Chute du huard: les étudiants expatriés paient la note

Publié le 10/05/2017 à 14:55

Chute du huard: les étudiants expatriés paient la note

Publié le 10/05/2017 à 14:55

Par Claudia Vachon

Depuis début mai, le dollar canadien a plongé sous la barre des 73 cents américains, au grand dam des Québécois qui devront y penser à deux fois avant de préparer leur prochain séjour chez nos voisins du sud. Les étudiants déjà partis s’installer aux États-Unis pour les études, en revanche, n’ont d’autres choix que de s’adapter au contexte économique souvent volatil et toujours incertain.

Lorsque Myriam Létourneau-Montminy s’est envolée pour le pays de l’oncle Sam en août dernier, elle était loin de se douter qu’elle reviendrait au Québec avec une « couple de dizaines de milliers de dollars de plus que prévu » sur sa marge de crédit.

Après ses études en cardiologie, faute de trouver un établissement au Canada qui offrait une formation spécialisée en chirurgie veineuse, la diplômée de l’Université Laval s’est rabattue sur une clinique médicale dans la ville de Jackson, au Mississippi.

« Dès le départ, je savais que j’allais m’endetter, mais avec la chute du dollar canadien, c’est encore pire », raconte-t-elle au bout du fil. En rentrant au Québec à l’automne prochain, j’aurai une dette de 30 à 40 % plus élevée que je ne le croyais ».

Une situation répandue

Selon les données recueillies par le département américain du commerce, le Canada arrive en cinquième position chez les étudiants étrangers fréquentant des établissements d’enseignement supérieur aux États-Unis. Pour l’année 2015-2016, c’est près de 27 000 ressortissants canadiens qui ont étudié entre les murs d’une université américaine.

C’est aussi le cas d’Élise Bolduc, une Québécoise de 27 ans qui, après avoir été refusée dans un programme d’architecture au Québec, s’est tournée vers l’Université du Maine à Augusta, à moins de 200 km de la frontière canado-américaine.

« Depuis que je suis arrivée, il y a 4 ans, j’ai vu la valeur de notre dollar fondre sans cesse, se désole-t-elle. C’est devenu très cher de vivre ici et la différence, je la vois surtout quand je dois payer mes frais de scolarité ».

En 2013, le dollar canadien était à parité avec le billet vert, une différence que l’on imagine marquée, surtout lorsqu’on apprend qu’Élise Bolduc paye 7 500 $ US par session d’étude, à raison de deux sessions par année pendant cinq ans.

À l’autre extrémité de la côte Est américaine, sous le ciel brûlant de la Floride, Tatiana Joseph doit non seulement composer avec un dollar canadien plus faible, mais également avec un coût de la vie beaucoup plus élevé qu’au Québec.

Installée à Miami depuis la mi-janvier, l’étudiante en génie mécanique de l’Université McGill participe à un programme d’échange et voit ses économies fondre comme neige au soleil.

« Vers la moitié de mon semestre, je me suis rendue compte que j’allais avoir besoin d’une plus grosse somme d’argent que j’avais prévu au départ », confie-t-elle, avant d’ajouter que depuis la dépréciation du huard, elle a aussi changé la façon dont elle planifie ses sorties ou scrute le menu au restaurant.

Comme plusieurs autres étudiants expatriés, Tatiana Joseph avait envisagé l’Europe comme destination d’études, mais s’était laissée décourager par le taux de change avec l’euro. 

Partir en Europe plutôt ?

« C’est sûr que par rapport à l’euro, le taux de change du dollar canadien a été beaucoup plus stable que ce que l’on a pu observer avec les États-Unis dans les dernières années », explique Hendrix Vachon, économiste sénior chez Desjardins.

Ses collègues et lui estiment que depuis la chute du prix du baril du pétrole et le changement de garde à la Maison-Blanche, la situation n’est pas rose pour la devise du Canada.

« Si le protectionnisme américain se met en branle, ça pourrait être encore plus pénible pour notre dollar », estime-t-il, précisant que la Réserve fédérale américaine envisage une hausse de ses taux d’intérêts en juin, ce qui entraînerait inévitablement une nouvelle appréciation du dollar américain.

Par contre, c’est toujours difficile de prévoir à long terme, prévient l’économiste qui croit que « si l’euro restait stable dans les prochaines années, les étudiants qui partent étudier de l’autre côté de l’Atlantique pourraient observer une augmentation de leur pouvoir d’achat ».

Mais lorsqu’il est question de la variation des devises, les économistes eux-mêmes conviennent qu’il est difficile de prévoir des années à l’avance. Souvent le temps qu’il faut pour compléter un baccalauréat à l’étranger.

 

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