Comment les chefs de partis gagnent la confiance des électeurs

Publié le 08/09/2021 à 21:05

Comment les chefs de partis gagnent la confiance des électeurs

Publié le 08/09/2021 à 21:05

L’opinion que vous avez déjà de chacun des chefs est tenace, malgré tous leurs efforts. (Photo: 123RF)

Un texte de Ginette Gagnon, M. Sc., ACC, CTPC, coach, auteure et conférencière de leadership

COURRIER DES LECTEURS. En pleine période électorale fédérale, les leaders politiques cherchent à tout prix à gagner notre confiance pour obtenir des votes en leur faveur. Ils multiplient les allocutions, proposent des initiatives, et critiquent leurs adversaires. Malgré ce bombardement d’informations, la majorité d’entre nous mise sur bien peu d’éléments pour faire notre choix.
En effet, le mérite des plateformes électorales ne fait pas une grande différence, loin de là. Il faut plutôt compter sur la confiance que chacun de ces chefs inspire. Elle constitue, en fait, la condition essentielle. En effet, à quoi servirait d’élire un chef, même si sa plateforme est alléchante, si nous ne croyons pas en sa capacité à gouverner et à mettre en œuvre ses propositions ?
Or, gagner la confiance des autres est un processus complexe, qui repose essentiellement sur trois leviers distincts.

COURRIER DES LECTEURS. En pleine période électorale fédérale, les leaders politiques cherchent à tout prix à gagner notre confiance pour obtenir des votes en leur faveur. Ils multiplient les allocutions, proposent des initiatives, et critiquent leurs adversaires. Malgré ce bombardement d’informations, la majorité d’entre nous mise sur bien peu d’éléments pour faire notre choix.

En effet, le mérite des plateformes électorales ne fait pas une grande différence, loin de là. Il faut plutôt compter sur la confiance que chacun de ces chefs inspire. Elle constitue, en fait, la condition essentielle. En effet, à quoi servirait d’élire un chef, même si sa plateforme est alléchante, si nous ne croyons pas en sa capacité à gouverner et à mettre en œuvre ses propositions ?

Or, gagner la confiance des autres est un processus complexe, qui repose essentiellement sur trois leviers distincts.

 

L’expertise

Lorsqu’un leader veut gagner la confiance des autres, l’expertise qu’il démontre est un facteur essentiel. On attend du leader une grande maîtrise de ses dossiers, la capacité de prendre des décisions éclairées rapidement, et de résoudre les enjeux épineux. Il va sans dire que cela mise sur les compétences rationnelles du leader, et interpelle également les nôtres, alors que nous évaluons ses propos et ses actes.

La pensée rationnelle rassemble les faits et les informations, les décortique et les analyse pour en tirer une conclusion. Réfléchir de cette façon exige des efforts et de l’attention. Or, la capacité d’attention du cerveau humain est limitée.  

Il est par conséquent essentiel pour un leader d’exprimer simplement ses idées et d’expliquer clairement ses gestes afin d’engager la pensée rationnelle des autres. Si le vocabulaire est incompréhensible du grand public, les propos compliqués, les phrases trop longues, ce serait une erreur de croire que le grand public investira les efforts nécessaires pour comprendre. La majorité arrêtera de réfléchir, et par conséquent, restera sur ses premières impressions.

De même, des propos flous et des phrases creuses n’inspirent pas confiance, bien au contraire, car notre raison n’a alors rien à se mettre sous la dent. Sans la capacité d’analyser de façon rationnelle des mots et des propositions, la confiance est mise à rude épreuve.

Un leader politique a donc avantage à :

  • Maîtriser ses dossiers
  • Démontrer sa capacité à prendre de bonnes décisions, dans un laps de temps raisonnable
  • Proposer des solutions pour remédier aux enjeux
  • Tenir des propos précis
  • Utiliser des phrases simples et courtes

 

La présence

La présence est un élément tout aussi essentiel que l’expertise pour gagner la confiance des autres : l’énergie, la conviction, la détermination, la confiance en soi que dégage le leader; sa posture physique, son langage non verbal et paraverbal jusqu’à sa façon de se vêtir jouent aussi un grand rôle. Et cette fois, notre pensée intuitive prend généralement le dessus sur la pensée rationnelle.

La pensée intuitive est la capacité innée du cerveau humain à faire des liens entre le présent et les modèles du monde que chacun se crée grâce à ses expériences, mais également à son éducation et à sa culture.

