Après le tabou, les déficits sont maintenant acceptés

Publié le 26/01/2009 à 00:00

Après le tabou, les déficits sont maintenant acceptés

Publié le 26/01/2009 à 00:00

Par La Presse Canadienne
La nouvelle façon de faire à Ottawa semble être devenue de dépenser beaucoup d'argent pour amortir le choc de la récession, sans s'inquiéter des déficits engendrés.

Cette nouvelle religion a été entièrement adoptée par les politiciens de toutes allégeances politiques, depuis la gauche jusqu'à la plus forte droite, et même par la Banque du Canada et des économistes du secteur privé.

Un mal devenu si secondaire que lorsque la semaine dernière le gouvernement de Stephen Harper a délibérément laissé savoir qu'il accuserait un déficit de 34 milliards $ et de 30 milliards $ au cours des deux prochaines années, l'opposition a dénoncé non pas la taille des déficits mais le fait que le bureau du premier ministre en ait informé les journalistes avant la présentation du budget, qui sera déposé mardi.

Il semble qu'il n'y ait plus que la population canadienne qui n'ait pas joint la nouvelle tendance.

Un sondage La Presse Canadienne-Harris Decima mené la semaine dernière a en outre révélé qu'à 48 pour cent, contre 44 pour cent, les répondants préféreraient qu'Ottawa prenne les mesures nécessaires pour éviter un déficit plutôt que d'augmenter les dépenses pour stimuler l'économie.

Un économiste chez Infometrica, Mike McCraken, estime que les résultats du sondage témoignent des années de propagande simpliste véhiculée par les politiciens.

"Il est possible de créer une désinformation, mais je pense que la population va rapidement comprendre que de tolérer des déficits est beaucoup plus facile que de vivre dans un monde où le gouvernement répète 'nous allons augmenter les impôts ou nous allons réduire certaines dépenses'", a-t-il souligné.

Même si les économistes ne sont pas tous aussi catégoriques en ce qui a trait à oublier les répercussions négatives d'un déficit budgétaire, ils estiment néanmoins presqu'à l'unanimité qu'un déficit actif représente un mal nécessaire dans les circonstances économiques d'aujourd'hui.

"Si vous êtes face à une récession qui entraîne de nombreuses pertes d'emploi et plusieurs faillites, alors il y a des avantages à accuser un déficit pour essayer d'empêcher que les choses ne continuent de se détériorer", a pour sa part souligné Dale Orr, économiste chez IHS-Global Insight.

L'économiste John Keynes est le plus célèbre promoteur de la dépense de fonds publics en temps de difficultés économiques, et ce, même si cela engendre des déficits temporaires. A la condition que les gouvernements économisent en revanche en temps de prospérité.

C'est justement cette contrepartie qui avait été oubliée au cours des années 1970, 1980 et au début des 1990, a rappelé Derek Holt, de la Banque Scotia, ce qui a donné suite à des déficits dans l'économie canadienne et des conséquences désastreuses pour les Canadiens. M. Holt rappelle que le gouvernement d'alors avait peu de ressources pour combattre la récession de 1990-1992 en raison de l'importance du déficit de l'époque.

"Le gouvernement n'a pu que réduire ses dépenses de façon draconienne tout en haussant les impôts et les taxes, ce qui aurait fait retourner Keynes dans sa tombe", a dit M. Holt.

Si les économistes ne s'inquiètent pas de revivre le même scénario cette fois-ci, c'est qu'ils prévoient que l'encre rouge sera inscrite aux dossiers du gouvernement pendant au maximum une demi-douzaine d'années, et qu'Ottawa se trouve en bien meilleure posture pour absorber les frais d'intérêts qui ont depuis augmenté.

Le vrai danger, ont souligné les économistes, serait qu'Ottawa tombe dans le piège d'apporter des changements permanents à ses dépenses ainsi qu'à sa structure fiscale, faisant en sorte que le pays demeure en déficit même une fois que l'économie se sera redressée.


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