Balado: Les économistes peuvent-ils prédire l'avenir?

Publié le 03/10/2018 à 06:07

Balado: Les économistes peuvent-ils prédire l'avenir?

Publié le 03/10/2018 à 06:07

Par Stéphane Rolland

Dans le cinquième épisode d'Économie 101, François Dupuis, économiste en chef au Mouvement Desjardins, répond à la question : « Les économistes peuvent-ils prédire l’avenir ? » Aussi disponible sur iTunes.

Ne pas connaître le moment de la prochaine récession vous angoisse ? Le Xanax pourrait être un meilleur remède que la prévision économique ! Par le passé, les économistes ont eu une très mauvaise moyenne au bâton quand venait le temps de prédire la prochaine récession. Pourtant, ils sont nombreux à s’aventurer à faire des prévisions. Si celles-ci ne se révèlent pas toujours exactes, elles auraient tout de même leur utilité.

« Les économistes peuvent-ils prédire l’avenir ? » est le thème du cinquième épisode d’Économie 101, une série en baladodiffusion de Les Affaires, enregistrée dans les studios de l’Université Concordia, où un expert répond à une question sur l’économie. Nous en avons discuté avec François Dupuis, économiste en chef au Mouvement Desjardins. En 2017, l’équipe qu’il dirige est arrivée au premier rang d’un palmarès de la firme Focus Economics pour la justesse de ses prévisions.

Le passé laisse croire que la réponse à la question est : « non », ils ne peuvent pas plus prédire l’avenir que le commun des mortels. Le consensus économique aurait échoué à prédire 148 des 150 précédentes récessions dans le monde au cours des 30 dernières décennies, affirme Prakash Loungani, économiste du Fonds monétaire international (FMI) lors d’une entrevue à la BBC. Le problème : prédire une récession qui ne survient pas peut mettre à risque une réputation. Se tromper en même temps que la masse est moins dommageable.

« Personne ne peut vraiment prédire l’avenir, juge de son côté M. Dupuis. Par contre, on peut déceler certaines grandes tendances. Il faut être conscient que le monde est de plus en plus ouvert sur les plans économique et politique et qu’il y a des chocs qui peuvent survenir à tout moment. À ce moment-là, il faut refaire nos exercices et réaligner nos prévisions. »

Les économistes sont loin d’être les seuls experts à ne pas être en mesure de prédire l’avenir. Philip Tetlock, un professeur de psychologie et de gestion de l’Université de Pennsylvanie, a suivi 284 experts de la politique et de l’économie. Il leur a demandé de faire des prévisions durant 20 ans. M. Tetlock les questionnait sur l’issue des grands enjeux du moment en leur proposant trois possibilités. Pas moins de 82 361 prévisions plus tard, le psychologue en est venu à la conclusion que les experts auraient eu plus souvent raison s’ils avaient répondu au hasard.

Parfois, des prévisions inexactes ne font pas uniquement mal à l’ego de celui qui la formule. Lorsqu’une personne met des lunettes trop roses, elle peut devenir aveugle aux risques qui se pointent.

Une étude du FMI, publiée en mai, montre que les prévisions trop optimistes sont dommageables pour l’économie. Lorsqu’ils voient l’avenir en rose, les gouvernements et les entreprises ont tendance à contracter trop de dettes, ce qui les fragilise quand les espoirs sont déçus.

Les prévisions économiques demeurent utiles, juge M. Dupuis. « Les gens savent que notre prévision ne sera pas exacte tout le temps. Avec une marge d’erreur acceptable, pour un entrepreneur, pour un investisseur, ça leur permet de prendre une décision. Au moins, si les économistes sérieux leur parlent des grandes tendances avec les risques qui sont liés à ces prévisions-là, je pense que les gens en sortent plus gagnants que s’ils ne les avaient pas. »

Le devoir de M. Dupuis

Notre invité nous suggère de lire le travail de son équipe. Études économiques Desjardins publie plusieurs prévisions sur les tendances qui font bouger l’économie :

Prochain épisode : « Le PIB est-il encore une mesure pertinente ? »

 

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