Recruter les têtes grises

Publié le 04/02/2013 à 14:54

Recruter les têtes grises

Publié le 04/02/2013 à 14:54

« Dans les compagnies d'assurance, on verra de plus en plus au cours des prochaines années deux, trois ou même quatre retraités se partager le même poste », annonce Jean-François Boulet, vice-président aux ressources humaines et communications à l'Industrielle Alliance.

Imaginons, par exemple, un poste de comptable d'une compagnie d'assurance de Québec. De mai à novembre, il sera occupé par une retraitée de la fonction publique, qui passera ses hivers et printemps dans le Sud. L'automne venu, un autre retraité prendra la relève, frais et dispos puisqu'il aura passé son été au chalet familial. En revanche, ce retraité ne voudra travailler que les lundis, mardis et mercredis. C'est pourquoi un troisième retraité occupera ce même poste de comptable les jeudis et vendredis, ce qui lui conviendra à merveille puisqu'il est un amateur de golf !

« Ce scénario n'est pas de la fiction. On commence à le vivre à l'Industrielle Alliance depuis trois ou quatre ans déjà », dit M. Boulet.

À l'heure actuelle, ces retraités proviennent surtout des milieux gouvernementaux et para-gouvernementaux. Ils ont passé leur carrière dans des bureaux et leurs habiletés se transfèrent facilement à l'univers des assureurs. Ces retraités peuvent être réceptionnistes, comptables, rédacteurs ou analystes de dossiers.

« Ils ne veulent pas travailler à temps plein. Ils veulent se tenir occupés, sans renoncer à leurs loisirs. Et comme notre bassin de main-d'oeuvre diminue rapidement, nous devons nous y adapter et gérer le désir de travail des retraités », constate M. Boulet.

Chez UV Mutuelle, où 40 % des employés travaillent de la maison grâce aux outils informatiques du télétravail, la vague des retraités à temps partiel n'est pas encore apparue. Mais il s'agit d'une possibilité bien réelle, estime son PDG Jacques Desbiens. « Des retraités disponibles deux ou trois jours par semaine pourraient éventuellement se partager, par télétravail, des tâches ponctuelles comme la sélection de risques », dit-il.

Présidente de l'Association de la relève en assurance du Québec (LARAQ) pour la région de Montréal, Anne-Marie Deschênes cible les « jeunes retraités » comme étant l'une des principales sources de la relève en assurance, au même titre que les nouveaux arrivants et les gens en réorientation de carrière.

« Certaines compétences se transfèrent assez facilement d'un métier à l'autre. Par exemple, quelqu'un qui aurait travaillé une partie de sa vie dans un garage pourrait avoir l'intérêt et les connaissances suffisantes pour oeuvrer dans le service des réclamations d'un assureur automobile », dit-elle.

Président de la Coalition pour la promotion des professions en assurance de dommages, Robert Lagarde affirme que les assureurs n'ont pas le choix et qu'ils doivent entrer dans la danse.

« D'ici quelques années, la pénurie de main-d'oeuvre créera une pression énorme auprès des assureurs et des bureaux de courtage. Leurs dirigeants doivent créer des moyens propres à garder leurs employés au travail le plus longtemps possible. Ils se devront aussi de recruter des retraités provenant de secteurs d'activité ayant des affinités avec le monde de l'assurance », dit-il.

M. Lagarde suggère d'implanter les horaires flexibles, le travail à temps partiel ainsi que le télétravail. Toutefois, ajoute-t-il, il reste encore beaucoup de chemin à faire.

« La plupart des dirigeants de cabinets et de compagnies d'assurance n'ont pas encore réalisé l'ampleur du défi de la relève. Ni de ce qu'implique le retour au travail des jeunes retraités », dit-il.

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