Une démarche éprouvée au Musée des beaux-arts de Montréal

Offert par Les Affaires


Édition du 03 Septembre 2016

Une démarche éprouvée au Musée des beaux-arts de Montréal

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Édition du 03 Septembre 2016

La construction du Pavillon pour la paix Michal et Renata Hornstein a coûté 18,5 millions de dollars et a été réalisée selon l’échéancier prévu. Le pavillon sera inauguré le 9 novembre. [Photo : Jérôme Lavallée]

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a beaucoup construit au cours des 25 dernières années, et il en a tiré des leçons. Ces expériences lui ont permis de mettre en place de bonnes pratiques pour la réalisation de son plus récent joyau, le Pavillon pour la paix Michal et Renata Hornstein. Un chantier qui aura coûté 18,5 millions de dollars et qui aura été réalisé selon l'échéancier prévu. Le Pavillon sera inauguré le 9 novembre prochain.


Retour au dossier Des chantiers dans les délais et les budgets


 Entamée au printemps 1989, la construction du Pavillon Jean-Noël Desmarais reposait sur le mode de réalisation classique «clés en main», selon lequel un entrepreneur soumissionne l'ensemble du projet. Un mode que Paul Lavallée, directeur de l'administration du MBAM, juge lourd et coûteux. Dans cette démarche bien connue, l'entrepreneur jugule ses risques en se dégageant une marge de profit assez importante. «C'est coûteux, et il y a un réel risque de perte de contrôle», juge le directeur.


Contôler les coûts


Lors de la construction du Pavillon Claire et Marc Bourgie, inauguré en 2011, le MBAM opte donc pour une autre démarche : le Musée embauche les professionnels et l'entrepreneur, et reste le maître d'oeuvre tout au long du chantier. Les divers professionnels sont par ailleurs engagés très tôt dans le projet.


Le MBAM apprécie tellement la démarche qu'il n'hésite pas à la choisir de nouveau pour la construction du Pavillon pour la paix Michal et Renata Hornstein. «Cette façon de faire permet de contrôler les coûts, ce qui est particulièrement important pour un organisme à but non lucratif, mais elle assure aussi la possibilité de faire des changements architecturaux en cours de route», explique Paul Lavallée.


Dans le cas du Pavillon pour la paix, par exemple, le jardin extérieur projeté est devenu une salle intérieure afin de maximiser l'espace. Le fini extérieur prévu a aussi été modifié. Le projet prévoyait installer une pierre sur des bâtonnets d'aluminium, mais cela s'est révélé trop risqué. Lors d'une démarche classique clés en main, une fois les plans et devis remis à l'entrepreneur, il est ardu de faire de tels changements sans encourir le risque de payer des extras, ce qui vient alors grever le budget.


La gérance de construction permet aussi d'entreprendre le projet avant que les plans ne soient complètement finalisés. Cela a été le cas pour les travaux de démolition et d'excavation, et la réalisation du chantier s'en est trouvée accélérée. La construction a pu démarrer dès novembre 2014 pour se terminer en février 2016.


Une collaboration étroite


Pour réaliser le concept de ce pavillon, le MBAM a misé sur les firmes d'architectes Jodoin Lamarre Pratte architectes ainsi qu'Atelier TAG. Deux partenaires habitués à travailler ensemble, puisqu'ils en étaient à leur quatrième projet commun.


TAG, un petit cabinet d'une dizaine de personnes, est reconnu pour ses qualités de concepteur. Jodoin Lamarre Pratte, où travaillent 80 personnes, fait jouer son expertise dans la réalisation technique, la supervision de chantier, l'analyse des risques, en plus de contribuer à la conceptualisation.


Les défis particuliers : comme il s'agissait d'une extension, il fallait que les systèmes mécaniques (chauffage, électricité, etc.) du nouveau pavillon puissent se raccorder à ceux des anciens pavillons et fonctionner avec eux. Il fallait aussi que l'apparence esthétique ne tranche pas trop avec celle du Musée, tout en présentant un aspect original. De plus, le chantier était assez exigu en raison de sa présence en milieu urbain.


Nicolas Ranger, architecte et associé chez Jodoin Lamarre Pratte, apprécie particulièrement la méthode intégrée et la gérance de construction, les modes de réalisation retenus par le MBAM. Sa firme les avait déjà utilisées, par exemple, lors du projet de pavillon des soins critiques de l'Hôpital général juif. «Chaque mode de réalisation peut avoir ses avantages et ses inconvénients, en fonction des budgets, des échéanciers, de la qualité que l'on veut atteindre, dit-il. Il s'agit de savoir choisir celui qui est le mieux adapté au projet.»


La démarche a permis de respecter le budget et l'échéancier, notamment en raison de la participation précoce de l'entrepreneur général dans le projet. Il a donc pu contribuer dès le début. «Cela a eu un impact positif sur la qualité de la réalisation, puisque l'entrepreneur comprenait très bien les enjeux de conception et les éléments qu'il fallait superviser de plus près sur le chantier», illustre M. Ranger.


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INFOS


Coût : 18,5 M$


Donneur d'ordres : Musée des beaux-arts de Montréal


Réalisation : Jodoin Lamarre Pratte architectes et Atelier TAG


 

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