Gestion de la chaîne logistique – Entre tradition et modernité

Publié le 20/11/2017 à 13:43

Lorsqu’il est question de gestion de la logistique et des opérations, sans doute avez-vous en tête les images des vastes entrepôts automatisés des géants du commerce en ligne tels Amazon ou Alibaba. Cependant, croire que toutes les entreprises ont atteint ce degré de sophistication dans la gestion de leurs stocks et de leurs entrepôts n’est pas conforme à la réalité, s’il faut en croire les propos de Jacques Roy, professeur titulaire au Département de gestion des opérations et de la logistique de HEC Montréal. Pour l’expert, le Québec et le Canada traînent de la patte en la matière, et il faut y voir! Nous avons rencontré Jacques Roy afin d’en savoir davantage à ce sujet.


École des dirigeants: Il y a le rêve, qui se nourrit des avancées technologiques auxquelles on assiste à l’heure actuelle, et il y a la réalité… Où se situent les entreprises québécoises, en matière de gestion des opérations et de la logistique?


Jacques Roy: La réalité, c’est qu’il y a un certain retard dans l’adoption des technologies de l’information lorsqu’on parle de logistique. Ça peut être dommageable, en ce sens que les entreprises américaines et internationales qui ont adopté ces technologies et les pratiques qui en sont issues réussissent mieux et sont plus concurrentielles. C’est un problème québécois et canadien. Les coûts liés à la logistique sont de 6% à 12% plus élevés pour les fabricants, de 18% chez les distributeurs et de 30% chez les détaillants. Pourquoi? L’une des raisons, c’est qu’on tarde à adopter les meilleures technologies, et par le fait même, les meilleures pratiques en matière de gestion des stocks. On a davantage de stocks dans nos magasins, dans nos entrepôts et dans nos usines qu’aux États-Unis. Il n’y a pas de raison pour cela.


École des dirigeants: Pour une économie avancée comme la nôtre, ce constat est surprenant. Qu’est-ce qui explique une telle chose?


Jacques Roy: Les entreprises ne sont pas toutes bien préparées à gérer efficacement les activités liées à la logistique. C’est souvent géré de manière traditionnelle. Le problème, c’est que le contexte commercial international et la législation se sont grandement complexifiés. Il y a des entreprises, comme Pratt & Whitney Canada, qui sont à l’avant-garde et qui ont adopté les meilleures pratiques depuis longtemps. En revanche, pour la grande majorité des entreprises, on est encore dans le flou et dans l’artisanal.


ÉD: Si l’on regarde à l’échelle planétaire, quelles sont les grandes tendances à l’heure actuelle? Est-ce que le Québec, encore ici, est dans le wagon de queue en la matière?


JR: L’impartition est depuis longtemps une tendance lourde en Europe et aux États-Unis. Les entreprises ont de plus en plus tendance à confier l’entière gestion de la chaîne logistique à des prestataires de services logistiques (third-party logistics providers, ou 3PL), comme les entreprises DHL ou UPS-SCS, parmi les deux plus importantes dans le domaine à l’heure actuelle. En Europe, les entreprises n’y pensent même plus: faire affaire avec de telles entreprises est une seconde nature. Au Québec, la vaste majorité des nouveaux centres de distribution sont gérés par les entreprises elles-mêmes. On est vraiment une société distincte à ce chapitre! Il faut toutefois garder en tête qu’il y a de nombreux facteurs à considérer et des coûts liés à ces manières de faire…


ÉD: En terminant, que peuvent faire les entreprises qui, sans vouloir injecter des centaines de milliers de dollars dans des systèmes de gestion de la logistique, veulent améliorer leur performance à cet égard?


JR: Mon expérience m’amène à penser que nombre d’entreprises ne connaissent pas précisément les coûts liés à la logistique. Ceux-ci sont souvent sous-estimés. Si on veut mieux faire, et avant même de penser à la technologie, il faut regarder l’ensemble de la chaîne logistique, ce qui sous-entend également de revoir les processus afin de dégager de la valeur pour l’entreprise et pour le client. Ça veut aussi dire qu’il faut favoriser encore davantage la collaboration entre les fournisseurs et les distributeurs d’une entreprise donnée.


Formations animées par Jacques Roy à l’École des dirigeants HEC Montréal:


Enjeux stratégiques et meilleures pratiques en gestion de la chaîne logistique


Programme CDPQ-HEC Montréal – Émergence internationale


Programme intensif en gestion de la chaîne logistique


Gestion du transport et des marchandises: des outils pour s’améliorer (La)


 


 

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