Ottawa ouvre la porte aux rumeurs dans l'industrie des télécommunications

Publié le 13/03/2010 à 00:00

Ottawa ouvre la porte aux rumeurs dans l'industrie des télécommunications

Publié le 13/03/2010 à 00:00

Par Alain McKenna

La volonté du gouvernement Harper de déréglementer le secteur des télécommunications mène les analystes à toutes sortes de spéculations, qui vont d'une vague de consolidation entre sociétés canadiennes à l'arrivée de géants étrangers.

" Le Canada est un des rares pays où les grands acteurs mondiaux, tels que Orange et Vodafone, sont absents ", dit Iain Grant, analyste du secteur des télécommunications pour le Seaboard Group.

Un meilleur accès au capital

En assouplissant les règles de propriété étrangère, le gouvernement fédéral permettrait aux nouveaux acteurs canadiens (Vidéotron, Globalive et Public Mobile entre autres) de recueillir du capital à l'étranger, dit M. Grant.

" Une entreprise comme Vidéotron pourrait s'associer à la société française Orange, par exemple. " Orange et Vidéotron ont un point commun important, note l'analyste : leur principal marché est francophone.

Toutefois, M. Grant doute que les grands acteurs étrangers investissent massivement pour s'implanter au Canada, car ils ont d'autres priorités plus urgentes.

" Les sociétés américaines AT&T et Verizon sont déjà débordées avec leurs réseaux nationaux. Elles n'ont certainement pas d'argent à investir dans le petit marché canadien, soutient M. Grant. Par contre, Orange et Vodafone, qui ont des ententes avec des sociétés américaines, pourraient être tentées d'investir au Canada. "

Pour les nouveaux acteurs canadiens du sans-fil, comme Vidéotron, Wind Mobile et Public Mobile, la possibilité de se joindre à un réseau mondial, dont les frais d'itinérance sont moins élevés, est attrayante, juge M. Grant.

Le retour de la fusion Bell-Telus

À la suite de la récente annonce du gouvernement fédéral, plusieurs analystes ont évoqué l'arrivée d'une vague de fusions et acquisitions au sein de l'industrie canadienne des télécommunications. " Nous croyons que les intentions du gouvernement pourraient se matérialiser, surtout que les Libéraux sont eux aussi en faveur d'éliminer certaines barrières ", écrit Vince Valentini, analyste de Valeurs mobilières TD, dans une note aux investisseurs. " Cela devrait convaincre les analystes et les investisseurs de considérer des probabilités d'acquisition plus élevées lorsqu'ils établiront leurs cours cibles à long terme ", ajoute-t-il.

M. Valentini est un des experts qui croient que les sociétés canadiennes chercheraient à s'unir pour ne pas être absorbées par une entreprise étrangère. Cogeco et MTS Allstream seraient les premières cibles d'acquisition, croit M. Valentini.

L'analyste torontois a aussi relancé la possibilité d'une fusion entre Bell et Telus.

" Leurs réseaux filaires et sans fil sont assez importants pour intéresser une société étrangère. Cela pourrait mener Bell et Telus à réfléchir plus rapidement à la réalisation d'une fusion qui les rendrait plus aptes à affronter un géant étranger. "

Pour sa part, Iain Grant écarte cette possibilité. " Avant l'annonce d'Ottawa, Bell et Telus ne pouvaient envisager qu'une fusion entre elles. Si le projet de déréglementation se concrétise, elles pourraient envisager de fusionner avec de nombreuses sociétés étrangères ", dit-il.

Compte tenu du fait que le gouvernement est minoritaire, Maher Yaghi, de Valeurs mobilières Desjardins, doute que la déréglementation s'étendera au-delà de la propriété des satellites, un créneau moins important.

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