Alpha concurrencera Montréal dans les produits dérivés

Publié le 26/03/2011 à 00:00, mis à jour le 25/03/2011 à 18:26

Alpha concurrencera Montréal dans les produits dérivés

Publié le 26/03/2011 à 00:00, mis à jour le 25/03/2011 à 18:26

Par François Normand

[Photo : Gilles Delisle]

La Bourse de Montréal pourrait bientôt avoir de la concurrence dans le secteur des produits dérivés standardisés.

Alpha Group, une plateforme canadienne de négociation d'actions, planifie de lancer une Bourse qui offrirait des options et des contrats à terme, comme le fait actuellement la Bourse de Montréal.

Ces instruments - très demandés - permettent à des entreprises et à des investisseurs de réduire leur risque par rapport à la fluctuation de la valeur d'actifs financiers, de taux d'intérêt, de devises et d'indices boursiers.

" Nous visons un lancement à la fin de 2012 ou en 2013 ", confie Joe Schmitt, le directeur général d'Alpha Group, dans un entretien avec Les Affaires.

Ce projet survient alors que la Bourse de Montréal (achetée en 2008 par celle de Toronto) pourrait passer sous le contrôle de la Bourse de Londres. En février, celle-ci a fait une offre d'achat sur le Groupe TMX. Cette transaction n'a pas encore été approuvée par les autorités de réglementation.

Abaisser les coûts de transaction

Alpha Group a été créé en 2007 par neuf institutions financières canadiennes, dont BMO Nesbitt Burns, Valeurs mobilières Desjardins et la Banque Nationale.

En créant une Bourse de produits dérivés, Alpha Group veut faire la même chose qu'avec le marché des valeurs mobilières au Canada : profiter du manque de concurrence pour innover et offrir des coûts transactionnels plus concurrentiels.

" Les coûts de négociation des produits dérivés au Canada sont dix fois plus élevés qu'aux États-Unis ", affirme M. Schmitt.

Alpha Group a lancé sa plateforme de négociation d'actions à la fin de 2009. L'objectif était d'injecter une bonne dose de concurrence dans ce marché au Canada - concentré alors à la Bourse de Toronto.

Pari gagné. Depuis le lancement, Alpha Group s'est emparé de 20 % du marché canadien des valeurs mobilières, forçant la Bourse de Toronto à réduire ses coûts pour vendre ou acheter des actions.

Le même type de pression s'exercerait sur la Bourse de Montréal, selon Martin Boyer, professeur de finance à HEC Montréal. " La création d'une Bourse de dérivés augmenterait la concurrence et ferait baisser les coûts transactionnels. "

Jointe par Les Affaires, la Bourse de Montréal a préféré ne pas commenter le projet d'Alpha Group. " Nous ne sommes pas en mesure de commenter des développements qui ne sont pas publiquement annoncés ", indique Ronald Alepian, porte-parole de Groupe TMX.

Conserver la chambre de compensation de la Bourse de Montréal

Selon Martin Boyer, le défi d'Alpha Group sera de créer une chambre de compensation (la Bourse de Montréal en a une), un organisme qui assure la bonne exécution de toutes les opérations, sans aucun risque de défaillance des parties qui participent à une transaction.

Alpha Group souhaite d'ailleurs que la chambre de compensation de la Bourse de Montréal soit exclue de l'offre d'achat de la Bourse de Londres sur le Groupe TMX, et ce, pour en faire un organisme à but non lucratif desservant l'ensemble des utilisateurs de produits dérivés au Canada.

" Cette structure existe aux États-Unis ", dit Joe Schmitt. L'Options Clearing Corporation (OCC), une entité indépendante, offre des services de compensation à plusieurs Bourses de produits dérivés, comme le Chicago Board Options Exchange (CBOE) ou l'International Securities Exchange (ISE). Cette structure existe également en Europe avec LCH.Clearnet, une entité franco-britannique.

Alpha Group ne manque pas d'ambition. Elle souhaite aussi devenir une Bourse à part entière, où des entreprises pourraient s'inscrire sans être cotées à la Bourse de Toronto. Cette demande est toujours en attente d'autorisation.

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