Comment investir en milieu de carrière

Publié le 08/05/2017 à 10:28

Comment investir en milieu de carrière

Publié le 08/05/2017 à 10:28

Les conseils en placement abondent pour les gens qui débutent tout juste leur carrière, ainsi que pour ceux qui s'apprêtent à prendre leur retraite.

Mais pour les investisseurs en milieu de carrière, qui sont dans la quarantaine et la cinquantaine, il n'y en a pas autant. Les travailleurs qui en sont à ce stade de leur vie peuvent se trouver dans leurs années de salaire optimal et pourraient donc avoir des besoins financiers plus complexes que leurs collègues plus jeunes. Par ailleurs, les investisseurs en milieu de carrière jonglent souvent entre les exigences financières des études et de la retraite. Ce n'est pas une tâche simple, surtout si vous considérez les coûts élevés qui y sont associés, ainsi que la complexité qu'il y a à calibrer deux cagnottes séparées ayant des échéances différentes. 

Même ainsi, on est souvent moins bien informé sur la manière dont devraient investir les accumulateurs en milieu de carrière et la manière de gérer leurs finances par rapport à leurs homologues plus ou moins âgés. Comme ceux qui sont dans la vingtaine ou trentaine, les accumulateurs en milieu de carrière disposent encore d'un bon capital humain et d'une bonne capacité de gagner du revenu. Et avec un parcours de 15 à 20 ans, et sans doute aussi un autre 25 à 30 ans pendant la retraite, ils peuvent généralement se permettre de prendre beaucoup de risque boursier avec leurs portefeuilles de placement. Parallèlement, les gens qui en sont à ce stade de leur vie peuvent subir des incidents de parcours qui affectent leurs finances et dont ils ne se remettent jamais entièrement : une condition médicale débilitante qui limite l'exercice de leur travail, par exemple, ou un congé pour prendre soin de parents âgés.

Voici quelques priorités à garder à l'esprit si vous êtes un épargnant en milieu de carrière voulant vous assurer d'être sur la bonne voie en matière de finances et de placements. 

Protégez votre capital humain

Investir dans le capital humain, par le biais d'une éducation ou d'une formation supplémentaire, est assez facile pour les accumulateurs en début de carrière. Si vous pouvez accroître votre capacité de gagner du revenu avec ce type d'investissement, il vous reste beaucoup de temps avant la retraite pour en profiter. Les calculs ne sont pas aussi simples quand on vieillit, ce qui justifie pourquoi les études onéreuses de médecines et de MBA ne regorgent pas de gens au-delà de la quarantaine. Un revenu plus élevé à vie peut ne pas contrebalancer les dépenses et le temps consacrés à ces formations dispendieuses plus tard dans la vie.

Pourtant, les accumulateurs en milieu de carrière devraient continuer d'investir dans leur propre capital humain, en tirant parti des avantages qu'apportent les programmes et les conférences de formation continue pour accroître leurs compétences, améliorer leur réseautage et tout simplement rester à la pointe des dernières nouvelles et développements au sein de leur domaine. Et quel que soit votre domaine, rester en phase avec les avancées technologiques, dans votre profession ou après le travail, est une manière cruciale de vous assurer de rester branché.

Équilibrez le financement d'études avec d'autres objectifs

Équilibrer le financement des études et l'épargne-retraite est sans doute le plus grand défi financier auquel font face de nombreux accumulateurs en milieu de carrière. Beaucoup de parents sont tiraillés par le besoin de subvenir aux frais de scolarité de leurs enfants. Mais les frais d'université sont un fardeau bien plus lourd qu'il y a dix ans : les frais de scolarité ont augmenté plus vite que l'inflation : près de 4 % par an au cours des 10 dernières années, et la facture moyenne pour les frais de scolarité et dépenses pour l'année scolaire 2016-2017 était d'environ 7 250 $ selon Statistique Canada, et certains programmes peuvent être encore plus onéreux! En attendant, avec la baisse du ratio des années de travail par rapport aux années de retraite, ceux qui épargnent prudemment pour la retraite auront besoin d'un plan pour une durée de retrait d'au moins 25-30 ans, ce qui nécessite un bon pécule. David Blanchett de Morningstar Investment Management a suggéré que ceux qui épargnent pour la retraite ciblent 25 fois leur montant initial désiré d'économies pour la retraite.

