Les banques françaises encore malmenées

Publié le 12/09/2011 à 08:20, mis à jour le 12/09/2011 à 08:22

Les banques françaises encore malmenées

Publié le 12/09/2011 à 08:20, mis à jour le 12/09/2011 à 08:22

Par AFP

Photo : Bloomberg

Les banques françaises ont été lundi de nouveau pilonnées en Bourse malgré une série d'annonces de la Société Générale, des déclarations du gouverneur de la Banque de France et un appel de BNP Paribas à relativiser une éventuelle dégradation par l'agence de notation Moody's.

Dès les premiers échanges, les trois grandes banques françaises cotées lâchaient plus de 10%. Vers 13H20 (7h20, heure de Montréal), Société Générale perdait 8,57% à 15,95 euros, BNP Paribas 13,67% à 25,75 euros et Crédit Agricole 9,42% à 4,89 euros.

Le mouvement a été alimenté par la rumeur d'un abaissement de la note de ces trois banques par l'agence Moody's, qui avait brandi cette menace il y a trois mois.

Cible favorite des marchés depuis plus d'un mois, la Société Générale avait communiqué avant l'ouverture de la séance, annonçant un plan d'économie et une accélération de la vente de ses actifs indésirables achetés avant la crise.

Un message qui n'a eu que peu d'effet sur sa trajectoire boursière. Depuis le 1er juillet, le titre de la banque rouge et noire a perdu 62%.

"Nous nous attendions à une journée difficile lundi, il ne fallait pas être grand clerc", a expliqué le PDG Frédéric Oudéa, dans un nouvel exercice de pédagogie qui a duré plus d'une heure.

"Les chiffres vont progressivement être digérés par le marché" et "vont lever beaucoup de craintes tout à fait infondées", a professé M. Oudéa, tout en affirmant que sa banque n'avait pas enregistré de fermetures de comptes ou de retraits de fonds exceptionnels.

Dans la foulée, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a assuré que "les banques françaises n’ont ni souci de liquidité (financement), ni problème de solvabilité".

"Quel que soit le scénario grec (...), les banques françaises ont les moyens d’y faire face", a-t-il ajouté.

Quant à BNP Paribas, il a insisté sur le fait qu'en cas d'abaissement de sa note, il figurerait toujours parmi les banques les mieux notées au monde.

Mais cette succession de prises de paroles n'a pas pesé lourd face à l'accumulation des mauvaises nouvelles qui se poursuit depuis un mois.

Aux craintes initiales sur les conséquences d'une contagion de la crise grecque sont venues s'ajouter des inquiétudes sur l'accès des banques européennes au financement en dollars et sur l'effet d'un fort ralentissement économique pressenti en Europe et aux États-Unis.

À court terme, aucun élément nouveau ne semble de nature à calmer les marchés, qui continuent à réclamer aux banques européennes une augmentation de leurs fonds propres.

"Les banques françaises n'ont pas de problème de capital", a répliqué lundi M. Oudéa.

En outre, pour Gunther Capelle-Blancard, directeur-adjoint du Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales) et professeur à Paris-Sorbonne, il est même possible que l'annonce éventuelle d'une augmentation de capital "déclenche la panique", car "l'effet de signal ne serait pas très bon".

En théorie, le cours de Bourse n'a pas de relation directe avec l'activité d'une entreprise, mais les banques ne sont pas des sociétés comme les autres.

Elles sont, par nature, beaucoup plus fragiles car elles sont en recherche perpétuelle de financement et de liquidités, ce qui suppose d'avoir la confiance des marchés.

La perdre mène à la faillite en quelques heures, comme l'ont montré les exemples des banques d'affaires américaines Bear Stearns ou Lehman Brothers, en 2008.

"On n'en est pas là", tempère M. Capelle-Blancard, tout en admettant que "la plupart des observateurs n'excluent pas aujourd'hui la quasi-faillite d'une banque européenne".


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