Souffrez-vous du syndrome de la gazelle?

Publié le 10/04/2012 à 09:59, mis à jour le 12/04/2012 à 14:32

Souffrez-vous du syndrome de la gazelle?

Publié le 10/04/2012 à 09:59, mis à jour le 12/04/2012 à 14:32

La gazelle ne tient pas la distance, c'est son éternel problème. Photo : DR.

BLOGUE. Aujourd’hui, tout le monde ne jure que par les start-ups. Tous les projecteurs sont braqués sur ces petites entreprises qui connaissent un succès foudroyant, parfois même si spectaculaire que l’on se demande si David ne va pas renverser Goliath d’ici peu de temps. À chaque nouveau nom d’entreprise technoïde qui surgit dans les médias, on se demande s’il ne s’agit pas du prochain Google ou Facebook. Pas vrai? Mais voilà, est-il si intéressant que ça d’être une start-up?

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Curieuse interrogation, me direz-vous. Mais pas tant que ça, quand on songe à la fable de La Fontaine, où contre toute attente la tortue gagne sa course face au lièvre. À partir trop vite, on risque en effet de commettre des bévues qu’on finit, tôt ou tard, par payer cher. Et j’en ai eu la confirmation dans une étude passionnante, intitulée Heroes today – but what about tomorrow? Gazelles and their long run performance. Celle-ci est l’œuvre de Christina Günther, professeure d’économie au Max Planck Institute of Economics (Allemagne), et Pernille Gjerlov-Juel, étudiante en management à l’Aalborg University (Danemark). Elle indique que les start-ups, à l’image des gracieuses gazelles, sont douées pour les courses de vitesse, mais nulles pour les courses de longue distance…

Ainsi, les deux chercheuses ont eu l’idée de regarder ce que devenaient les start-ups au fil des années, histoire de voir si un départ sur les chapeaux de roues était garrant d’un avenir radieux, ou pas. Pour cela, elles se sont plongées dans l’Integrated Database for Labour Market Research (Ida), qui regorge d’une multitude de données sur les entreprises évoluant au Danemark. Elles ont porté leur attention sur les start-ups qui ont vu le jour entre 1994 et 2004, une start-up étant pour elles «une nouvelle entreprise qui emploie au minimum une personne à temps plein». Et elles ont découvert plusieurs choses intéressantes :

> Survie. Les start-ups qui recrutent vite et beaucoup ont une espérance de vie plus courte que les autres.

> Performance. Les start-ups qui recrutent vite et beaucoup voient leur performance baisser au fil des ans, passé la deuxième année d’existence.

> Taux de roulement. Les start-ups qui affichent un taux de roulement du personnel élevé dès le départ voient la situation empirer au fil des ans.

Ces trouvailles sont-elles généralisables? Pour le savoir, les deux chercheuses ont élaboré plusieurs modèles économétriques et ont procédé à des régressions. Résultat : leurs découvertes sont probantes. Il n’y a pas de place au doute, les start-ups ne tiennent pas la distance, à de très très rares exceptions près (Google, Twitter, etc.). Elles se font toujours dépasser par celles qui ont connu un démarrage plus sage, plus prudent, plus constant. «Notre analyse montre sans équivoque que les gazelles qui prennent dès le départ la tête de la course ne sont jamais celles qui franchissent la ligne d’arrivée les premières», est-il souligné dans l’étude.

Pourquoi? Pour trois raisons principales, d’après Mmes Günther et Gjerlov-Juel :

À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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