Aluminium: les négociateurs s’activent en coulisse pour mettre fin aux tarifs

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Octobre 2018

Aluminium: les négociateurs s’activent en coulisse pour mettre fin aux tarifs

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Édition du 20 Octobre 2018

« Je suis beaucoup plus optimiste aujourd’hui qu’il y a quelques semaines, assure Raymond Chrétien, le négociateur du Québec au sujet de l’acier et de l’aluminium.

Même si cela n’a pas résolu la question des tarifs, l’entente pour réformer le traité de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada (AEUMC), conclu le 30 septembre dernier, a été vécue avec un grand soulagement par les acteurs de l’aluminium. 

« Je suis beaucoup plus optimiste aujourd’hui qu’il y a quelques semaines, assure Raymond Chrétien, le négociateur du Québec au sujet de l’acier et de l’aluminium notamment. Le président Trump avait indiqué que les tarifs seraient annulés si un nouvel ALÉNA “équitable” était signé. Maintenant, il faut clarifier cette date ».

« Il y a des fenêtres pour essayer de régler cela intelligemment pour tout le monde », souligne Raymond Bachand, le négociateur en chef pour le Québec dans le cadre de la renégociation de l’ALÉNA. Ce dernier faisant référence aux élections de mi-mandat américaines, prévues le 6 novembre, et, à la fin du même mois, la signature officielle de l’AEUMC.

Un allié

Dans ce bras de fer, les Canadiens se sont trouvé un allié de l’autre côté de la frontière : l’association américaine de l’aluminium (AAA). « Il est désormais temps de mettre en place une exemption totale et sans quota pour les importations d’aluminium en provenance du Canada et du Mexique, et ce, le plus rapidement possible », indique-t-elle dans un communiqué.

 « Ces mesures coûtent très cher aux Américains et cela commence à se faire sentir »

« Nous apprécions l’attention actuelle de l’administration et nous partageons son enthousiasme envers notre industrie, ironise Matt Meenan, son directeur des affaires publiques, mais rappelons que 97 % des emplois dans notre secteur se trouvent dans l’industrie de la transformation et que toute hausse de la matière première nuit au final à notre compétitivité ».

Selon lui, les efforts devraient plutôt se porter sur le problème de la surcapacité de production chinoise, qui aurait mis à mal le secteur primaire américain. « Nous sommes d’accord pour aider les alumineries, mais il ne faut pas que cela se fasse au détriment du reste de l’industrie ». « Ces mesures leur coûtent très cher et cela commence à se faire sentir », confirme M. Chrétien.

Impact négatif

La preuve avec les signaux envoyés par les grands industriels américains. Fin septembre, Jim Hackett, le PDG de Ford, estimait que ces tarifs auraient un impact négatif de un milliard de dollars sur les comptes du constructeur. « Et il y aura encore plus de dégâts si la situation se prolonge », poursuit-il. Quelques mois plus tôt, General Motors présentait une facture du même montant.

Le producteur d’aluminium américain Alcoa indique, pour sa part, que les tarifs douaniers lui avaient coûté 15 M$ au deuxième trimestre. D’une manière plus globale, Goldman Sachs évaluait en juillet dernier que la guerre commerciale enclenchée par les États-Unis pouvait réduire de 15 % les bénéfices des 500 plus grosses entreprises américaines.

« Même s’il est encore trop tôt pour avoir des éléments chiffrés de notre côté, on sent beaucoup d’incertitudes présentement de la part de nos membres et plus de fébrilité dans leurs prises de décision », témoigne Lauren Wilk, vice-présidente chargée du commerce international au sein de l’association américaine de l’aluminium. 

D’autant que les mesures de rétorsion prises par Ottawa pénalisent aussi leurs exportations vers le Canada. Au cours de son processus de fabrication, une pièce peut ainsi se retrouver plusieurs fois frappée par des droits de douane, dans un sens comme dans l’autre. 

« Nous essayons de partager le maximum d’informations à ce sujet avec l’administration pour leur montrer cela », plaide M. Meenan. S’il se montre optimiste, Raymond Chrétien, lui, s’attend toutefois à des discussions dures et franches : « Comme le disait un homme politique célèbre, les Américains sont nos meilleurs amis, qu’on le veuille ou non ».

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