Les fintech à la rescousse


Édition du 29 Octobre 2016

Les fintech à la rescousse


Édition du 29 Octobre 2016

[Photo : Shutterstock]

Dans un contexte de taux d'intérêt bas, les titres de technologie financière (fintech) jouent un rôle important pour obtenir de la croissance dans le secteur des titres financiers, selon Yassen Dimitrov, gestionnaire du Fonds de services financiers Dynamique. Les fintech composent environ le tiers de son fonds.

Ce sont des entreprises, souvent en démarrage, qui utilisent la technologie pour améliorer les services financiers, ce qui fait dire à certains que la technologie financière est au monde bancaire ce qu'UberX et Airbnb sont aux secteurs du transport et de l'hébergement. Elles ont des vecteurs de croissance différents des titres des banques et des sociétés d'assurance-vie, selon Yassen Dimitrov.

Elles tablent particulièrement sur trois phénomènes de transformation.

> D'abord, les paiements électroniques continuent de se substituer aux paiements par chèque. Ainsi, le taux de croissance de ces paiements est près du double de celui des dépenses de consommation des particuliers.

> Ensuite, en raison des pressions sur les marges exercées par les bas taux d'intérêt, les banques et les sociétés d'assurance-vie ont dû sabrer simultanément leurs coûts d'exploitation et investir dans de nouvelles technologies pour remplacer des systèmes administratifs (l'arrière-guichet, ou back-office). Ces systèmes, qui dataient d'une trentaine d'années, nécessitaient beaucoup d'ajustements manuels.

> Enfin, les banques doivent investir dans les services bancaires en ligne et mobiles, le nouveau guichet bancaire les rendant accessibles à tout moment.

Ces trois tendances jouent en faveur de sociétés offrant des technologies efficaces pour faciliter ces transformations.

Des multiples plus élevés que les titres bancaires

Les titres se négocient souvent à des multiples plus élevés que ceux des banques ou des assureurs-vie, mais leur croissance est plus rapide. Ainsi, la société de paiements électroniques Vantiv (VNTV, 57,11 $ US) se négocie à 21,2 fois les bénéfices prévus, par rapport à 18,1 fois pour l'indice S&P 500. Cependant, la croissance durable des bénéfices de Vantiv oscille entre 10 et 15 %, alors que ceux du S&P 500 ont baissé au cours des six derniers trimestres. «Cette divergence nous paraît insensée», résume Yassen Dimitrov.

Le fonds détenait 49,4 % de son actif en titres américains au 31 août, la grande majorité des titres fintech étant à l'extérieur du Canada.

Une récession probable

La conjoncture est moins favorable aux autres titres financiers, selon lui, alors que plusieurs indicateurs coïncidents et avancés démontrent que le cycle économique est très avancé. La diminution importante de la croissance du PIB tant aux États-Unis qu'à l'échelle mondiale, de même que celle des bénéfices et des marges bénéficiaires en sont d'autres symptômes.

«Nous sommes dans la septième année d'expansion, alors que la durée moyenne des quatre derniers cycles est aussi de sept ans. Le plus long cycle récemment observé a été de 10 ans. On peut argumenter que la croissance plus lente observée dans ce cycle favorise un cycle plus long, mais si vous avez un horizon de placement de trois ans, il est hautement probable que l'économie entrera en récession durant cette période», avance Yassen Dimitrov.

Il ne s'attend donc pas à des hausses significatives des taux d'intérêt, le niveau d'endettement très élevé de l'économie mondiale ne le permettant pas. Or, les taux d'intérêt sont très importants en ce qui concerne l'évaluation des titres financiers, tant en raison de leur rendement boursier que des fondamentaux.

«Le fait que nous soyons dans la phase avancée du cycle économique constitue une difficulté majeure, alors qu'une récession peut avoir un impact majeur sur les bénéfices des sociétés du secteur», prévient-il.

C'est pourquoi il est sceptique depuis le début de l'année quant à la détention de titres bancaires américains, parce que leurs prévisions de bénéfices incorporaient plusieurs hausses successives des taux d'intérêt. Les prévisions ont dû être abaissées au courant de l'année lorsque ces hausses ne se sont pas matérialisées. Il s'attend seulement à une hausse du taux directeur de la Fed cette année et à une autre l'an prochain.

«Le consensus prévoit d'autres hausses en 2018, mais nous croyons plutôt que l'économie va devenir problématique, et il est possible que la Fed rabaisse les taux», reprend M. Dimitrov.

Dans ce contexte, il espère que les fintech serviront d'amortisseurs pour son portefeuille, car elles ne sont pas influencées par les taux d'intérêt ou le cycle des pertes sur prêts. Les fintech souffriraient toutefois si les institutions financières réduisaient leurs investissements dans ces nouvelles technologies. Pour celles qui sont axées sur les paiements électroniques, une réduction des dépenses de consommation nuirait aussi. «Mais pendant la crise financière, plusieurs fintech ont pu maintenir leurs bénéfices, voire les augmenter», rappelle-t-il.

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