Balado: Comment survivre au vieillissement de la population?

Publié le 26/09/2018 à 06:41

Balado: Comment survivre au vieillissement de la population?

Publié le 26/09/2018 à 06:41

Par Stéphane Rolland

Dans le quatrième épisode, maintenant en ligne, Pierre Cléroux, économiste en chef de la Banque de développement du Canada, répond à la question « Comment survivre au vieillissement de la population ? » Aussi disponible sur iTunes.


Employeurs, vous n’êtes pas seuls à peiner à pourvoir vos postes vacants. Au Québec, le nombre de postes libres a augmenté de 46 % en 2017, selon Statistique Canada. Les conséquences du vieillissement de la population commencent à se manifester et pourraient s’intensifier dans les prochaines années ; sur le marché du travail, mais aussi sur les finances publiques et les programmes sociaux.


« Comment survivre au vieillissement de la population ? » est le thème du quatrième épisode d’Économie 101, une série en baladodiffusion de Les Affaires enregistrée dans le studio de l’Université Concordia, où un expert répond à une question sur l’économie. Nous en avons discuté avec Pierre Cléroux, économiste en chef de la Banque de développement du Canada.


« Au Québec, le vieillissement de la population veut dire que le bassin de main-d’œuvre n’augmente plus, constate-t-il. Ça signifie que si on veut maintenir notre qualité de vie, il va falloir compter surtout sur la productivité. »



En 2030, près du quart de la population du Québec aura plus de 65 ans. Le poids démographique des personnes âgées de 24 ans à 64 ans, pour sa part, suit la trajectoire inverse. En 1966, il y avait 8,2 personnes âgées de 24 à 64 ans pour chaque personne de plus de 65 ans, selon des données de Retraite Québec, l’organisme responsable du régime de retraite publique québécois. Ce chiffre était de 3,5 en 2015. Il devrait baisser à 2 pour 1 d’ici 2030.


Collectivement, nous devrons donc produire plus avec moins. À cet égard, l’économie québécoise a une pente à remonter. La productivité du travail n’a augmenté que de 0,9 % par année au Québec entre 1981 et 2016, selon le bilan 2017 du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal. La progression a été de 1,2 % dans le reste du Canada.


En mai dernier, la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, a brisé un tabou dans le monde politique en affirmant qu’il fallait prioriser la productivité sur la création d’emploi. « Ça fait 50 ans qu’on fait de la politique en promettant des emplois alors que c’est la productivité qui compte aujourd’hui », a-t-elle dit, selon des propos rapportés par La Presse.


Outre la productivité, l’immigration vient ajouter des travailleurs nécessaires pour produire les biens et services que nous consommons. De 2006 à 2017, la moitié des 480 000 emplois créés ont été occupés par des immigrants, selon l’Institut de la statistique du Québec.


Nous avons beau accueillir 50 000 immigrants par année, notre solde migratoire est moins élevé qu’il n’y paraît. Parmi eux, nombreux sont ceux qui partent vers d’autres provinces, ce qui fait en sorte que le solde « est plus proche de 30 000 personnes, un niveau insuffisant pour assurer le renouvellement de population dont le Québec a besoin pour maintenir son bassin de population active », écrit l’Institut du Québec, un think tank associé au Conference Board et à HEC Montréal.


Les entreprises peinent déjà à pourvoir les postes vacants. Le taux de chômage se retrouve à un creux historique au Québec. La situation serait plus critique ici que dans le reste du pays, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI). Au deuxième trimestre 2018, il y avait 3,9 % de postes vacants dans le secteur privé au Québec, comparativement à 3,1 % dans le reste du pays.


Pour le jeune travailleur, le vieillissement de la population ouvre plus d’occasions sur le marché d’emploi. Pour le jeune contribuable, la tendance est moins favorable. « La bonne nouvelle pour les jeunes, c’est qu’il y aura toujours des emplois, commente M. Cléroux. La moins bonne, c’est qu’ils devront soutenir les programmes sociaux. Il faudra redéfinir les programmes sociaux pour le futur. »


Le devoir de M. Cléroux


« Pour les entrepreneurs, réfléchissez à comment mieux servir cette population (les aînés) qui grandit. Ils seront plus nombreux que dans le passé, et ils seront plus riches. Ils auront des besoins particuliers. »


Prochain épisode : « Les économistes peuvent-ils prédire l’avenir ?

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