Comment concilier ces différents objectifs financiers? Je recommanderais de mettre la préparation à la retraite au centre de votre plan financier, pour la raison bonne et simple que si la retraite approche et que votre épargne-retraite est insuffisante, vous aurez moins d'options que si votre enfant approche de la fin des études secondaires et que vous n'avez pas mis d'argent de côté pour ses frais de scolarité et ses dépenses. Votre enfant pourrait envisager d'aller au collège communautaire local pendant les deux années suivantes, par exemple, une option à laquelle souscrivent de plus en plus de familles depuis la crise financière. 

Servez-vous de calculatrices du revenu de retraite canadienne, par exemple celle du gouvernement du Canada et peut-être des conseils individuels d'un conseiller financier pour évaluer la viabilité de votre taux d'épargne actuel. Si vous semblez en bonne voie et que votre budget vous le permet, vous pouvez envisager de consacrer une partie de vos économies au financement des études. Les régimes enregistrés d'épargne études offrent une croissance en franchise d'impôts, ainsi qu'un généreux versement complémentaire du gouvernement fédéral, comme l'explique cet article.

Protégez ce que vous avez

Plus vous amassez d'actifs, plus il est important de protéger ce que vous avez. Les mêmes genres d'assurance qui étaient utiles dans la vingtaine et la trentaine -- assurance habitation et assurance vie si vous avez des enfants mineurs -- demeurent tout aussi essentiels lorsque vous êtes dans la quarantaine ou la cinquantaine. Les propriétaires devraient aussi envisager une assurance de responsabilité civile pour les couvrir au cas où un accident ou autre incident se produisait sur la propriété, ainsi qu'une assurance complémentaire pour la protection des objets de valeur. Enfin, la cinquantaine est le stade de votre vie où vous devriez évaluer si une assurance invalidité se prête à votre situation, en supposant que votre employeur ne fournit pas une couverture quelconque. Plus vous attendez, plus vos coûts d'assurance ont de chances d'augmenter. 

En plus de passer en revue vos besoins d'assurance, assurez-vous de faire le point sur vos fonds d'urgence. Alors que les jeunes accumulateurs s'en tiennent à la règle d'or des trois à six mois de frais de subsistance en liquide, les accumulateurs de milieu de carrière, particulièrement les gens qui ont un revenu élevé, devraient cibler un an de frais de subsistance, parce que plus votre revenu est élevé et plus votre parcours de carrière est spécialisé, et plus cela vous prendra du temps à retrouver du travail si vous perdez votre emploi.

Ne vous laissez pas emporter par votre train de vie et augmentez vos économies

La quarantaine et la cinquantaine sont souvent considérées comme étant les années de salaire optimal. Mais avec des revenus plus élevés, il est facile de laisser son train de vie engloutir tout son revenu additionnel. Et se laissant prendre au jeu, vous achetez une voiture de luxe avec des paiements mensuels élevés et déboursez des sous pour un promeneur de chien ou une femme de ménage. Une manière de vous assurer que vos économies augmentent avec votre revenu est d'accroître votre taux d'épargne chaque fois que votre salaire augmente, donc vous n'aurez pas l'occasion de vous habituer à un salaire plus élevé. 

Servez-vous d'autres comptes pour votre épargne-retraite

Pour les accumulateurs précoces, maximiser leurs cotisations dans des comptes d'épargne retraite fiscalement avantageux comme des REER et des CELI est un objectif qui en vaut la peine. Effectuer le maximum autorisé de cotisations dans ces comptes demeure important alors que vous vieillissez, mais à mesure que vos revenus augmentent, cela pourrait ne pas forcément être suffisant. Pour atteindre le niveau d'épargne nécessaire à la retraite, vous pourriez avoir besoin d'autres types de comptes. C'est particulièrement important pour les gens qui touchent un revenu élevé; une femme de 45 ans qui gagne 260 000 $ par an et qui maximise son REER et son CELI n'économise que 10 % de son revenu, ce qui est probablement insuffisant. 

