Fonds de série D : une avancée pour l'investisseur


Édition du 05 Juillet 2014

Fonds de série D : une avancée pour l'investisseur


Édition du 05 Juillet 2014

Depuis longtemps, les Américains qui prennent leurs décisions de placement sans l'aide d'un conseiller peuvent acheter un fonds commun directement de la société qui le gère. Ils évitent ainsi les frais à payer à un conseiller et ne payent donc que les frais de gestion du fonds. La logique est simple : l'investisseur ne paye que pour les services qu'il reçoit.

Les fonds de série D permettent aux épargnants canadiens d'appliquer la même logique. Hélas, ces fonds sont trop peu nombreux. Et aujourd'hui encore, des honoraires de conseil sont intégrés aux frais de la grande majorité des fonds disponibles au Canada. Un investisseur achetant des fonds par l'entremise d'un courtier exécutant paiera les mêmes frais que s'il les avait achetés auprès d'un conseiller. Or, le courtier exécutant ne peut pas offrir de conseil. Dans cet exemple, les honoraires de «conseil» seront versés au courtier exécutant.

Pourtant, les fonds de série D réduisent justement la commission de suivi (trailer fee) payable au courtier exécutant. Celle-ci, sur la plupart des fonds de série D composés d'actions, est souvent de 0,25 % comparativement à 1 % pour les fonds d'actions de série A habituels.

Dans les faits, la réduction du ratio des frais de gestion (RFG) varie beaucoup d'un fonds à l'autre. Par exemple, le RFG de la série A du Fonds mondial d'analyse fondamentale Trimark est de 2,8 %, tandis que celui de la série D n'est que de 1,32 %. Par contre, le RFG de la série A des Fonds d'actions canadiennes O'Shaughnessy est de 1,55 %, par rapport à 1,21 % pour celui de la série D, un écart plus modeste de 22 %. Rappelons que le RFG médian sur les fonds d'actions canadiennes est de 2,37 %, selon la base de données PALTrak de Morningstar Canada.

Un créneau en effervescence

Plusieurs études ont documenté l'effet négatif des coûts sur la performance des fonds. Selon une étude de Financial Research Corporation publiée en 2002, le RFG s'avère l'indice le plus fiable de la performance future des fonds. L'étude démontre que les fonds les moins coûteux ont affiché des rendements supérieurs à la moyenne durant toutes les périodes examinées.

Les fonds de série D ne datent pas d'hier. Selon la base de données PALTrak de Morningstar Canada, le premier aurait été lancé il y a une cinquantaine d'années par la société de gestion de fonds PH&N, acquise par la Banque Royale du Canada en mai 2008. Toutefois, ces fonds sont restés marginaux, probablement parce que les conseillers n'y trouvaient pas leur compte.

L'annonce en novembre dernier de l'ajout de fonds de série D par Invesco Canada, Placements Mackenzie et BlackRock Canada a toutefois changé la donne. Depuis, le courtier exécutant BMO Ligne d'action a récemment lancé sa propre gamme d'une trentaine de fonds de série D, tous basés sur des fonds gérés par BMO. On comptait 298 fonds de série D offerts sur le site du courtier exécutant RBC Placements en Direct à la fin de mai, avec un seuil de placement initial de 500 $.

Cette soudaine effervescence n'est pas étrangère à des discussions que les autorités en valeurs mobilières du Canada mènent sur la structure de tarification actuelle des organismes de placement collectif. Des groupes de défense des consommateurs, notamment la Fondation canadienne pour l'avancement des droits des investisseurs (FAIR Canada), aimeraient voir disparaître les commissions de suivi intégrées dans les frais d'un fonds. Ces commissions de suivi sont désormais interdites au Royaume-Uni et en Australie.

L'industrie canadienne des fonds préférerait conserver la structure actuelle, quitte à jeter du lest en créant les fonds de série D pour les investisseurs autonomes : «Il semble de plus en plus clair que les autorités veulent s'assurer que les investisseurs autonomes ne paient pas pour des conseils qu'ils ne reçoivent pas», reconnaît Peter Intraligi, président d'Invesco Canada.

D'autres options que les fonds de série D s'offrent à l'investisseur autonome qui veut diminuer le coût de détention des fonds communs. Ils peuvent se tourner vers des fonds négociés en Bourse, qui offrent pour la plupart une gestion qui vise à reproduire un indice boursier. Leurs frais de gestion peuvent être aussi bas que 0,05 %. Il existe aussi des familles de fonds gérés activement dont les frais ont toujours été plus bas parce qu'elles s'adressaient déjà aux investisseurs autonomes. Un nom vient immédiatement à l'esprit : Mawer. Cette société de gestion de Calgary offre une dizaine de fonds, dont le RFG varie de 0,98 % à 1,82 % pour un placement initial de 5 000 $. Mawer ne verse aucune commission de suivi aux courtiers.

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