Transport aérien: un gouvernement immobile devant une industrie en péril

Publié le 05/02/2021 à 13:36

Transport aérien: un gouvernement immobile devant une industrie en péril

Publié le 05/02/2021 à 13:36

Un avion d'Air Canada

Uniquement chez Air Canada, ce ralentissement a envoyé plus de 20 000 travailleuses et travailleurs au chômage. (Photo: 123RF)

Rédigé par David Chartrand, coordonnateur québécois de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale (AIMTA)


COURRIER DES LECTEURS. Si les sacrifices des travailleuses et travailleurs du secteur aérien sont un mal nécessaire en ces temps de pandémie, l’inaction du gouvernement Trudeau à leur égard ne fait qu’en empirer les effets secondaires.

Cela fait maintenant presque un an qu’on le dit; le gouvernement doit mettre en place un plan d’aide sectorielle pour notre industrie aérienne sinon elle risque de ne pas pouvoir se relever de cette pandémie. Aujourd’hui, forcé d’imposer des mesures de restrictions de vols pour protéger la population, sans plan d’aide pour en minimiser les impacts négatifs, le gouvernement Trudeau vient de pousser au bord du gouffre notre industrie arienne ainsi que l’ensemble de ses travailleuses et de ses travailleurs.

Depuis le printemps 2020, seules les pertes d’emplois semblent s’accumuler aussi rapidement que les mauvaises nouvelles dans l’industrie du transport aérien. À l’échelle internationale, quarante compagnies aériennes se sont placées sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers. Face à cette situation, tous les pays du G7, excepté le Canada, ont mis de l’avant un plan stratégique pour leur secteur aérien. 

Pourtant la situation est tout aussi alarmante au Canada qu’ailleurs. De janvier 2020 à janvier 2021, le nombre de vols quotidiens dans les aéroports canadiens est passé d’une moyenne de 140 000 par jour à 9 000. Uniquement chez Air Canada, ce ralentissement a envoyé plus de 20 000 travailleuses et travailleurs au chômage.

Alors qu’il est de plus en plus probable de voir certains transporteurs canadiens recourir à la loi fédérale sur les arrangements avec les créanciers si un plan stratégique n’est pas mis en place rapidement, le gouvernement Trudeau continue de dormir au gaz. Pourtant, il n’est sûrement pas sans savoir que le plan de retour à la rentabilité des entreprises qui ont recours à cette loi se fait surtout sur les dos travailleurs et travailleurs. Ce qui veut dire des tentatives de coupes dans les régimes de retraite, les salaires, les avantages sociaux et possiblement de délocalisation d’emplois. Par son immobilisme et son manque de vision le gouvernement fédéral serait le principal responsable des malheurs de travailleurs et de travailleuses d’un océan à l’autre. 

Dans les aéroports canadiens, c'est depuis mars que les travailleurs et travailleuses encaissent les coups avec courage en espérant que le plan d’aide annoncé à plusieurs reprises par les ministres fédéraux arrive enfin. Cependant, les nouvelles des dernières semaines ont fait mal et le courage a été remplacé par la frustration et la désillusion.

Conscients que l’aviation est un des leviers économiques qui nous permettra de relever rapidement et durablement notre économie de cette crise, ces travailleuses et ces travailleurs ne comprennent pas pourquoi leur gouvernement est incapable de passer de la parole aux actes. Eux, ils sont prêts à travailler pour rebâtir notre économie, reste à savoir si le gouvernement Trudeau l’est également.

 

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