Entrepreneurs : limitez les dommages en cas de perte d’un collaborateur essentiel

Publié le 13/07/2016 à 08:55

Tout bon entrepreneur consacre temps et énergie à ficeler un bon plan d’affaires, lequel doit inclure la planification des ventes, du financement, du marketing, des ressources humaines, alouette! Les nouveaux chefs d’entreprise ont aussi le réflexe de protéger leurs biens contre le vol et le feu, des malheurs qui pourraient freiner leurs activités commerciales.

En revanche, peu d'entrepreneurs pensent spontanément à assurer le capital humain, qui est pourtant un des piliers de la rentabilité et de la valeur d’une entreprise, explique Éric La Charité, directeur techniques avancées de planification à la Financière Sun Life. En effet, si l’entrepreneur ou un employé clé devenait soudainement invalide, atteint d’une maladie grave ou encore décédait, l’entreprise devrait assumer des pertes financières tout aussi importantes, et qui pourraient même la mettre à risque.

Une personne qui vaut son pesant d’or

L’assurance pour collaborateur essentiel, aussi connue sous l’appellation assurance pour employé clé, peut aider à gérer ce risque. « Un collaborateur essentiel est une personne qui a un apport vital dans les activités de l’entreprise. Il peut être l’entrepreneur lui-même ou, par exemple, un employé qui génère la majorité des ventes grâce à ses contacts ou ses expertises. Si ce collaborateur cessait de travailler, l’entreprise pourrait se retrouver rapidement en difficulté », explique Éric La Charité.

En phase de démarrage, une entreprise pourrait contracter une police pour l’entrepreneur, car il est habituellement le moteur du développement des affaires. Puis, quand la société prend sa vitesse de croisière et élargit son personnel, elle identifie ses employés clés et peut les assurer à leur tour, ajoute Michel Payette, directeur régional des ventes de produits d’assurance individuelle à la Financière Sun Life. « Dans tous les cas, si un évènement couvert par la police survenait, l’entreprise, lorsqu’elle est bénéficiaire de la police, recevrait une indemnité qui lui permettrait de faire face à ses obligations.»

Des avantages rassurants

Alors, un entrepreneur devrait-il favoriser une assurance vie, une assurance maladie grave ou une assurance invalidité pour lui-même et ses employés clés? « Tout dépend de ses besoins et des ressources financières qu'il peut consacrer aux protections, poursuit Éric La Charité. L’important est de bien identifier les risques les plus dommageables pour l’entreprise.»

En effet, chaque type de police contribue à protéger l’entreprise de façon différente. En plus de pallier les pertes de bénéfices découlant de l’absence de la personne clé, les prestations, généralement versées libres d’impôts, pourraient également servir à couvrir les dépenses liées à l’embauche d’un remplaçant. « Ces frais peuvent être considérables, précise Éric La Charité. Souvent, l’entrepreneur, à court de temps, devra faire appel aux services d’un chasseur de têtes pour pourvoir le poste. Le salaire offert au nouvel employé pourrait être plus élevé s’il est recruté auprès d’un compétiteur. Il faut aussi ajouter les frais de formation de la recrue.»

L’absence prolongée d’un collaborateur essentiel peut aussi vite bouleverser l’écosystème financier d’une entreprise, avertit Michel Payette. « Dans l’incertitude, des clients inquiets peuvent se tourner vers les concurrents, les fournisseurs exiger des délais de paiement plus rapides et les créanciers resserrer leurs conditions de crédit – hausse des taux d’intérêt, prêts limités, etc.»

Bien couvrir le risque

Pour estimer le montant de la police à souscrire, l’entrepreneur et son conseiller en sécurité financière additionneront donc l’ensemble des fuites potentielles de capitaux.

L’entrepreneur qui s’assure comme collaborateur essentiel prendra généralement une assurance vie plus élevée que pour un employé clé, et ce, afin de couvrir la facture fiscale qui découlerait de la liquidation de son entreprise.

Un pouvoir de rétention

Dans le cas d’une police souscrite pour un employé, l’entrepreneur souscrira généralement à une police de type temporaire, car un employé est toujours libre de partir. « Si jamais ce dernier quittait son poste, l’entreprise peut simplement cesser de verser les primes, ce qui met fin au contrat sans aucune autre obligation, dit Éric La Charité. La police peut aussi être transférée à l’individu, mais celle-ci devient alors un avantage imposable.»

Afin de retenir son employé clé, l’entreprise peut aussi lui offrir des protections supplémentaires – assurance vie, assurance invalidité ou maladie grave – dont il sera le bénéficiaire. « Cet avantage, qui devient alors imposable pour le travailleur, l’encouragera à rester. C’est donc un incitatif intéressant pour le long terme », illustre Michel Payette.

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