Regardons dans le rétroviseur


Édition du 28 Juillet 2018

Regardons dans le rétroviseur


Édition du 28 Juillet 2018

Par Tahar Mansour

Il lui manque un peu moins de 19 $ ­US l’action pour que ­Microsoft devienne la première entreprise dont la capitalisation boursière atteindra le 1 000 G$ ­US. ­[Photo: 123RF]

En conduite automobile, regarder dans le rétroviseur vous donne une bonne idée de votre environnement routier et des dangers potentiels qui pourraient vous guetter. Dans la vie financière, regarder en arrière vous dit d'où vous venez et où vous en êtes. C'est très pratique pour corriger le tir si nécessaire. D'ailleurs, ceux qui sont un peu disciplinés s'arrêtent, une fois par année, et font le point. Alors, après une année de réflexions sur des titres, moi aussi je veux m'évaluer pour voir où j'en suis.

Nous avons commencé ce jeu il y a à peu près une année. L'idée était de vous suggérer des idées et de vous laisser y réfléchir. Ne connaissant ni vos attributs financiers personnels ni votre degré de tolérance au risque, personne ne peut vous conseiller quoi que ce soit. C'est à vous, qui connaissez votre personnalité et situation, de faire votre travail.

En ce qui me concerne, à mon âge respectable, je cherche un revenu relativement stable et une croissance à long terme.

Avec Nestlé, China Mobile et la banque Mitsubishi, je n'ai récolté que mes dividendes. La valeur de mon investissement a diminué de 20 % dans le cas de Nestlé, qui est en profonde restructuration, et de 15 % dans le cas de China Mobile, alors qu'elle est restée relativement stable pour la banque Mitsubishi. J'aurais aimé avoir de meilleures performances, mais je n'ai pas acheté ces titres pour un an. Alors j'attends, sachant que j'ai du solide dans le portefeuille.

J'ai cependant marqué de très bons points avec ce que je considère encore comme être des titres sous-évalués :

1. Le groupe Alibaba. Lorsque j'ai analysé ce titre, il se négociait à 136 $ US. Il est à 190 $ US aujourd'hui, après avoir poussé à 209 $ US. Ce n'est pas mauvais. S'il se négociait au même multiple qu'Amazon (à qui il ressemble beaucoup), le titre aurait une valeur de près de 1 000 $ US. Je demeure pas mal convaincu que c'est là où BABA se dirige sur trois à cinq ans. Son potentiel de croissance est tout simplement phénoménal.

2. Microsoft. La reine des technos est à près de 105 $ US l'action. Il lui manque un peu moins de 14 $ US l'action pour que Microsoft devienne la première entreprise dont la capitalisation boursière atteindra le 1 000 G$ US. Sera-t-elle la première à l'atteindre ou la deuxième après Apple, je ne peux le dire. Une chose est sûre, cependant, à moins d'une catastrophe : MSFT atteindra le milliard de capitalisation boursière durant l'actuel cycle. La raison : son fameux « cloud computing » est en train de donner les résultats escomptés.

3. BCE. Bien que le titre soit passé de 44,79 $ à près de 55 $, l'entreprise vit des perturbations relativement importantes. Elle est en semi-restructuration. Il faut dire que c'est un grand conglomérat, difficile à retourner. Il faut du temps, de l'énergie et de l'argent, mais la société finira par retrouver le chemin de la croissance. En attendant, contentons-nous de son 5,53 % de rendement de dividende.

Jeter un coup d'oeil dans le rétroviseur ne suffit évidemment pas. Il faut aussi toujours regarder en avant et s'interroger sur ce qui s'en vient.

Globalement, les choses regardent bien. Les profits des sociétés sont au rendez-vous et l'économie continue de croître.

Il est vrai que la main-d'oeuvre commence à manquer dans quelques secteurs. Est-ce un prélude pour de l'inflation et, du coup, des taux d'intérêt plus élevés ? Pas nécessairement. Il est trop tôt pour le dire.

Il faudra peut-être également avoir un oeil sur le pétrole, qui grimpe en cette période de croissance économique mondiale. Pour l'instant, l'impact ne semble pas senti.

La principale ombre au tableau me semble être ce président américain, qui souffle le chaud et le froid, et jette de l'incertitude sur le marché. Le ciel pourrait malheureusement prendre deux ans encore avant de devenir plus clair de ce côté.

Ce qui ne nous empêchera pas de continuer à traiter de titres qui pourraient bien performer. Après tout, le cycle semble vouloir se poursuivre. Et, bien qu'il puisse être sage de parfois ajuster des pondérations, il faut savoir regarder au-delà les cycles. Il me reste encore quelques bijoux d'entreprises dont je veux vous parler : Exxon, Couche- tard, et les banques, notamment.

EXPERT INVITÉ
Tahar Mansour est économiste, Ph.D. et chargé de cours à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

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