Plonger sans projet précis et atterrir au bon endroit

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Novembre 2015

Plonger sans projet précis et atterrir au bon endroit

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Édition du 14 Novembre 2015

Il y a encore un an et demi, Philippe Tremblay et Olivier Berthiaume travaillaient pour le même petit distributeur de médicaments génériques, le premier comme directeur marketing et le second en tant que directeur des ventes.


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Désormais, ils sont la tête de La Halte 24-7, un espace de travail partagé ouvert 24 h sur 24 et sept jours sur sept qu’ils ont fondé au printemps 2014 à Montréal. « En jasant ensemble, on s’est dit qu’on voulait avoir notre projet à nous et prendre nos propres décisions », raconte Olivier Berthiaume, qui avait déjà démontré une fibre intrapreneuriale en créant notamment un blogue à l’attention des pharmaciens québécois. 


Le grand saut sans filet


En avril 2013, les deux hommes disent adieu à leurs confortables emplois pour se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise sans même avoir de plan d’affaires. « On avait quatre ou cinq projets en tête dont certains en lien avec l’industrie pharmaceutique, précise Olivier Berthiaume. Le projet de de coworking visait à nous entourer de professionnels que l’on aurait été amené à côtoyer au quotidien en développant une autre entreprise, mais il est rapidement devenu notre priorité. »


Pendant plusieurs mois, ils élaborent un plan d’affaires dans le sous-sol de l’un de leurs contacts. Puis, ils trouvent une bâtisse nécessitant quelques mois de travaux pour accueillir leur entreprise.


Des embûches à surmonter


En mars 2014, la Halte 24-7 ouvre ses portes avec un seul locataire. « Nous sommes arrivés sur le marché alors que le concept du coworking était peu connu, explique Olivier Berthiaume. L’intérêt était là mais les gens n’en comprenaient pas la philosophie. » Petits déjeuners-conférences à destination des entrepreneurs, 5 à 7, participation à des salons, présence active sur les réseaux sociaux : l’entreprise multiplie les moyens de se faire connaître à peu de frais.


Un travail payant puisque l’espace affiche aujourd’hui un taux d’occupation de 80%. Notaire, développeur web, gestionnaire de réseaux sociaux, avocat, hypnothérapeute ou encore nutritionniste… Environ 80 travailleurs autonomes ou créateurs de petites entreprises sont installés à la Halte 24-7.


Autre défi qu’ont dû relever les deux associés : trouver du financement. « On espérait beaucoup avoir des aides et des subventions mais on n’en a reçu aucune car notre projet était considéré comme de l’immobilier », précise Philippe Tremblay. Les deux partenaires d’affaires ne peuvent donc compter que sur des prêts bancaires et sur leurs propres deniers alors que certains locataires paient leurs loyers en retard ou quittent la Halte par manque de fonds. « Pour des gens comme nous habitués à recevoir une paye toutes les deux semaines, il fallait avoir les reins solides et ne pas avoir peur d’oser », met-il en avant.


« En cas de difficultés à faire financer son projet de création d’entreprises, il faut identifier les doutes suscités du côté des banquiers et travailler à leur démontrer que le niveau de risques est bas », indique Hugo Francoeur, directeur équipe Propulseur au SAJE. « Pour les convaincre, on peut leur présenter des lettres d’intentions de commande ou des preuves de préventes et mettre en avant les compétences déjà acquises transférables au projet.»


Malgré les difficultés, Olivier Berthiaume et Philippe Tremblay sont loin de regretter d’avoir sauté le pas. « Le bilan est positif, affirme le premier. Au delà de l’expérience professionnelle, c’est aussi une expérience de vie qui m’a permis d’apprendre sur moi et de dépasser mes limites ».


Un avis partagé par son associé. « Je vis moins de frustrations que si j’étais dans une entreprise où on ne reçoit pas les retours qu’on voudrait quand on propose une idée », indique Philippe Tremblay. À tel point qu’il n’a plus l’impression de travailler… « Chaque semaine apporte de nouvelles choses à penser et de nouvelles personnes à rencontrer. C’est hyper excitant! »


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