Une récession aux États-Unis n'est pas «inévitable», affirme la secrétaire au Trésor

Publié le 20/06/2022 à 07:43

Une récession aux États-Unis n'est pas «inévitable», affirme la secrétaire au Trésor

Publié le 20/06/2022 à 07:43

Par AFP

La secrétaire au Trésor américain Janet Yellen a pointé du doigt la guerre menée par la Russie en Ukraine comme l'une des raisons pour expliquer ces hausses des prix de l'alimentation et des carburants. (Photo: Getty Images)

Washington — La secrétaire au Trésor américain Janet Yellen a affirmé dimanche qu'une récession n'était pas «inévitable» aux États-Unis, quelques jours après une nouvelle hausse des taux directeurs de la banque centrale américaine qui laisse craindre la perspective d'une contraction économique.

«Je ne pense pas qu'une récession est inévitable», a déclaré Mme Yellen sur la chaîne ABC News, concédant cependant s'attendre «à ce que l'économie ralentisse» dans le cadre d'une transition vers une «croissance lente et stable».

L'hypothèse d'une récession aux États-Unis prend de l'ampleur après la décision historique mercredi de la banque centrale (Fed) de relever ses taux directeurs de trois quarts de points, dans le but de juguler une inflation galopante. 

«Le président (de la Fed) Powell a déclaré que son objectif était de réduire l'inflation tout en maintenant un marché de l'emploi fort. Cela va demander du talent et de la chance, mais je crois que c'est possible», a déclaré la secrétaire au Trésor, qualifiant le niveau d'inflation d'«inacceptable». 

«C'est la priorité du président Biden de la réduire», a souligné Mme Yellen.

La secrétaire au Trésor a pointé du doigt la guerre menée par la Russie en Ukraine comme l'une des raisons pour expliquer ces hausses des prix de l'alimentation et des carburants.

Le principal conseiller économique de la Maison-Blanche, Brian Deese, a affirmé de son côté dimanche sur CBS News que les États-Unis devaient chercher à obtenir «une croissance stable, sans effacer tous les gains économiques incroyables» réalisés.

Mercredi, le président de la Fed Jerome Powell a assuré que l'institution n'essayait pas «d'induire une récession», mais de «ramener l'inflation à 2%», et de conserver «un marché du travail solide».

 

«Deux ans» pour juguler l'inflation

La Fed table désormais sur 5,2% d'inflation cette année, quand elle anticipait encore 4,3% lors de sa réunion de mars. Parallèlement, elle prévoit une croissance de 1,7% seulement, contre 2,8% précédemment.

«Il va falloir deux ans» pour ramener l'inflation à 2%, a estimé dimanche la présidente de la Fed de Cleveland, Loretta Mester, lors d'une interview sur la chaîne CBS.

Elle a insisté sur la nécessité de «modérer la demande» pour qu'elle soit mieux alignée avec l'offre, mais elle ne «prédit pas de récession».

L'économie américaine a d'ores et déjà ralenti avec une contraction de 1,5% du PIB au premier trimestre, et le ralentissement semble se poursuivre dans certains secteurs comme l'industrie manufacturière, l'immobilier et les ventes au détail.

Une enquête de l'institut Conference Board a récemment révélé que 76% des 750 patrons interrogés considéraient soit qu'une récession se profilait à l'horizon, soit qu'elle était déjà effective.

Ancien secrétaire au Trésor entre 1999 et 2001, Larry Summers considère de son côté que l'hypothèse de récession de l'économie américaine «d'ici la fin de l'année prochaine» est la plus «probable».

«Tous les précédents historiques laissent penser à une récession», a ajouté dimanche sur NBC l'ancien ministre de Bill Clinton.

Mais l'actuelle secrétaire au Trésor Janet Yellen voit des raisons d'espérer qu'une récession ne se concrétise pas, notamment grâce aux dépenses des consommateurs. 

«Il est clair que la plupart des consommateurs — même les ménages à plus bas revenu — continuent de disposer d'économies qui peuvent servir de tampon et qui leur permettront de continuer de dépenser», a-t-elle soutenu sur ABC News.

La ministre a en outre avancé que le marché de l'emploi était également «très fort», «sans doute le plus fort» depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

Gel temporaire

Face aux inquiétudes des ménages américains, Janet Yellen a considéré qu'un gel temporaire des taxes fédérales sur les carburants à la pompe représente «une idée qui vaut le coup d'être envisagée».

Sur CNN, la ministre de l'Énergie Jennifer Granholm a affirmé dimanche qu'un tel gel représentait «l'un des outils» envisagés pour diminuer l'inflation, mais qu'«en premier lieu», le gouvernement souhaitait augmenter l'offre en carburants — notamment en demandant aux pays producteurs de pétrole d'accroître leur production.

«Nous savons que ce sera un été rude», avec la saison des vacances venant «juste de commencer», a affirmé la ministre à propos des prix des carburants. «Nous savons qu'il y aura une pression continue à la hausse sur la demande», a-t-elle ajouté.

Interrogée sur la levée des surtaxes douanières imposées sur des produits chinois sous Donald Trump, Janet Yellen a par ailleurs déclaré que les États-Unis réfléchissaient à en modifier certaines.

«Les surtaxes dont nous avons hérité, certaines n'ont aucune visée stratégique et augmentent les coûts pour les consommateurs. Donc nous en paramétrons certaines pour qu'elles aient plus de sens.»

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