L'incroyable histoire de la découverte d'Éléonore

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Avril 2017

L'incroyable histoire de la découverte d'Éléonore

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Avril 2017

Par François Normand
La mine Éléonore de Goldcorp, à la Baie-James.

La mine Éléonore de Goldcorp, à la Baie-James.

Nul n'est prophète en son pays. L'adage résume à merveille la quête de treize ans qui a permis au géologue André Gaumond et à son équipe de découvrir le gisement d'or à l'origine de la mine Éléonore de Goldcorp, à la Baie-James.

L'histoire commence au début des années 1990. À l'époque, plusieurs sociétés minières canadiennes font de l'exploration à l'étranger, notamment en Afrique. Une bonne partie de l'industrie juge que le Canada a relativement peu de potentiel minier. André Gaumond pense tout à fait le contraire.

À ses yeux, la région de la Baie-James a beaucoup de potentiel parce qu'elle a une formation rocheuse similaire à celle du Cercle de feu, une région minière du nord de l'Ontario riche en différents minerais, dont l'or.

«Les deux régions sont à la même latitude [le 52e parallèle nord]. Je ne voyais pas pourquoi il n'y aurait pas eu d'or du côté québécois», dit M. Gaumond, aujourd'hui vice-président principal, développement du Nord-du-Québec et administrateur chez Redevances Aurifères Osisko. Cette société détient des redevances de 2,0 à 3,5 % sur la mine Éléonore. À l'époque, M. Gaumond était à la tête de Mines Virginia (achetée en 2014 par Osisko), une entreprise qu'il avait fondée au début des années 1990.

Ses travaux de prospection à la Baie-James lui permettent d'abord de découvrir plusieurs indices, tels que la présence de grains d'or dans la terre. «Tout ça me confirmait qu'on était dans un bon secteur, comme en Abiti», confie-t-il.

Les travaux progressent. Le hic, c'est que Mines Virginia trouve de l'or chaque année, mais en quantité insuffisante pour justifier la construction d'une mine à un endroit donné.

André Gaumond et son équipe continuent à faire de la prospection sur le terrain. Les découvertes récurrentes d'indices permettent de conserver l'intérêt des investisseurs.

Ceux-ci continuent à investir dans Mines Virginia, mais la situation donne des maux de tête au géologue. À certains moments, il doute. Cependant, il se garde d'en parler à son équipe. Seule sa femme est au courant de ses questionnements.

Il fallait soutenir le moral des troupes, confie M. Gaumond. «C'est un peu comme Wayne Gretzky. Parfois, je suis certain que cela ne lui tentait pas de jouer un match, mais il gardait ça pour lui», lance-t-il aujourd'hui.

Il faudra attendre 2003 pour que se présente enfin un espoir sur lequel bâtir. Cette année-là, le géologue fait une découverte intéressante dans la zone dite Roberto, en bordure d'un réservoir d'Hydro-Québec.

«On a trouvé un bloc erratique. On l'a analysé au microscope et on l'a comparé à un échantillon du gros gisement d'or Hemlo, en Ontario. On a vu des similarités», dit-il.

À l'été 2004, l'équipe de Mines Virginia retourne au même endroit, mais elle a encore des doutes. Aussi intéressante que soit cette découverte, rien n'indique que ce dépôt a le potentiel de devenir une mine.

«Il y avait un risque que cela se termine avec un potentiel de 300 000 onces d'or, ce qui est insuffisant pour justifier la construction d'une mine. Il fallait que le potentiel soit supérieur à 1 million d'onces», souligne André Gaumond.

Finalement, après plusieurs forages et analyses, l'espoir se confirme. André Gaumond et son équipe ont gagné le gros lot : le dépôt contient un potentiel de 9 millions d'onces d'or.

En 2006, Goldcorp achètera le gisement aurifère pour un demi-milliard de dollars canadiens. Huit ans plus tard, en 2014, la mine Éléonore commençait à produire. Une mise en production qui, à elle seule, aura coûté deux milliards de dollars.

Avec, en amont, beaucoup de patience, de détermination et d'entêtement.

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