Jean-Paul Gagné : La grande leçon du PCAA

Publié le 26/02/2009 à 00:00

Jean-Paul Gagné : La grande leçon du PCAA

Publié le 26/02/2009 à 00:00

Par Jean-Paul Gagné

Dossier spécial sur la Caisse

Il a en effet occasionné une charge comptable de 5, 9 milliards de dollars (5,9 G$), représentant 44,7 % des 13,2 milliards de PCAAs qu’elle détenait à l’été 2007.

À elle seule, cette charge est responsable de la perte de un point de pourcentage sur le rendement moyen de la Caisse pendant les cinq dernières années. À cause des PCAAs, ce rendement a été de 3,1 % par année, au lieu de 4,1 %. Cette dégringolade a fait passer le rendement de la Caisse au troisième quartile parmi les grandes caisses de retraite au Canada, au lieu du deuxième quartile, s'il n'y avait pas eu les PCAAs.

Sur cette somme de 5,9 G$, la perte réalisée a été de moins de 300 millions de dollars. Le reste, soit 5,6 G$, est pour l’instant une provision pour perte éventuelle. Les actifs derrière ces PCAAs sont des prêts hypothécaires, des soldes de cartes de crédit et d’autres titres de dettes, dont la grande majorité seraient de très bonne qualité.

Comptabilité à la valeur au marché

Alors, direz-vous, pourquoi avoir pris autant de provisions pour pertes éventuelles ?
Tout simplement, parce que la Caisse de dépôt est une « société de gestion de placements » et que les règles comptables l'obligent à établir la valeur de leurs placements à une date donnée (tel le 31 décembre) sur la base de ce que donnerait le marché si ces placements étaient liquidés à cette même date.

Il se peut, donc, que le marché donne, dans quelques années, à ces PCAAs une valeur plus grande que celle établie le 31décembre dernier et que la Caisse puisse inscrire des gains dans les résultats qui seront alors publiés.

Depuis que le règlement sur les PCAA a été signé en janvier, la Caisse reçoit des intérêts sur les PCAAs qu’elle possède. Il est donc possible que la provision soit amplement suffisante pour absorber la perte éventuelle qui proviendra de ces titres ou même que cette provision soit plus grande que nécessaire.

Meilleure gestion des risques

La grande leçon que tire la Caisse de son aventure dans les PCAAs est la nécessité d'une meilleure gestion de ses risques. On exigera désormais l’appui de deux agences de notation pour tous les titres de marché monétaire, y compris les PCAAs. On s’était contenté de l’évaluation d’une seule agence, DBRS. Ce fut une grave erreur.

On imposera un plafond à ce genre de placement. Il n’y en avait pas, ce qui a amené les gestionnaires des titres de dette à court terme d’investir massivement dans les PCAAs.

On resserrera aussi le processus d’approbation de nouvelles activités de placement. On prévoira les scénarios extrêmes, ce qui n'avait pas été fait. On devra ajouter des experts qualifiés pour superviser ces placements.

Croyez-vous que la Caisse a appris de ses erreurs ?

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