Élizabeth Stefanka : Tout ça à cause d'un soutien-gorge mal ajusté !

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Élizabeth Stefanka : Tout ça à cause d'un soutien-gorge mal ajusté !

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Juin 2015

Par Dominique Froment

[Photo : Martin Flamand]

À 5 pieds 10 pouces, Élizabeth Stefanka est aussi grande que mince. Adolescente, elle était déjà «hors norme». Impossible de trouver un soutien-gorge à sa taille. Choquée, la Beauceronne s'est juré de combattre ce «fléau planétaire» qui afflige, selon elle, 80 % des femmes.

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«C'est aberrant qu'on fasse entrer toutes les femmes du monde dans les deux mêmes cerceaux !» lance cette fille d'un peintre surréaliste en parlant des pièces de métal sous le bonnet des soutiens-gorges.

Quand on veut créer des vêtements, on étudie en design de mode. Logique. En fait, pas vraiment. «Toutes mes camarades de classe rêvaient d'imposer leur style. Moi, je voulais juste adapter un vêtement pour que les femmes de partout dans le monde soient plus à l'aise.» Pas à sa place en design de mode, la jeune femme fait un bac en sciences de la consommation à l'Université Laval. Puis une maîtrise en affaires internationales de HEC Montréal.

Son frère Thomas, lui, conçoit des jeux vidéo. Quel rapport ? «Il crée des personnages puis les habille. C'est exactement ce dont j'avais besoin.»

Élizabeth Stefanka développe donc une technologie 3D pour scanner le buste des femmes. Actuellement, les clientes doivent se rendre à une adresse précise pour faire prendre leurs mesures. Mais plus pour bien longtemps. «J'avais dit à mon prof de maîtrise que je voulais qu'avant mes 40 ans, les femmes puissent acheter des soutiens-gorges sur mesure en scannant leur buste avec leur téléphone intelligent. Eh bien, j'atteindrai cet objectif 10 ans plus tôt.»

Et la jeune femme d'ajouter : «Un prof du secondaire un avait lancé : The sky is the limit! Ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde.»

«Elle est très ambitieuse et fonceuse, confirme son amie Véronique Gagnon. Elle n'hésite jamais à aller frapper aux portes des personnes les plus haut placées si elle pense qu'elles peuvent l'aider.»

«Savoir s'entourer est probablement la plus grande force d'Élizabeth», confirme son conjoint Jonathan Nicolas, lui-même associé dans deux sociétés de marketing.

Ce qui motive Élizabeth Stefanka ? Changer l'industrie de la lingerie, rien de moins. «Je veux inverser le mode de production et de consommation. Créer un vêtement à partir du corps des femmes, et non leur en imposer un», explique celle qui a travaillé dans sept pays différents.

Ceci dit, vendre des soutiens-gorges à toutes les femmes du monde ne la comblera pas éternellement. Sa technologie pourrait très bien être adaptée aux maillots de bain, aux robes de mariée, etc. Et elle ne se privera pas de le faire.

«C'est une personne qui fait les choses en grand. Son projet d'entreprise est super, et s'il y a une personne qui peut en faire une réussite, c'est bien Élizabeth», raconte Florence Goletti, fondatrice de Me Myself & Montreal, qui l'a rencontrée lors d'une formation sur la créativité à HEC Montréal.

Néanmoins, la jeune femme n'est pas liée à la vie à la mort à Stefanka Lingerie. Quand elle aura eu ses enfants - pas avant 35 ans -, elle aura peut-être vendu son entreprise et en aura lancé une autre. Dans le domaine des cosmétiques, par exemple. «Je suis visionnaire. Être entrepreneure en série me convient parfaitement.»

Même s'il y a un prix à payer pour réaliser ses rêves. «J'ai dit à mes amis de m'oublier pendant les deux prochaines années. Certains l'ont mal pris. Justement ce matin, mon amie en Espagne, à qui j'ai dit que je ne pourrais pas aller à son mariage, m'a informée sur Facebook que notre amitié est terminée», raconte Élizabeth Stefanka, avec un peu de tristesse, mais autant de détermination dans les yeux.

Âge : 28

Quelle personnalité internationale embaucheriez-vous ? Sara Blakely

Pourquoi ? Elle a été la plus jeune femme, à 41 ans, à mener son entreprise à un chiffre d’affaires de un milliard. Et en conservant 100 % du capital, en plus. Comme Spanx fabrique de la lingerie féminine, elle aurait sûrement de bons conseils à me donner !

Si vous étiez une ville, vous seriez… New York, où j’ai vécu quelques mois

Pourquoi ? Pour son énergie incroyable. Quand je finissais de travailler tard le soir, fatiguée, je me rendais à Time Square et ça me réénergisait.

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