Bourse: Les stratèges ne sont pas trop enthousiastes

Publié le 29/12/2016 à 09:12

Bourse: Les stratèges ne sont pas trop enthousiastes

Publié le 29/12/2016 à 09:12

Par Jean Gagnon

À moins d’un renversement de dernière heure, la bourse américaine terminera l’année tout près d’un sommet historique. Mais même après avoir été témoin de la réaction positive des bourses à l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les stratèges des grandes banques cachent mal leurs inquiétudes quant à la suite des événements.

Comme il le fait chaque année, le site MarketWatch.com a effectué un sondage auprès de 12 stratèges parmi les plus réputés, tous oeuvrant pour une des grandes banques ou pour S&P Global, le bras de recherche de Standards & Poors. Le sondage porte sur le niveau auquel ces stratèges prévoient que l’indice S&P 500 terminera la prochaine année.

Force est de constater que peu d’entre-eux anticipent une très grosse année. La moyenne des prédictions est de 2 359. Comme l’indice si situe déjà à 2 270, la hausse moyenne anticipée pour l’an prochain n’est donc que de 3,9 %. Les quatre répondants les moins optimistes prévoient seulement 2 300, soit à peine 1,3 % de hausse. Le plus optimiste du groupe est Jonathan Golub, stratège en chef pour les marchés boursiers chez RBC Capital Markets, qui prédit 2 500, soit un gain de 10,1 %

Ces stratèges se débrouillaient plutôt bien en 2016 jusqu’à ce que la victoire surprise de Donald Trump bousille un peu leurs prévisions. Ceux-ci avaient prévu que le S&P 500 terminerait l’année à 2 192. C’est à peu près le niveau où l’indice se situait un mois avant l’élection alors que tous prévoyaient encore qu’Hillary Clinton allait l’emporter. Mais la victoire du magnat de l’immobilier new yorkais semble maintenant permettre à l’indice de terminer l’année 4 % plus haut que les prévisions faites il y a 12 mois.

Agenda de Trump, des pour et des contre

Comment les stratèges expliquent-ils leurs prévisions un peu timides pour 2017 ? Ils semblent pour la plupart d’accord que l’espoir de déréglementation et de coupures d’impôts promises par le prochain président est un gros facteur quant à l’optimisme actuel des investisseurs. « Les perspectives de baisses d’impôts pour les sociétés, un assouplissement de la réglementation dans certains secteurs et une augmentation des stimuli fiscaux permettent d’espérer des révisions à la hausse des bénéfices », dit David Kostin, stratège chez Goldman Sachs.

Mais l’enthousiasme que suscitent ces facteurs pourrait bien n’être que passager, selon lui. « Les craintes referont surface lorsque le focus se portera vers une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt en deuxième moitié d’année », dit M. Kostin. Ce qui explique son objectif de 2 300 pour le S&P 500 au 31 décembre 2017.

« Les investisseurs ont peut-être déjà emprunté un peu sur les gains de 2017 », ajoute Tobias Levkovich, stratège chez Citigroup. Son objectif pour le S&P 500 est de 2 325, mais il admet que les baisses d’impôts des sociétés promises par Donald Trump, si elles devaient se concrétiser, pourrait ajouter 100 points à son objectif.

Mirage haussier

Certains gestionnaires plus près de chez nous partagent également ce manque d’enthousiasme. « Le marché des actions est actuellement un mirage », dit Guy Liébart, président de Gestion Sodagep, une firme de gestion de portefeuilles de Montréal.

Les obstacles que devront affronter les marchés boursiers sont nombreux, selon lui. « Les taux d’intérêt montent, et les dépenses gouvernementales en feront tout autant. Et on risque d’assister à une contraction du commerce international, tous des facteurs négatifs », dit-il.

L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche constitue un facteur de risque important, croit également Clément Gignac, économiste, stratège et gestionnaire à l’Industrielle Alliance. Les questions de gouvernance et d’éthique seront fréquemment dans l’actualité, et le fait d’ignorer les journalistes comme il le fait n’annonce rien de bon à cet égard, selon lui.

Par ailleurs, pour Jonathan Golub, le plus optimisme des stratèges sondés par MarketWatch, l’élection de Trump constitue le plus gros changement de paradigme depuis Ronald Reagan. « La table est mise pour une croissance soutenue de l’emploi, et des baisses d’impôts des sociétés qui ajouteront 5 à 7 % à leurs bénéfices annuels. Et grâce à la déréglementation, les gains en productivité permettront une hausse de la croissance économique et des salaires, ce qui stimulera la confiance des consommateurs », dit-il.

 


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