Altoria: menace de poursuites de 30M$

Publié le 06/06/2011 à 19:50, mis à jour le 07/06/2011 à 11:16

Altoria: menace de poursuites de 30M$

Publié le 06/06/2011 à 19:50, mis à jour le 07/06/2011 à 11:16

Par Hugo Joncas

[Photo : Gilles Delisle]

Kevric, promoteur du projet de gratte-ciel Altoria, à Montréal, menace de poursuivre pour « au moins 30 millions de dollars » un groupe de voisins qui tentent d’empêcher la construction de la tour. Leur avocat dénonce ce qu’ils considèrent comme une « tentative d’intimidation ».

Le promoteur a lancé les travaux début mai à la Place Victoria, dans le Quartier international de Montréal.

Pour construire cet immeuble mixte de bureaux et de copropriétés de 35 étages, Kevric a dû obtenir l’autorisation du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Son emplacement se trouve dans le même îlot que le Unity I, un monument historique reconnu par Québec, qui abrite aujourd’hui 88 unités de copropriétés.

Plusieurs résidants de l’immeuble de 10 étages se retrouveront à l’ombre une fois l’Altoria terminé. Le syndicat du Unity I tente donc de faire annuler l’autorisation du Ministère. Des auditions sur cette requête doivent avoir lieu en décembre. Le syndicat a également demandé une ordonnance de sauvegarde pour faire cesser les travaux, entamés depuis quelques semaines. Sans succès.

Kevric a répliqué en envoyant le 2 juin une mise en demeure à chacun des membres du syndicat de copropriété du Unity I. Le promoteur les somme de retirer leur demande d’annulation au Ministère. Sans quoi, mentionne la mise en demeure, le promoteur « n’aura d’autre alternative que de tenir tous et chacun [sic] des copropriétaires du Unity Building responsables de ces mêmes dommages qu’elle subit en date des présentes et qui sont estimés à une somme d’au moins de 30 millions de dollars ».

Kevric allègue que les motifs du syndicat « sont dénués de tout fondement » et cause « des préjudices sérieux et irréparables » au promoteur. « Le client est en processus de vente des copropriétés, dit Francis Rouleau, avocat dans le dossier au cabinet Blakes. Avec la publicité qui s’ensuit, ça va poser problème ».

Le promoteur affirme aussi qu’une délégation du syndicat de copropriété s’est rendue à son bureau de vente pour répandre la fausse rumeur selon laquelle le projet Altoria allait être « définitivement suspendu ».

« Démarche d’intimidation »

Pour l’avocat du syndicat, Jean Lozeau, « c’est clairement une démarche d’intimidation ». « Ils tentent de leur tordre le bras. »

Selon lui, la tentative de Kevric est vaine, puisque le juge en chef adjoint a déjà autorisé le cheminement de la requête pour contester l’autorisation du Ministère, déposée par le syndicat, dont les motifs sont jugés sérieux.

Son avocat souligne que le Ministère a à plusieurs reprises interdit des constructions en hauteur dans cet îlot. Le syndicat reproche aussi à Québec de ne pas l’avoir informé à temps de cette autorisation et de lui avoir transmis une copie caviardée de l’analyse du Ministère, ce qui l’empêchait d’avoir accès à l’information et de faire valoir son point de vue.

L’avocat Jean Lozeau souligne en outre que Kevric vendait des unités de copropriétés bien avant d’avoir obtenu l’autorisation de construire du Ministère, le 10 mars. En fait, en novembre 2010, le pdg de Kevric, Richard Hylands, mentionnait déjà à Les Affaires que « les ventes de condos [allaient] très bien ».

Poursuite intéressée?

De leur côté, les avocats de Kevric affirment que le président du syndicat du Unity I, Federico Bizzotto, agit en fait pour protéger ses propres intérêts dans le secteur. Promoteur des immeubles Unity I, Unity II et Le U, il est un concurrent de Kevric dans le marché de la copropriété dans le quartier. En 2008, il s’est vu refuser par le Ministère une autorisation pour construire 20 étages dans le cadre de son projet Le U, adjacent au Unity I.

Le président du syndicat n’a pas voulu commenter, mais a tenu à préciser que ses activités de promoteur « n’ont aucun rapport » avec ses démarches contre le projet Altoria. Son avocat affirme même qu’il avait fait cette demande de construction de 20 étages afin de « tester » la Loi sur les biens culturels.

La tour mixte que veut construire Kevric à la place Victoria comprend 35 étages. Les 25 étages supérieurs abriteront 152 unités de copropriétés, alors que les dix étages inférieurs seront aménagés en espaces de bureaux, avec une entrée séparée au rez-de-chaussée. La partie commerciale fera 230 000 pieds carrés.

Estimés à un peu plus de 100 millions, les travaux, réalisés en fonction de la certification écologique LEED, ont commencé début mai. Les premiers locataires n’emménageront pas avant fin 2013, si tout va bien.


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