Un équilibre entre productivité et formation


Édition du 12 Décembre 2015

Un équilibre entre productivité et formation


Édition du 12 Décembre 2015

Service d’entretien Pro-Prêt a mis sur pied un DEP en entretien général d’immeubles avec l’École des métiers du meuble de Montréal. Cela lui permet maintenant d’offrir un service d’hommes à tout faire.

Même si elles poursuivent une mission sociale, les entreprises d'insertion doivent aussi être rentables. Comment y arriver, alors que le roulement de personnel est constant et que la formation se trouve au menu quotidien ?

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Maintenir le juste équilibre entre productivité et formation n'est pas simple. Richard Gravel, directeur général du Collectif des entreprises d'insertion du Québec, en sait quelque chose. Fondateur du Buffet Insère-Jeunes, une entreprise d'insertion de Montréal, il a été dans la peau du dirigeant devant jongler avec les commandes, tout en offrant un encadrement personnalisé à ses troupes. «Il faut apprendre à prévoir l'imprévisible. Car l'imprévisible arrive souvent !»

C'est d'autant plus important que la rentabilité est une condition sine qua non à la survie des entreprises d'insertion. Car, si Emploi-Québec finance toute la portion insertion, leurs revenus doivent couvrir leurs dépenses de fonctionnement, précise Richard Gravel. Les surplus, quand il y en a, sont investis directement pour appuyer la mission de ces organisations à but non lucratif. Ils pourraient servir à acheter de l'équipement plus performant, par exemple.

Au quotidien, les gestionnaires doivent donc prévoir un plan A, B et C... Que faire si un employé s'absente sans prévenir ? Ou si quelqu'un a la motivation dans les talons ? Il faut avoir sous la main un sous-traitant capable de venir à sa rescousse, une liste de personnes à appeler en cas d'urgence, jouer sur les délais de production.

L'innovation, incontournable

«Si, au bout de six mois, je n'ai pas atteint mes objectifs de vente ou de placement des participants, ça ne fonctionne pas. Il faut toujours arrimer les deux pour survivre», constate Maxim Lemay, directeur de la production et des ventes à l'Atelier la Cire-Constance, à Baie-Saint-Paul.

L'entreprise d'insertion accueille chaque année 24 participants en parcours d'insertion. Pour y arriver, elle est toujours à la recherche de solutions. «C'est difficile d'être très précis avec des délais de livraison, alors qu'on ne connaît pas la capacité de production de notre organisation.» Au lieu de préparer une seule commande, il préfère répartir le tout en plusieurs envois, malgré les coûts supplémentaires. Une façon d'avoir de la latitude, sans mettre ses clients dans l'embarras.

L'innovation est aussi au coeur de Service d'entretien Pro-Prêt. Alors qu'elle se bat avec 400 concurrents sur l'île de Montréal, l'entreprise d'insertion spécialisée dans les services d'entretien ménager commercial et industriel augmente ses parts de marché chaque année. Fondée en 1988, elle compte aujourd'hui plus de 150 clients et génère des revenus de 2,5 millions de dollars.

«On n'a pas le choix d'être avant-gardiste si on veut continuer de se développer», explique le directeur général de Pro-Prêt, Marcel Leduc. Pour répondre à la demande de sa clientèle, l'entreprise a mis sur pied un programme de diplôme d'études professionnelles (DEP) en entretien général d'immeubles avec l'École des métiers du meuble de Montréal. Un investissement de plusieurs milliers de dollars qui lui permet maintenant d'offrir un service d'hommes à tout faire.

Service hors pair et impact social

Avoir grandi petit à petit et proposer un excellent service ont aussi permis à Pro-Prêt de surfer sur la croissance. «Il faut se montrer convaincants, car les clients ont certains préjugés. Mais ce n'est pas parce que nous sommes une entreprise d'insertion que le travail sera moins bien fait. Au contraire !» lance Marcel Leduc. En plus du volet insertion, Service d'entretien Pro-Prêt chapeaute une entreprise d'économie sociale. Ainsi, l'entreprise compte sur un bassin d'employés permanents, formés régulièrement aux plus hauts standards de l'industrie.

C'est d'ailleurs ce qui les distingue de la concurrence : pour le même montant, les clients reçoivent un service d'aussi bonne qualité qu'au privé, ajoute Marcel Leduc. Avec, en prime, un impact social. «On met beaucoup l'accent sur la notion d'investissement collectif. Car chaque sou est réinvesti dans notre mission.»

C'est aussi en misant sur la qualité de ses produits que l'Atelier la Cire-Constance a su conquérir des clients d'envergure comme Fruits & Passion, qui compte une centaine de magasins au Québec. «Étant donné que nos travailleurs sont en train de développer leurs habiletés, il faut trouver des moyens de contrôler la fabrication pour s'assurer que le produit est conforme et répond aux standards, sans que les clients en ressentent les conséquences», explique Maxim Lemay. Comme dans les grandes entreprises, la production fait l'objet d'un processus de contrôle régulier et rigoureux. Une véritable marque de commerce !

Portrait des participants aux programmes d'insertion :

› 72 % ont moins de 35 ans

› 63 % n’ont pas terminé leurs études secondaires

› 39 % sont des immigrants

Source : Collectif des entreprises d’insertion du Québec, rapport annuel 2014

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