Le Québec à l'heure du défi de la relève

Publié le 21/02/2018 à 06:00

Le Québec à l'heure du défi de la relève

Publié le 21/02/2018 à 06:00

Annoncer sa volonté de céder l’entreprise est une façon d’envoyer un message de confiance pour l’avenir de la société, en montrant que les choses sont préparées pour assurer sa pérennité. [Photo : 123RF]

Près de 60 % des propriétaires de PME canadiens ont 50 ans ou plus, et dans les cinq ans à venir, 41 % des entrepreneurs interrogés prévoyaient quitter leur entreprise, d'après le dernier rapport de la Banque de développement du Canada (BDC), publié en septembre dernier. Une autre étude, publiée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en 2014, prédit que 30 % des propriétaires de PME seront contraints de fermer leur entreprise d'ici 2024, faute de relève.

Premières touchées : les régions possédant un plan faible bassin de population. Vincent Lecorne, PDG du Centre de transfert d'entreprise du Québec (CTEQ), constate en effet que les métiers d'entrepreneurs sont « en concurrence directe avec d'autres métiers proposés aux jeunes talents dans les grands centres urbains ». À ce titre, des banques de données comme l'index du CTEQ, qui regroupe près de 3 500 acheteurs potentiels, visent à faciliter les mises en relation à l'échelle provinciale. « Certains entrepreneurs sont prêts à aller en région s'ils entrevoient une belle occasion », note M. Lecorne.

Se préparer

Si les entreprises ont parfois du mal à trouver leur relève, ce n'est donc pas forcément le vivier d'acheteurs potentiels qui fait défaut. « Une étude canadienne montre qu'au pays, seuls 26 % des entrepreneurs ont planifié leur transfert, tandis que ce chiffre tombe à 13 % au Québec », annonce M. Lecorne, qui rappelle que les cédants ont des difficultés à s'y prendre à l'avance. « Notre pays n'a pas une culture et une habitude de transfert. On ne peut cependant pas revendre en trois mois une entreprise que l'on a mis 30 ans à bâtir. » Le plus souvent, ce sont encore la fatigue ou la maladie qui incitent les cédants à quitter. N'ayant pas eu l'occasion d'envisager différentes pistes de solutions (relève familiale, interne ou externe), ils se retrouvent dos au mur. « C'est là qu'ils risquent de devoir brader leur entreprise », estime M. Lecorne.

Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), remarque que les entrepreneurs sont souvent encore trop occupés à développer leur entreprise, avec des patrons qui sont aussi des hommes ou des femmes-orchestres qui s'occupent de tout. « D'où l'intérêt de s'y prendre encore plus tôt en morcelant la planification à réaliser pour la rendre plus digeste. »

Une communication réfléchie

Les propriétaires ont aussi du mal à faire connaître leur volonté de céder, par crainte de faire peur aux salariés, aux clients et aux fournisseurs. Si cette décision n'est pas toujours facile à annoncer, il existe plusieurs manières de communiquer. « Les salariés doivent être informés des grandes étapes du plan de relève. Il est important de bien leur expliquer la nouvelle structure et philosophie, le plan stratégique », estime Éric Dufour, leader en transfert d'entreprise chez Raymond Chabot Grant Thornton. Afficher ses couleurs est aussi une façon d'envoyer un message de confiance pour l'avenir de la société, en montrant à ses partenaires que les choses sont préparées pour assurer la pérennité de l'entreprise. « Mais on ne peut pas communiquer si l'on n'est pas préparé et que l'on n'a aucun plan sur 3 ans ou sur 5 ans », nuance Benoît Mignacco, directeur général du capital de croissance et transfert d'entreprise à la BDC.

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