Où garder cet argent? Les gens qui touchent un revenu élevé et qui effectuent les cotisations maximales autorisées pour un REER et un régime de retraite d'entreprise devraient s'informer si un régime de pension individuel (RPI) peut constituer un véhicule de retraite secondaire. Un RPI est un régime de pension enregistré à prestations déterminées qui est mis en place et financé par un employeur pour un employé en particulier. Cela permet aux gens qui touchent un revenu élevé (généralement un salaire de plus de 100 000 $) d'accroître leurs économies tout en reportant l'impôt. 

De plus, un compte de courtage imposable de base peut constituer un bon véhicule pour des économies supplémentaires. Vous ne pourrez pas y effectuer des contributions avant impôt ou des retraits en franchise d'impôts, contrairement à des comptes REER et CELI. Mais en faisant attention, vous devriez pouvoir limiter les impôts sur votre compte chaque année. Les fonds d'actions négociés en bourse représentent le placement idéal pour un compte imposable car ils limitent les distributions de gains en capital et leurs distributions de dividendes sont imposables à un taux bien plus favorable que le revenu d'une obligation.

Commencez à réduire le risque de votre portefeuille 

Les portefeuilles des gens dans la quarantaine et la cinquantaine devraient encore inclure de nombreux actifs à risque plus élevé ayant un potentiel de rendement plus important; après tout, ces individus pourraient devoir compter sur leurs portefeuilles pendant au moins 40 ou 50 années encore, donc ils ne peuvent pas se contenter d'avoir des actifs à risque faible générant des rendements faibles.

Cela dit, au moment où vous atteignez la cinquantaine, c'est une bonne idée de commencer à détenir un peu plus d'actifs dans des placements moins volatils, particulièrement des obligations de qualité supérieure. Il est vrai que le potentiel de rendement des obligations peut être inférieur à celui des actions. Mais les obligations peuvent constituer une bonne protection contre les pertes lorsque les actions perdent de la valeur. Cela peut aussi représenter une aide psychologique pour ne pas paniquer et vendre toutes vos actions quand elles vont mal. Détenir au moins quelques actifs dans des titres plus prudents peut aussi servir de politique d'assurance : si vous êtes forcé de prendre votre retraite plus tôt ou si vous vous retrouvez sans travail prématurément, avoir un coussin d'obligations peut vous permettre de ne pas avoir à puiser dans vos frais de subsistance lorsque les choses vont mal. 

Ne présumez pas qu'un portefeuille plus volumineux doit nécessairement être plus complexe

À mesure que leurs actifs augmentent, de nombreux investisseurs présument que leurs portefeuilles devraient inclure plus d'éléments. Mais ce n'est pas nécessairement le cas. Même si vous devez parfois répartir vos actifs sur un nombre d'instruments plus grands à mesure qu'ils augmentent -- régime de retraite d'entreprise, REER, CELI, REEE, compte de courtage imposable, et ainsi de suite -- cela ne veut pas dire que vous devez maintenir des avoirs séparés ou restreints dans chacun de ces comptes. En effet, il est difficile de trop se tromper avec un portefeuille ne contenant que quatre fonds : un fonds indiciel d'actions canadiennes, un FNB indiciel du marché américain, un fonds d'actions internationales et un fonds d'obligations de base. Vous pouvez détenir le même groupement d'avoirs dans chacun de vos comptes.

Obtenez des conseils du bon calibre

À mesure que votre situation financière se complique et que vous approchez de la retraite, payer un expert financier peut en valoir la peine. Vous pourriez obtenir des recommandations auxquelles vous n'auriez pas pensé par vous-même ou recevoir des conseils dans des domaines compliqués comme la fiscalité ou la planification successorale. Par contre, assurez-vous d'obtenir des conseils du bon calibre. Les investisseurs qui ont une situation financière compliquée ou qui ont besoin qu'on les prenne constamment par la main pourraient trouver leur compte à payer un pourcentage de leurs actifs chaque année, alors que les investisseurs qui ont seulement besoin de conseils périodiques trouveront qu'il est plus avantageux d'acheter des conseils sur honoraires ou à un taux horaire.

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