«Des réserves quant à la sélection des gazelles»


Édition du 18 Janvier 2014

«Des réserves quant à la sélection des gazelles»


Édition du 18 Janvier 2014

Photo: iStock

Sans s'opposer au programme de soutien des gazelles, les représentants des chefs d'entreprise ne cachent pas leurs réserves.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et les Manufacturiers et exportateurs du Québec (MEQ) s'inquiètent de la façon dont seront choisies les 300 entreprises à croissance rapide et de l'impression que ce choix laissera chez celles qui ne seront pas retenues. «Malheureusement, ce genre de sélection comporte toujours une part de subjectivité, dit Simon Prévost, président des MEQ. Comment parviendra-t-on à exclure l'aspect subjectif des critères ? Et est-ce qu'en faisant un tel choix, on n'en vient pas aussi à dire que les autres sont des perdantes ?» Partageant le même malaise, Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM, prévient que le succès de cette initiative dépendra en grande partie de la rigueur avec laquelle seront appliqués les critères de sélection. «Tout le processus devra être excessivement transparent afin de mettre ce programme à l'abri de tout favoritisme ou patronage politique.»

Pour ce faire, celui-ci affirme qu'une sélection rigoureuse ferait fi de tout critère «d'acceptabilité politique», comme l'imposition d'un nombre minimum d'entreprises par région ou de critères qui imposerait une juste représentativité de secteurs d'activité préétablis.

Et les véritables retombées?

Le Conseil du patronat, de son côté, s'interroge sur les véritables retombées que ce programme entraînera pour le Québec. «Nous ne pouvons pas être contre la vertu, explique Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat. Mais compte tenu des ressources humaines et financières qui seront monopolisées, nous sommes en droit de nous demander si c'est là le meilleur moyen de créer plus de richesse pour la province. [...] Ça traduit surtout une philosophie interventionniste du gouvernement avec laquelle nous ne pouvons être totalement d'accord.»

La vice-présidente pour le Québec de la FCEI, Martine Hébert, craint qu'en tentant de bien faire, en soutenant mieux un certain nombre d'entreprises privilégiées, le gouvernement en vienne à négliger l'amélioration de l'environnement d'affaires général.

«Pour aider la croissance de l'ensemble des entreprises, dit-elle, le gouvernement devrait d'abord chercher à améliorer l'environnement fiscal et réglementaire du Québec.»

Une béquille d'État

Enfin, Michel Leblanc, de la CCMM, conseille au gouvernement de prévoir dès le départ des «critères de sortie» du programme afin d'éviter l'accoutumance de certaines entreprises aux services prévus par ce programme.

Après un moment, explique-t-il, les entreprises doivent apprendre à voler de leurs propres ailes, à trouver par elles-mêmes le financement requis, que ce soit par une inscription en Bourse ou autrement. «La dernière chose dont nous avons besoin, prévient M. Leblanc, est de la création d'une nouvelle béquille d'État dont certains ne pourraient plus se passer.»

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