La Fed constate un ralentissement marqué de la croissance économique

Publié le 20/03/2019 à 16:41

La Fed constate un ralentissement marqué de la croissance économique

Publié le 20/03/2019 à 16:41

Par AFP
Le gouverneur de la Fed, Jerome Powell.

Le gouverneur de la Fed, Jerome Powell. (Photo: Getty)

La Banque centrale américaine a drastiqement changé de cap en annonçant mercredi qu'elle laissera ses taux d'intérêt inchangés cette année en raison d'un ralentissement plus marqué de la croissance et d'une inflation toujours plus contenue.


«Les informations reçues par le Comité monétaire depuis la réunion de janvier indiquent que le marché du travail reste solide mais la croissance de l'activité économique a ralenti comparé au rythme soutenu du quatrième trimestre», ont commenté les membres du Comité monétaire dans un communiqué mercredi. 


La Fed table désormais sur une expansion de 2,1% pour 2019 contre 2,3% estimée en décembre. L'inflation devrait, elle, atteindre 1,8% contre une projection de 1,9% précédemment.


Des données récentes montrent, au premier trimestre, un accroissement plus faible des dépenses des ménages, traditionnel moteur de l'économie américaine ainsi que des investissements moins importants, également entre janvier et mars, explique également la Fed.


Elle observe que «globalement, l'inflation a ralenti sur douze mois, essentiellement en raison d'une baisse des prix de l'énergie, notamment de l'essence. Sans les prix volatils des secteurs de l'énergie et de l'alimentaire, l'inflation demeure autour des 2%», cible de la Fed. 


International


La Fed, qui prévoyait jusqu'alors encore deux hausses de taux d'intérêt, a donc adopté une position très prudente.


Ce changement d'approche, plus drastique que ne l'anticipaient de nombreux analystes, et résolument «colombe», c'est-à-dire très accommodant, reflète l'attitude tempérée de la banque centrale vis-à-vis de l'évolution de la conjoncture et des tensions à l'international.


S'agissant des événements à l'international, la Fed a en tête la difficile sortie du Royaume Uni de l'Union européenne (Brexit) ou encore les tensions commerciales entre les États-Unis et ses partenaires Chine et Union européenne en tête. 


De hauts responsables américains se rendent à Pékin la semaine prochaine pour tenter de mettre fin à la guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales entamée il y a un an et qui pèse sur la croissance de l'économie mondiale.


De nombreux économistes s'attendaient plutôt à ce que la Fed prévoit une seule hausse des taux cette année plutôt que deux. «Ce serait un très gros changement si elle ne prévoyait aucun relèvement de taux», avait même estimé Joe Gagnon, du Peterson Institute for International Economics (PIIE). 


Les taux au jour le jour, qui influencent tous les autres types de crédits, ainsi que l'activité industrielle, immobilière et la consommation, restent donc entre 2,25% et 2,50% après une dernière hausse en décembre.


Le président de la Fed, Jerome Powell, avait largement préparé les esprits en indiquant à plusieurs reprises que c'était «le bon moment» pour la Banque centrale «d'être patiente et d'attendre de voir» avant d'agir à nouveau sur les taux d'intérêt. 


La faible inflation, qui est restée ces deux derniers mois sous la cible des 2% que la Fed estime bénéfique pour l'économie, est le principal critère qui invite le Comité monétaire à faire une pause sur le renchérissement du crédit.


Prudence contre excès d'optimisme?


L'affaiblissement de la croissance mondiale, particulièrement en Chine et en Europe, a en outre poussé la Réserve fédérale à la prudence qui contraste avec l'optimisme affichée de l'administration Trump. 


Cette dernière estime que la croissance des États-Unis devrait atteindre 3,2% cette année et 3% pour les dix ans à venir, a ainsi affirmé mardi Kevin Hassett, économiste de la Maison Blanche. 


L'expansion américaine avait atteint 2,9% en 2018, selon le département du Commerce.


Cette pause de la Fed, décrétée en début d'année, est intervenue non seulement après une forte volatilité des marchés boursiers, inquiets des hausses des taux, mais encore à la suite des violentes critiques de Donald Trump envers le président de la Banque centrale.


Jerome Powell, qui s'est constamment refusé à réagir aux critiques de l'hôte de la Maison Blanche, insiste régulièrement sur le fait que la Fed reste «apolitique» et ne prend ses décisions que sur la base des données économiques.


Mercredi, le Comité monétaire a répété que ses prises de décisions prennent en compte une vaste palette d'informations, «incluant les conditions de marché, les indicateurs de pressions inflationnistes et les attentes d'inflation, ainsi que les développements à l'international».


Sur le front de l'emploi, la Banque centrale prévoit une remontée du chômage à 3,7% cette année après 3,5% en 2018.


Enfin, à l'issue d'une réunion à l'agenda très fourni, la banque centrale a annoncé qu'elle cessera en septembre de réduire son portefeuille de bons du Trésor qu'elle a accumulé à son bilan après la crise.


Ces annonces ont contribué à redresser la Bourse de New York tandis que le dollar reculait.


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