Enjeu 5 - L'aviation perçue comme une vache à lait

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Décembre 2014

Enjeu 5 - L'aviation perçue comme une vache à lait

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Décembre 2014

Par Martin Jolicoeur

L’industrie aérienne est une vache à lait trop souvent mise à contribution, disent ses représentants, notamment en raison des taxes sur le carburant.

Le problème n’est pas nouveau, mais il atteindrait des niveaux inégalés. « Les gouvernements du monde entier voient l’aviation comme une source facile de financement », soutenait en juin à Doha le président d’Air Canada, Calin Rovinescu, devenu ce même jour président du conseil d’administration de l’Association internationale du transport aérien (IATA).


Lire tous les enjeux : Ce qui empêche les compagnies aériennes de dormir


Qualifiant l’augmentation des taxes d’« épidémique », M. Rovinescu soutient que les responsables de ces politiques ne se rendent pas toujours compte de l’apport de l’industrie aérienne dans leur communauté. Chaque dollar dépensé par l’industrie, soutient celle-ci, en générerait jusqu’à sept autres. Au Canada, selon l’IATA, l’industrie aérienne injecte annuellement quelque 42,3 G$ US, ou 2,8 % du PIB.


Longtemps dénoncée, cette lourdeur administrative se serait amplifiée au fil des ans. À tel point que l’Ontario s’est méritée tout un passage lors du discours d’ouverture de la dernière assemblée générale annuelle de l’IATA, au printemps. Peu de temps avant, le gouvernement ontarien avait décrété que sa taxe aérienne sur le carburant passerait de 4 à 6,7 cents le litre, représentant un total de 100 millions de dollars de revenus supplémentaires par année provenant de l’industrie aérienne.


Décriée autant par les compagnies aériennes que par les gestionnaires des aéroports – qui usent aussi de leur pouvoir d’imposer des frais aux usagers et aux compagnies aériennes au Canada – ce genre de décision ferait perdre des millions de passagers canadiens par année au profit d’aéroports américains.


Au contraire de gouvernements au Canada, certains autres à l’étranger commenceraient à se ranger derrière les arguments des compagnies aériennes en abolissant de tels droits. C’est le cas de l’Irlande du Nord, qui a supprimé ses frais sur tous les vols en provenance de chez elle pour protéger sa seule liaison directe entre Belfast et les États-Unis.


L’Australie a aussi reculé en renonçant à son projet d’augmenter annuellement sa taxe touristique, suivant l’inflation, pour financer ses efforts de marketing, comme le fait entre autres l’industrie hôtelière du Québec.


Le cas de l’Ontario n’est pas unique, déplore l’IATA, soutenant que la Jamaïque a doublé sa taxe touristique, imposant ainsi à ses visiteurs une ponction supplémentaire de 22 M$ US par année. L’exemple de l’Inde ne serait pas rose non plus, abusant selon l’industrie de taxes sur les billets, le carburant, les aéroports et les services de navigation aériens.


En Afrique, il est question d’imposer une taxe dite « de solidarité ». Neuf pays ont suivi l’exemple de la France et ont implanté des droits sur le transport aérien pour lutter contre les virus du sida, de la malaria et de la tuberculose. L’industrie encourage les pays à recourir à des dons volontaires plutôt que de s’en prendre à leur clientèle.


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Notre journaliste a été reçu par l’IATA à l’occasion de son Global Media Day, événement tenu à Genève le 10 décembre.


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