Le marché immobilier canadien connaîtra-t-il le même sort que le marché américain en 2008-2009?

Publié le 14/06/2013 à 15:52, mis à jour le 15/06/2013 à 11:21

Le marché immobilier canadien connaîtra-t-il le même sort que le marché américain en 2008-2009?

Publié le 14/06/2013 à 15:52, mis à jour le 15/06/2013 à 11:21

- Aux États-Unis, contrairement au Caanada, les prêts hypothécaires résidentiels sont déductibles du revenu imposable. Une telle politique incite selon moi à la spéculation ou à tout le moins à ne pas rembourser rapidement son hypothèque.

- Les prêts hypothécaires au Canada sont généralement des prêts « avec plein recours ». Cela veut dire que l’emprunteur est personnellement responsable de la créance, même après saisie. Dans de nombreux États américains, les prêts hypothécaires sont « sans recours », ce qui veut dire que le prêteur n’a que la propriété sous-jacente en garantie. On peut donc comprendre pourquoi tant de propriétés ont tout simplement été abandonnées par leurs propriétaires américains après la chute de prix de 2008-2009. 

- Dans les années qui ont mené à la crise immobilière américaine, la vaste majorité des hypothèques étaient revendue en blocs à des investisseurs qui, souvent ne comprenaient pas le risque associé à ces titres (c’est ce qu’on appelle la titrisation ou les « mortgage-backed securities »). Or, selon la SCHL, « au Canada, la plupart des prêts hypothécaires sont consentis et conservés par des institutions financières dont le but est d’établir une relation durable avec l’emprunteur ».

Ces différences fondamentales me portent à croire que le marché canadien, bien qu’il soit probablement étiré en termes de prix et du niveau d’endettement des citoyens, ne comporte pas du tout le même niveau de risque que le marché américain d’avant 2008-2009. À mon avis, à moins d’une forte hausse des taux d’intérêt ou d’une baisse marquée de l’emploi, on peut prévoir que le marché immobilier canadien ralentira graduellement au cours des prochaines années; pas un effondrement semblable à ce qui s’est passé aux États-Unis. Dans un tel contexte, Home Capital devrait selon moi continuer d’enrichir ses actionnaires à long terme.

Philippe Le Blanc

À propos de ce blogue : Philippe Le Blanc, CFA, MBA, est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100. COTE 100 détient des actions de Home Capital Group dans divers comptes sous sa gestion.

 

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