Connectivité et Internet des objets: nouveaux enjeux pour les designers industriels

Publié le 18/09/2019 à 12:08

Connectivité et Internet des objets: nouveaux enjeux pour les designers industriels

Publié le 18/09/2019 à 12:08

Une illustration montrant des objets connectés.

(Photo: 123RF)

DESIGN INDUSTRIEL. 500 milliards. C’est le nombre d’objets connectés qui seront en circulation en 2030, selon le géant informatique américain Cisco. Soit une multiplication par dix en dix ans. «Après l’avènement de la vente en ligne, l’Internet des objets (IdO) est le plus grand bouleversement auquel les entreprises manufacturières fabricant des produits auront à faire face», prédit Jonathan Côté, président de Morelli Designers, dans un billet de blogue.

Qu’en est-il pour la profession de designer industriel? «Ça ne change pas significativement la donne dans notre approche de développement d’un produit. C’est simplement une nouvelle dimension qui s’ajoute à notre cahier des charges», témoigne David Mitchell, vice-président de GENIAdesign. «Le design est un processus malléable et flexible, donc on est fait pour s’adapter en permanence, indique pour sa part Jean-Philippe Clermont, designer industriel chez Creaform Ingénierie. Pour les objets connectés, on doit travailler avec une équipe de plus en plus pluridisciplinaire. Le terrain de jeu s’agrandit beaucoup.» 

Un objet connecté implique en effet de réfléchir davantage à l’écosystème qui lie le produit à une interface avec l’usager, et aux services connectés associés. «Ce n’est pas l’intégration de capteurs qui change notre quotidien, mais la conception d’interfaces d’écran, précise M. Côté. Les efforts en termes de design d’interface sont tout aussi importants, si ce n’est pas plus, que l’appareil lui-même.»

Le président de Morelli Designers cite ainsi des projets d’interfaces graphiques pour des machines à café, du mobilier urbain connecté ou des terminaux de paiement qui ont nécessité des compétences en matière d’expérience utilisateur ou de design d’interface (communément appelé design UX ou UI). «Nous avons acquis ces expertises avec le temps, l’expérience et les projets», explique-t-il.

Un apprentissage par l’expérimentation

Les projets d’objets connectés sont malgré tout encore marginaux au sein de nombreuses agences québécoises. Exception faite de Tak Design Industriel qui est, certes, spécialisée en produits technologiques. «Les clients ne le demandent pas, ils l’exigent», sourit son président, Daniel Tassé.

Ce dernier évoque la réalisation de chandails intelligents, capables de détecter la respiration, le pouls, voire le niveau d’oxygène dans le sang de ceux qui les portent. «Il a fallu trouver des gymnastiques pour réussir à intégrer toute cette technologie dans un boitier qui tient souvent dans le creux de la main», raconte-t-il. Là encore, l’acquisition des compétences s’est faite sur le tas. «On est obligé de faire de la veille technologique et d’être connecté à plein de réseaux d’affaires et de recherche pour se tenir à jour.»

L’autre implication de l’Internet des objets sur la profession de designer industriel est le rôle croissant des données récoltées. «Cela devient une ressource naturelle pour les designers, qui peuvent mieux mesurer et comprendre l’usage effectif d’un produit, et donc influencer les orientations design», déclare Grégoire Baret, directeur du design d’expérience multicanal au sein du Groupe Aldo.

«Encore faut-il que le designer soit impliqué dans le processus de recherche et d’analyse», fait cependant remarquer Jonathan Côté. Car bien souvent, les données sont plutôt exploitées par les équipes marketing ou de R et D, les designers n’intervenant qu’en bout de chaîne.

 

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