Beyond Meat... ou le mirage écolo santé

Publié le 07/05/2019 à 11:24

Beyond Meat... ou le mirage écolo santé

Publié le 07/05/2019 à 11:24

Des galettes végétariennes Beyond Meat.

(Photo: courtoisie)

BLOGUE INVITÉ. Depuis quelques années, la science s’invite dans nos assiettes. En fait, nos habitudes de consommation ont drastiquement changé depuis quelques décennies. Je me rappelle que ma grand-mère aimait dire qu’une carotte biologique dans son temps, ça s’appelait une carotte!

En effet, il suffit de discuter avec nos grands-parents pour réaliser, quoique l’évantail de choix n’était pas très large, ils mangeaint presqu’exclusivement des produits venant de producteurs locaux qu’ils connaissaient bien souvent.

Le lait, la viande, les légumes, les fruits, les pâtés, les confitures, les œufs, les poissons... tout était consommé naturel, sans ajouts d’arômes artificiels, sans hormones, sans insecticides cancérigènes, sans surpêche et j’en passe.

Dans notre société, l’alimentation est aussi taboue que la religion et le sexe. Les positions extrêmes adorent se tirer des flèches. D’un côté il y a les carnivores quotidiens qui préfèreraient mourir que d’essayer une protéine à base de plantes et légumineuses sur le BBQ. De l’autre, il y a ceux qui sont outrés que l’on produise du miel «sur le dos des abeilles».

Mettons les extrêmes de côtés et concentrons-nous sur le gros bon sens. Nous savons tous que la modération a bien meilleur goût. De la viande en excès, comme du brocoli en excès, c’est dangereux.

Avec une entrée fracassante en bourse, Beyond Meat est l’entreprise de l’heure. Mais est-ce vraiment la meilleure option? Certes, l’idée de remplacer la protéine bovine par des protéines végétales est attirante à plusieurs égards, mais comme dirait Pierre-Yves McSween, en a-t-on vraiment besoin?

Depuis plusieurs années, des scientifiques cherchent à développer une alternative écolo/santé à la viande bovine et ce, pour plusieurs raisons. La production de viande de bœuf est de loin celle qui laisse la plus grande empreinte environnementale. Savez-vous que l’élevage de boeuf émet cinq fois plus de gaz à effet de serre, relâche six fois plus d’azote, utilise 11 fois plus d’eau et nécessite 28 fois plus d’espaces que l’élevage de poulets ou de porcs? Sans oublier les risques potentiels de santé dus à la trop grande consommation de viande rouge.

En analysant de plus près ce que contiennent les galettes de Beyond Meat, on réalise qu’il y a bien plus que des plantes et légumineuses à l’intérieur. Il faut exactement 22 ingrédients afin d’en produire une. Une véritable recette digne du druide Panoramix!

Est-ce vraiment la solution miracle? Faut-il vraiment miser sur la science afin de se nourrir plus intelligemment?

Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es. La popularité de Beyond Meat ne me surprend aucunement. Nous vivons dans une aire où la loi du moindre effort est reine. On prend des pilules pour perdre du poids au lieu de s’entraîner, on visite les salons de bronzage au lieu de prendre le temps de bronzer, on va sur Tinder au lieu de sortir rencontrer du monde... c’est donc logique de manger des produits Beyond Meat plutôt que de modérer ou modifier ses habitudes de consommation!

Depuis des milliers d’années, l’être humain s’est nourri de ce que la nature lui offrait. Malheureusement, avec l’explosion du mode de vie citadine, la modification drastique de nos habitudes de vie combinée au pauvre entretien (voire la destruction) que nous avons fait de notre planète, nous sommes aujourd’hui rendus au point où nous devons développer notre nourriture en laboratoire!

Tristement, cette tendance deviendra de plus en plus nécessaire si nous ne changeons pas collectivement nos habitudes de vie, ne serait-ce qu’un tout petit effort. En continuant ainsi, j’ai bien peur que nous regrettrons les jours où nous allions chercher nos légumes frais au marché, où nous cueillions nos pommes à même le pommier et où l’on achetait directement du producteur son poulet de grain élevé en nature sans hormones ni antibiotiques.

Loin de moi l'idée de vouloir donner une leçon à qui que ce soit. Nous sommes en quelque sorte tous responsables de nos actions sur Terre. Ce que je voudrais que l’on réalise de cette nouvelle est que, malgré l’abondance et la diversité d’aliments que l’on retrouve sur Terre et malgré que l’on gaspille l’immense majorité de la nourriture que l’on produit, nous sommes rendus à acheter des aliments créés de toute pièce en laboratoire!

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaire sans trop savoir ce que c’était. Je suis devenu un entrepreneur sans aucune idée de l’aventure dans laquelle je me lançais. Je suis maintenant le dirigeant d’une entreprise qui a le vent dans les voiles. Après avoir complété mon baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et surtout après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaire (dans l’univers de la restauration), j’ai décidé de me lancer dans la production de vodka… sans trop savoir ce que je faisais ! À travers ce blogue, je vais vous amener dans les coulisses de l’entrepreneuriat, dans l’antichambre du succès. Une réalité partagée par des milliers de jeunes et moins jeunes entrepreneurs, une réalité qui gagnerait à être partagée !

Nicolas Duvernois