

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La question saute aux yeux : faut-il être cinglé pour réussir en affaires ? Surtout de nos jours, à présent que les innovations, venues des quatre coins de la planète, déboulent à un rythme de plus en plus fou ? Pour le savoir, rien de mieux que de se pencher sur l'héritage du «roi des cinglés», Steve Jobs, l'homme à qui l'on doit l'iPhone et l'iPad. Plus précisément, sur l'une des publicités d'Apple qui a marqué l'Histoire, «Crazy Ones», en 1997. On y découvre des figures historiques comme Albert Einstein et Ted Turner, tandis qu'il est dit que tous étaient des cinglés, à savoir «des marginaux, des rebelles, des perturbateurs». «Seuls ceux qui sont assez fous peuvent changer le monde, et le font», est-il expliqué. «Un message qui traduit notre propre philosophie, chez Apple. Comme chacune de ces personnalités, nous voulons par-dessus tout faire progresser l'humanité», avait souligné Steve Jobs, lors du dévoilement de la pub.

Déraisonnable, mais raisonné

Être cinglé, c'est donc un compliment. «Aujourd'hui, un entrepreneur qui n'est pas cinglé souffre de graves handicaps. Il pense petit, il ne bouscule rien, il ne dérange personne, il se laisse porter par le courant, il ne prend pas de vrais risques, et surtout, il n'ose pas être le premier en terrain inconnu. Bref, il est irrémédiablement voué à la contre-performance, pour ne pas dire à l'échec», explique dans son livre Crazy Is a Compliment Linda Rottenberg, pdg d'Endeavour, une organisation américaine à but non lucratif visant à soutenir les entrepreneurs en herbe.

Le secret des cinglés ? C'est, somme toute, assez simple : ils ont une pensée divergente, d'après Steve Hardy, directeur, ventes et marketing, de RallyEngine, une application permettant de faire travailler ensemble des employés à distance. Une pensée qui fonctionne suivant cinq principes, avance-t-il dans son blogue Creative Generalist :

> Errer et interroger. Pour entrevoir toutes les possibilités.

> Synthétiser et résumer. Pour bien présenter l'information.

> Lier et sauter. Pour générer des idées neuves.

> Mêler et associer. Pour établir des connexions entre les bonnes personnes.

> Expérimenter et sympathiser. Pour concrétiser l'idée géniale.

Les entrepreneurs cinglés ne sont pas des fous incohérents, mais des génies. C'est-à-dire des personnes douées pour voir ce que les autres ne voient pas et pour oser ce que personne n'a jamais osé auparavant. Et ce, grâce au fait qu'ils sont non pas raisonnables, mais raisonnés.

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