Vous avez certainement connu de bons et de moins bons leaders, tous domaines confondus. Vous vous êtes ainsi forgé une image du leader qui vous inspire confiance, que vous en soyez pleinement conscient ou non. Aussi, votre cerveau fait l’association automatiquement entre le leader qui se présente à vous et votre idéal, et saute à une conclusion. Vous ressentez alors une émotion, qui est le langage de vos intuitions : j’aime ou je n’aime pas, je fais confiance, ou non. Ignorer cette capacité du cerveau à tirer des conclusions spontanément serait une grave erreur de la part des chefs qui cherchent à tout prix à gagner votre confiance.

En effet, avant même d’entendre un leader, nous le voyons. Et notre cerveau, en une fraction de second, porte un jugement. Nous avons évidemment le choix de prendre un pas de recul et donner la chance au coureur en faisant intervenir notre raison. Mais il est également fort possible que notre intuition soit si forte, si viscérale, qu’elle prenne le dessus sur la raison.

Par conséquent, les chefs politiques doivent tenir compte des caractéristiques de leadership qui inspirent favorablement, de façon générale, les Québécois et les Canadiens.

Le leader a par conséquent avantage à démontrer :

  • Un grand calme tout en étant énergique
  • De la force sans se montrer arrogant. Nous ne sommes pas Américains après tout.
  • De l’écoute, mais également de la combativité
  • Une posture droite sans être rigide
  • De l’intelligence sans manquer d’humour
  • Des expressions faciales sympathiques, mais aussi sérieuses

Ne compter que sur l’intelligence de ses propos serait une grave erreur.

 

La fiabilité

Le troisième ingrédient essentiel pour gagner la confiance des autres est la fiabilité, soit la capacité d’un leader à tenir ses engagements. En effet, vous pourriez avoir un expert charismatique devant vous, s’il ne tient pas parole, il perdra rapidement votre confiance.

Or, la capacité d’évaluer la fiabilité des chefs est inégale et incomplète. On peut évaluer les six dernières années de Justin Trudeau, mais que savons-nous vraiment des autres chefs qui n’ont jamais été au pouvoir ? Et même devant certains faits, nous manquons souvent d’informations précieuses pour évaluer si le leader a été fiable ou non, avec ou sans le soutien de son équipe.

Dans bien des cas, je le crains, notre méfiance généralisée envers les politiciens nuit à une évaluation objective et rationnelle. Il y a fort à parier que, face aux informations insuffisantes, contradictoires voire controversées, ce soit notre intuition qui nous guide, plutôt qu’une analyse rationnelle des faits. Et c’est alors la cohérence entre la présence du leader avec notre image d’un idéal qui guide notre évaluation, bien plus qu’une analyse rationnelle de sa fiabilité.

À tout le moins, le leader a avantage à :

  • Témoigner d’une grande cohérence entre ce qu’il projette et les lignes directrices de son parti
  • Démontrer une éthique irréprochable
  • Mettre en lumière les projets mis en œuvre et pour lesquels il a vraiment le mérite
  • Contrôler ses émotions en montrant une détermination et un calme à toute épreuve

 

L’importance relative de l’expertise, de la présence et de la fiabilité pour faire confiance varie d’une personne à l’autre. Toutefois, démontrer des manques à l’une ou l’autre de ces caractéristiques entraîne nécessairement de la méfiance et de la résistance.

 

Votre première opinion demeure toutefois tenace

L’opinion que vous avez déjà de chacun des chefs est tenace, malgré tous leurs efforts. Si vous faites déjà confiance, vous resterez ouvert même aux propos qui vous déplaisent. Si vous êtes méfiant, vous remettrez en question même les propositions les plus alléchantes. Car il faut d’abord être conscient de vos biais, choisir consciemment de les mettre à l’épreuve en évaluant rationnellement les faits, pour changer d’idée.

Les chefs ont, par conséquent, des efforts soutenus à fournir pour allumer notre intérêt, nourrir notre passion, pour que nous soyons disposés à investir l’attention et les efforts nécessaires pour ouvrir notre esprit et notre cœur à leur candidature.

Et vous aurez compris, chacun de ces principes s’applique aux chefs de partis, mais aussi à tout leader, entrepreneur ou gestionnaire, quelle que soit l’organisation.

À propos de ce blogue

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