Plan Nord : l'acceptabilité sociale, un passage obligé

Publié le 20/04/2012 à 06:03, mis à jour le 20/04/2012 à 13:36

Plan Nord : l'acceptabilité sociale, un passage obligé

Publié le 20/04/2012 à 06:03, mis à jour le 20/04/2012 à 13:36

Les grands projets de développement minier ne peuvent plus se faire sans investissement dans leur acceptabilité sociale, mais le nombre de projets dans le nord québécois est si grand que la population a du mal à suivre la cadence. Voilà le défi auquel font face aujourd’hui les entreprises désireuses de s’intégrer harmonieusement dans les communautés où elles font des affaires.

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«On sent dans certains milieux une certaine lassitude vis-à-vis des consultations, particulièrement chez les Cris parce qu’il y a tellement de projets en même temps», a remarqué Antoine Moreau, chargé de projets en environnement chez Genivar, à l’occasion de la Grande Conférence Les affaires sur le Plan Nord tenue à Québec aujourd’hui.

M. Moreau a suggéré que dans certains cas, les entreprises minières gagneraient à s’unir pour éviter de multiplier les consultations dans une même communauté. Même les groupes environnementaux ne parviennent plus à tenir le rythme.

«Ils sont très sollicités par tout le monde et souvent ne participent plus à de nouveaux processus de consultation parce qu’ils sont engagés dans dix autres, a remarqué Pierre-Philippe Dupont, directeur développement durable chez Royal Nickel. Alors, ça devient difficile d’avoir une bonne représentativité des points de vue et d’obtenir les opinions les plus critiques. Il y a un enjeu de disponibilité.»

Pourtant, il apparaît de plus en plus évident que les consultations publiques sont nécessaires pour atteindre l’acceptabilité sociale. Encore perçues comme un passage obligé il y a peu, elles commencent à apparaître comme un investissement par l’industrie minière; investissement que personne ne s’est toutefois risqué à chiffrer.

«Ce n’est pas un coût les consultations, c’est une condition préalable. Pensez à ce que ça a coûté à l’État québécois le problème de l’acceptabilité sociale dans le cas du gaz de schiste : c’est énorme», a estimé M. Moreau.

Le directeur général du CRÉ de la Côte-Nord, Patrick Hamelin, a renchéri. Il a donné en exemple l’échec du projet de mine d’uranium, mené avec la vieille mentalité d’une entreprise qui estimait qu’un permis d’exploitation suffisait pour aller de l’avant. La controverse a eu raison du projet.

«Même s’il y avait eu une consultation, l’acceptation du projet n’était pas évidente dans le contexte où ça ce serait réalisé près d’une prise d’eau, ce qui n’était pas l’idéal même du point de vue de ceux qui sont favorables à l’uranium. Mais le comportement de l’entreprise a miné toute possibilité d’un projet d’uranium sur la Côte-Nord pour très longtemps», croit M. Hamelin.

Tout le monde ne s’entend pas sur le moment propice pour amorcer les consultations. Au premier forage ou quand on est assuré de la rentabilité d’un projet? Le représentant de Genivar estime qu’il vaut mieux tôt que tard.

«L’industrie a besoin d’aller vite dans le développement, mais la population n’aime pas se faire bousculer dans son quotidien, alors il faut laisser du temps au temps. En ce sens, je crois qu’il faut commencer très tôt à consulter», a affirmé Antoine Moreau.

Chez Royal Nickel, autre son de cloche.

«Je crois qu’il faut avoir de la viande autour de l’os avant de consulter. Il faut aussi éviter de nourrir inutilement les attentes, car il y a des attentes qui se créent avec l’annonce d’un projet et si ça prend des années à développer, c’est difficile à gérer», a souligné Pierre-Philippe Dupont.

Le représentant de l’Administration régionale Kativik, Michael Barrett, pour sa part, croit qu’il n’est jamais trop tôt pour informer.

«Les forages sans que la population ne sache quoi que ce soit, c’est insécurisant. Il faut que les entreprises reviennent souvent et qu’elles viennent avec les bonnes personnes pour informer et consulter.»

 

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