Vous venez de manger du saumon génétiquement modifié...

Publié le 07/08/2017 à 13:54

Vous venez de manger du saumon génétiquement modifié...

Publié le 07/08/2017 à 13:54

Peut-être. Sans le savoir. Sans vous en rendre compte. Vous en avez mangé. Cette fin de semaine. Ce midi. C’est possible. L’entreprise Aquabounty a annoncé vendredi dernier qu’elle avait vendu 4 535 kg de filets de saumon génétiquement modifié sans étiquetage et sans préciser à quel détaillant. Mais c'est sans danger, assurent les autorités sanitaires.


Avec l'arrivée au Canada des premiers saumons génétiquement modifiés dans les assiettes des consommateurs, les écologistes ont dénoncé lundi l'absence d'un étiquetage obligatoire en demandant aux supermarchés de les retirer de la vente.


«Le premier animal génétiquement modifié arrive sur le marché et les consommateurs canadiens deviendront, à leur insu, les premiers cobayes», a souligné lundi Thibault Rehn de Vigilance OGM.


Vendredi, la société américaine AquaBounty Technologies avait annoncé la vente «d'environ cinq tonnes de filets de saumon» transgénique sur le marché canadien, après avoir obtenu en mai le feu vert des autorités sanitaires.


Le ministère de la Santé et l'Agence canadienne des aliments (ACIA) avaient au printemps estimé que ce saumon «est aussi sain et nutritif pour les humains et le bétail que le saumon classique».



« Nous sommes choqués de découvrir qu'ils sont arrivés »


«AquaBounty n'a pas révélé où ces filets de saumon OGM ont été vendus et nous sommes choqués de découvrir qu'ils sont arrivés actuellement sur le marché», a déploré Lucy Sharrat du Réseau canadien d'action sur les biotechnologies (RCAB).


Ces saumons transgéniques sont élevés au Panama et la société AquaBounty cherche à en produire directement depuis l'ïle-du-Prince-Edouard, à l'est du Canada.


L'organisation environnementale Ecology Action Centre (EAC) avait fin juillet dénoncé l'accord donné par le gouvernement provincial à la construction d'une ferme aquacole alors que le ministère fédéral de la Santé n'avait pas donné son feu vert.


Défiance grandissante?


Le saumon transgénique conçu par la société américaine AquaBounty contient un gène d'hormone de croissance qui lui permet de grossir plus rapidement que les autres saumons.


Il peut atteindre sa taille adulte au bout de 16 à 18 mois, au lieu de 30 mois pour un saumon de l'Atlantique, dont il est issu et auquel a été greffé un gène de l'hormone de croissance du saumon quinnat du Pacifique (chinook).


Les organisations de consommateurs et écologistes tentent de persuader les grands distributeurs de refuser la commercialisation du saumon transgénique. Le géant américain de la distribution Cotsco avait indiqué fin 2016 qu'il ne proposerait pas ce produit dans ses supermarchés.


En janvier, c'était au tour de la haute direction de Metro de prendre l’engagement formel de ne jamais vendre de saumons modifiés dans ses marchés d’alimentation. «Il n’y aura pas de saumon avec OGM chez Metro», avait déclaré sans équivoque son président, Éric Richer La Flèche, à l’occasion de son assemblée annuelle des actionnaires.



Un droit bafoué?


L'organisme québécois rappelle qu’à l’heure actuelle seuls le Canada et les États-Unis ont accepté la consommation humaine. Mais nos lois manquent encore de poigne, de matûrité, estime Sylvain Charlebois, doyen de la Faculté de management de l’Université Dalhousie, qui ouvrira la conférence Fraude alimentaire des Événements Les Affaires, le 12 septembre prochain.


«L’étiquetage obligatoire des OGM devient de plus en plus urgent au Québec. Le gouvernement Couillard devrait l’annoncer dans sa future politique bioalimentaire attendue pour novembre prochain», déclare Thibault Rehn. «Combien de temps encore les libéraux vont-ils refuser ce droit aux Québécois, alors qu’ils l’avaient promis en 2003 ?»



« Les libéraux l’avaient promis en 2003 »


Vigilance OGM soutient par ailleurs qu'Ottawa n’a pas encore conduit d'évaluation des risques environnementaux découlant de la production de ce saumon génétiquement modifié, vis-à-vis des espèces sauvages par exemple. «L’évaluation faite par Santé Canada pour la consommation humaine, elle fut principalement basée sur les études fournies par l’industrie sans que l’on puisse avoir accès aux données».


Et Vigilance OGM de demander de l'aide à convaincre Québec d'imposer l'étiquetage, notamment en passant un petit coup de téléphone à M. Couillard.


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