Vous êtes un champion arts-affaires.

Publié le 01/02/2013 à 09:37, mis à jour le 01/02/2013 à 11:05

Vous êtes un champion arts-affaires.

Publié le 01/02/2013 à 09:37, mis à jour le 01/02/2013 à 11:05

BLOGUE. La Chambre de commerce du Montréal métropolitain et le Conseil des arts de Montréal appellent les champions arts-affaires 2012 à se manifester. Les organismes culturels sont invités à proposer la candidature d’hommes ou de femmes, d’entreprises qui les ont soutenu de façon remarquable durant l’année 2012. En plus d’être honorés au cours de la soirée de remise des prix en mai prochain, ces hommes et femmes d’action en culture deviennent de véritables ambassadeurs de la cause arts-affaires.


De grandes entreprises comme la Standard Life, Telus, SSQ groupe financier, mais aussi de grands mécènes comme Pierre Bourgie, Derek A. Price, Maurice Forget ont reçu ce prix dans les dernières années. La Chambre de commerce et le Conseil des arts ont aussi eu l’excellente idée de souligner chaque année l’implication et la contribution de bénévoles et de PME. Citons par exemple George Laoun Opticien, la Quincaillerie Delorimier, Publicité Sauvage. Ces derniers sont la preuve que le mécénat n’est pas toujours une question de grande richesse, chacun peut réellement faire la différence, à son échelle.


En ces temps d’austérité budgétaire, la culture a besoin de toute l’innovation et le dynamisme du milieu d’affaire pour diversifier et renforcer le financement des arts. De son côté, le gouvernement du Québec souffle le chaud et le froid depuis quelques semaines dans le dossier arts-affaires.


Le 17 janvier, Pauline Marois soulignait l’importance de favoriser l’émergence de nouveaux mécènes québécois et annonçait la création d’un comité spécial sur cette question. J’en parlais d’ailleurs dans mon dernier blogue. Deux semaines plus tard, la journaliste Frédérique Doyon du Devoir apprenait que le ministère de la Culture allait réduire l’enveloppe budgétaire du programme Placement Mécénat culture. Ce programme a pourtant fait ses preuves pour soutenir le mécénat. Des organismes, souvent de petite taille, sont allés mobiliser des entreprises, des PME, des compagnies régionales. L’initiative connait du succès, permet de développer le mécénat et voilà que le ministre Maka Kotto décide d’amputer le programme.


On apprenait aussi il y a 10 jours que le ministre doit freiner les projets d’infrastructure car l’argent qui se fait rare sera presque entièrement consacré à la Maison Symphonique. L’édifice Wilder devra attendre pour devenir la maison de la danse et accueillir les Grands Ballets Canadiens, l’École de danse contemporaine et Tangente. Les caisses sont vides et il n’y avait pas d’argent réservé pour cela par les Libéraux selon Maka Kotto. « Faux » a répliqué sans attendre sur Twitter l’ancienne ministre Christine St-Pierre. Les Libéraux ont rattrapé le retard a-t-elle dit en terme d’infrastructures à Montréal et en régions ( Baie-Comeau, Rivière-du-Loup, Rimouski, Alma, Chandler, etc).


Cela n’aurait rien d’inquiétant si ces dispositions s’inscrivaient dans le cadre du programme du nouveau ministre de la Culture. Le problème, c’est que cela s’inscrit plutôt dans le flou! Et ce flou n’a rien d’artistique car on ne connait toujours pas vraiment la vision de Maka Kotto.


Face à toutes ces incertitudes, le secteur privé a donc le devoir de se mobiliser plus que jamais. Et il le fait. Campagnes de financement, dons en argent ou en œuvres d’art, mécénat et transferts de compétences aux organismes culturels, mentorat, etc. Les exemples encourageants ne manquent pas. C’est cet angle que la Chambre de commerce du Montréal métropolitain a choisi en lançant l’appel de candidatures des prix arts-affaires et son nouveau guide au titre brillant: « la culture, faites-en votre affaire ». L’idée, c’est de prêcher par l’exemple et de mettre de l’avant des ambassadeurs de la culture, ceux qui donnent de leur temps, de leur argent ou de leur expertise. Voici une initiative qui pour la troisième année consécutive démontre toute sa pertinence. Inspirons nous des Pierre Bourgie, Jean-Pierre Desrosiers, Alexandre Taillefer et faisons confiance à leur vision.


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Sébastien Barangé, Directeur des communications et affaires publiques de CGI. (Twitter @SBarange) 


Sébastien a été journaliste à Radio-Canada et a collaboré au quotidien Le Devoir, il a par la suite été conseiller de Michaëlle Jean durant son mandat de gouverneure générale du Canada, de 2005 à 2010. Sébastien est reconnu pour son engagement envers la communauté montréalaise et siège au sein de plusieurs conseils d’administration dans les secteurs de l’éducation et de la culture.


président du comité exécutif d'artsScène Montréal (Business for the arts)


membre du conseil d'administration de Ensemble (ex Fondation Tolérance)


membre de la campagne de financement 2013 de O Vertigo

À propos de ce blogue

Sébastien est reconnu pour son engagement envers la communauté montréalaise et siège au sein de plusieurs conseils d’administration dans les secteurs de l’éducation et de la culture.

Sébastien Barangé

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